vendredi 23 mars 2018

Poème de la toundra d'avril






Avril...
C'est l’hiver, un peu.
Le printemps, peut-être
L'upirngaaq, probablement.

Avril...
C’est le froid, parfois.
La neige qui pleure et le vent qui s'obstine.
Le froid chaud, aussi, des interminables journées d'avril.

On dit que tout est blanc...
C’est absolument faux.
Même la neige, n’est pas blanche.
Le soleil, or, aveugle la mer et la neige.
Le ciel, azur, chante "Liberté!" à tue-tête.
Parfois, aussi, un cyan plus timide a mal à la fête.
Une ligne violacée tranche l'horizon,
Elle coupe le souffle.

La neige est loin de la pureté,
meurtrie par le temps qui s'arrache à elle,
La neige reprend son souffle et s'essouffle.

Sur les collines, des roches brunes que la neige ne parvient pas à étouffer
L’herbe, malgré sa jaunisse, ose danser au vent, malgré le temps.
Du lichen turquoise rêve des Galapagos.

Qui a dit que l’Arctique devait être blanc? Le froid froid? L'avril, semblable à ces prédécesseurs?

Cynthia du nord, avril 2018



dimanche 18 février 2018

Chère Anaanasiaq (3e lettre)

Nos rénovations: un premier étage a été construit alors que mini n'avait que quelques semaines.

Chère Anaanasiaq,

Tu te souviens des brunchs chez mononcle Robert? Il y avait toujours de la quiche et maman préparait de la salade. Tu te souviens des assiettes débordantes et des enfants qui descendaient écouter Éliott le Dragon ou faire semblant d’être ailleurs avec le pseudobar des sous-sols québécois des années 1980. Tu te souviens, Anaanasiaq, je crois que tu tricotais une paire de tes fameuses pantoufles en phentex? On en avait tous une paire aux pieds et on patinait au salon, avec ces pantoufles pleines d’amour.

Ce matin, Anaanasiaq, j’ai pensé à toi, et à vous tous, parce que j’ai organisé un brunch à la bonne franquette dans notre habitacle, à Iqaluit. Un repas un peu comme quand j’étais petite, avec les enfants qui courent au sous-sol ou bricolent des salades dans leurs chambres.  Et j’y ai cru, que le temps s’arrêtait, pendant que mini-3mois circulait de bras en bras, que le café chaud coulait à flots et que les discussions étaient aussi succulentes que le repas

Je t’ai raconté la naissance de bébé-éclipse? Tu te souviens, il y a deux semaines, c’était la pleine lune et l’éclipse lunaire? Ce matin-là, mon amie m’a envoyé un message texte: elle était à l’hôpital, en harmonie avec chacune de ses contractions qu’elle accueillait une après l’autre, bien à la verticale, pour permettre à bébé-éclipse de descendre doucement dans son tunnel, tout en tournant comme une ballerine. J’ai enfilé mini-3mois sur mon dos, et j’ai offert mon temps, un petit peu d’amour, et c’était vraiment un moment précieux. C’est tout un privilège d’accompagner une femme dans le vortex de son enfantement!

Puis, je t’ai raconté le décès d’un grand-père étoile du Nord? Sans que personne ne s’y attende, il s’est éteint, un peu comme une étoile qui nait, sans que personne ne comprenne pourquoi, n’y ne s’y prépare. C’est un deuil, un passage. Un évènement qui nous ramène à la fragilité de la Vie. Je me suis arrêtée… sans savoir comment supporter dans de tel moment, mes proches. Je leur ai offert mes sympathies, puis mes condoléances, puis offert un repas, puis… j’aimerais tellement faire plus, tellement les prendre dans mes bras, tellement leur dire que je les aime, tellement voler les rejoindre… je me sens si loin, parfois, à Iqaluit.

Chère anaanasiaq, je sais que ta santé n’est pas toujours au beau fixe, mais un jour à la fois, la vie continue et brille. Je pense à toi, assis devant mon écran, les pieds au chaud dans mes pantoufles en phentex. Je t’aime.

Cynthia du Nord
xx


P.S. J’aimerais t’écrire plus souvent, mais j’écris beaucoup ces temps-ci, pour mes travaux de mon baccalauréat que j’aurai complété au prochain solstice (après neuf ans de cours à distance!) et sur le blogue de ma chère amie Karine la sagefemme.

Pour lire la 1ère lette à Anaanasiaq, ma grand-mère : ICI
La 2e lettre: ICI

jeudi 4 janvier 2018

Bonne année 2018!


Coucher de soleil à 14 h. Iqaluit, janvier 2017.

Mon plus récent projet de couture: 
un nouvel amauti pour Panik («ma fille», en inuktitut).
La vaisselle du midi est enfin propre, les grands ont repris le chemin de l’école. Malgré le -33 du thermomètre, c’est à pied qu’ils ont rejoint leurs camarades scolaires pour rire et découvrir. Cet après-midi, mon fils fera de la couture avec les aînées, dans le cadre de leur cours sur le savoir traditionnel inuit; ma fille poursuivra ses apprentissages en anglais. Étant donné le froid, leur activité d’exercice physique quotidien aura lieu à l’intérieur, probablement qu’ils danseront dans leur classe. 
Il est deux heures de l’après-midi et le coucher de soleil teinté d’oranger et de fuchsia est magnifique. 
L’année 2018 est encore jeune. J’ai trouvé romantique que l’année commence avec la pleine lune et quelques subtiles aurores boréales verdâtres, un peu comme le lichen de la toundra.
L’année 2018 est encore jeune. Et j’ai mille et un projets dans le cœur. Je papillonne de ma machine à coudre à mon écran, de ma cuisine à mon fauteuil d’allaitement, de la table de bricolage aux blocs de construction, de mon lit à ma collation.
L’année 2018 est encore jeune. Et les possibles sont infinis. 
Je vous souhaite une bonne année 2018! 
Cynthia du Nord 
Se réveiller en pleine nuit pour changer une couche qui déborde 
et apercevoir ces magnifiques trainées lumineuses dans le ciel.

Revue 2017 : Quelques statistiques sur mon blogue
Nombre de billets publiés en 2017 : 13
Billet le plus populaire : Calme et confiance… accoucher par soi-même (6500 visites)
Provenance principale du lectorat: Canada, France et Russie 
La naissance de bébé 4, un souvenir vivace de 2017.

Grande annonce!
En 2018, j’aurai l’honneur de collaborer au très populaire blogue de mon amie Karine la Sage-femme.
Pour les passionnés l’accouchement, ou simplement les curieux, le forfait virtuel de Karine la Sage-femme (cours sur l’accouchement en ligne : 22 vidéos, 5 podcasts, une méditation sur l’enfantement, un groupe Facebook secret, etc.) est en rabais à 50% jusqu’au 10 janvier 2018 (code : NAISSANCE 2018)


lundi 6 novembre 2017

Calme et confiance… accoucher par soi-même



Voici le récit de la naissance de bébé 4, né à domicile... 

Je vous mentirais si je vous disais qu’accoucher est facile, doux et entièrement une partie de plaisir. Honnêtement, il m’est passé par la tête, lors d’une contraction particulièrement intense et douloureuse, de me demander pourquoi je ne faisais pas comme tout le monde, que je ne m’offrais pas un analgésique puissant gelant toute sensation : la péridurale ! Heureusement, bien qu’accoucher soit un énorme travail, cette pensée s’est dissipée avec les endorphines, ces hormones, cousines de la morphine et de la cocaïne, qui faisaient leur travail…

Donner naissance dans la gratitude
Pourtant, depuis le début de mon travail, j’étais remplie de gratitude. Je me sentais privilégiée de ne pas avoir à quitter ma chambre pour donner naissance à mon bébé ; à ne pas vivre les contractions confinée dans une voiture ; à ne pas subir d’examen médical ni de touchers vaginaux ; à ne pas devoir réveiller les enfants et gérer une gardienne… J’étais dans le silence d’une maisonnée encore endormie, mon amoureux calme et confiant à mes côtés. C’était parfait. Je remerciais la vie. J’étais heureuse des contractions qui, enfin, m’amenaient mon bébé.


Oui, je disais « merci » lors des premières contractions, car je les attendais depuis des semaines déjà. J’aurais aimé que mon bébé naisse à l’aube d’octobre, quelques semaines avant la fin de mon terme, comme mes derniers bébés ; mais surtout, j’aimais l’idée romantique que mon bébé partage sa date d’anniversaire avec ma grand-mère maternelle, anaanasiaq. On ne choisit pas quand on accouche. Le monde des naissances a travaillé ma patience et m’a enseigné l’unicité de chaque enfantement.

Accueillir le faux travail
Depuis plusieurs semaines, les « fausses contractions », que je préfère appeler des « pré-contractions », revenaient régulièrement. Pas des contractions fortes de travail, juste inconfortables, qui tirent dans le bas du ventre et annoncent que le col de l’utérus commence à se ramollir, à s’avancer, à s’ouvrir un peu, peut-être. Des sensations qui donnent l’urgence d’uriner… et augmentent le désir de rencontrer bébé bientôt. Je me disais que je serais déjà un peu familière avec les sensations, un peu plus prête ; et j’espérais – un peu naïvement, car chaque bébé choisit lui-même quand il naît – que chaque regain d’énergie ou soirée passionnée déclencheraient le travail.

Puis le vrai travail
J’étais à exactement 41 semaines grossesse, fin octobre, quand, durant la nuit, j’ai senti les premières « vraies contractions ». Je dormais. Je sourirais. Enfin le jour J. Après quelques contractions qui me semblaient assez espacées et irrégulières, j’ai regardé l’heure : 5h30 du matin. J’ai refermé les yeux pour laisser cette contraction s’évaporer, mes rêves se sont poursuivis et, à la contraction suivante, il était 5h35, puis 5h40… Le « travail actif » avait commencé, j’accouchais ! L’eau chaude coulait dans ma piscine d’accouchement gonflable, à proximité de notre lit. Dans la maison, le silence pur. Appréciant ce calme matinal, je le joignis, me concentrant à chaque contraction pour entrer dans ma bulle et la laisser couler. Les enfants dormaient, mon conjoint s’allongeât près de moi.

La force des vagues : intense
Je ne sais pas si ce sont les contractions du début ou de la transition le pire. Chaque contraction est différente, puissante. Durant une contraction, mon amoureux m’a dit : « Comme tu as l’air bien. » Je flottais dans ma piscine. L’autre vague, je me trouvais folle d’accoucher ainsi ! Pour certaines contractions, je touchais mon ventre avec l’index et imaginais qu’il s’agissait d’une seringue m’injectant un liquide bleu anesthésiant la douleur. À l’autre serrement d’utérus, j’étais à genoux, la tête posée sur les rebords de ma piscine, cette position me permettait de visualiser une chute d’eau coulant dans mon dos. Ha ! L’eau ! Source de soulagement, de bien-être.

Je visualisais la sculpture de la déesse irlandaise Sheela Na Gig qui ouvre pleinement son vagin, je voulais que mon col s’ouvre ainsi. J’ai touché la tête de mon bébé au creux de mon vagin : elle était encore haute, au bout de mes doigts, dans l’utérus en train de s’ouvrir.

Sheela Na Gig (http://tripfreakz.com/offthebeatenpath/sile-na-gig-sheela-ireland)

Petit choux me rejoint
Petit choux, 3 ans, nous avait rejoint vers 5 heures du matin, se blottissant sous nos draps et dormant paisiblement. Vers 8 heures, peut-être 9 heures, il s’est réveillé dans le calme, il a pointé timidement la piscine, souhaitant rejoindre sa mère qui se « reposait » à genoux dans l’eau, la tête appuyée sur un côté bien douillet. Petit choux fut d’une douceur incroyable, me frottant le dos simplement, il ressentait les endorphines. Il m’a donné beaucoup de force, je sentais, en sa présence, que tout allait bien, et me concentrait, une contraction à la fois – qu’importe sa force –, fermait les yeux, et était heureuse de sa présence. Quand Petit Choux eut fait sa trempette, il se rendormit sans un mot.

Le bien-être de la solitude
Lorsque je fus seule dans ma chambre, pour être honnête, je me suis mis à faire quelques sons graves et des « hum », je me suis rappelée que certaines sages-femmes suggèrent de relâcher la mâchoire, voire faire de « plllll » de la bouche, que ça relâche tous les muscles… jusqu’au col de l’utérus. J’ai pensé à la tasse verte chez mon amie Juanii : « Je promets de demeurer sauvage. » Et les contractions, chacune unique, quoiqu’intenses, n’étaient jamais plus fortes que ce que mon corps de femme pouvait endurer. Et je me surprenais à penser : « Déjà fini! Ce n’est pas si long, une contraction. » Et j’avais énormément de respect et d’admiration pour ces femmes que je connais qui ont accouché de manière autonome, leur force m’inspirait.


Entrer dans la conscience altérée
Malgré toutes ces pensées, j’étais ailleurs. Je soufflais au loin les réflexions, comme lorsqu’on veut s’endormir et arrêter de penser, pour que mon cerveau passe du conscient au subconscient, à la relaxation profonde. C’est ainsi que les mammifères mettent au monde leur progéniture, loin de la réalité ordinaire ; et moi aussi, je plongeais dans cet ailleurs du rêve et de l’abandon.

Fait intéressant # 1: Lorsque nous sommes en état d’éveil, dans la réalité ordinaire, notre cerveau émet des ondes bêta. La conscience altérée, nous la visitons toutes les nuits lorsque notre cortex qui réfléchit se repose. À ce moment, notre cerveau émet des ondes alpha (état de veille, calme, repos physiologique et mental), des ondes thêta (installation du sommeil, méditation profonde) et des ondes delta (sommeil lent et profond). (Whapio Diane Bartlett www.thematrona.com)

Un moment de quiétude
Je ne sais pas pourquoi, je crois qu’il était près de 10 heures du matin, les enfants étaient des anges dans la maison, je suis sortie de ma piscine. Je crois m’être dit qu’il fallait éviter de m’épuiser. Allongée dans mon lit, j’ai dormi; c'est ainsi qu'enfantaient les femmes dans certaines civilisations anciennes. Les contractions se sont espacées. Un répit velouté.

Fait intéressant # 2: Si cette phase de l’accouchement, la quiétude, est quasi méconnue de l’obstétrique moderne, elle est observée de plus en plus par les sages-femmes holistiques telles Whapio Diane Bartlett (www.thematrona.com)et Karine Langlois (www.karinelasagefemme.com). Également, au Royaume-Uni, on reconnait que la phase de la poussée se divise en deux étapes : la quiétude et la poussée même.


Des sensations différentes
Après une heure, environ, je me suis dit : « Bon, il faudrait bien que je l’accouche aujourd’hui, ce bébé-là ! » J’ai pensé qu’une douche, que la gravité, lorsque je marcherais jusque-là, ferait descendre mon bébé, qu’il naîtrait enfin… Puis, à chaque contraction, je remettais le projet de me rendre jusqu’à la salle de bain, qui me semblait l’autre bout du monde. Finalement, j’ai fait un pas. Un seul. Un effort immense… jusqu’à mon bureau. Je me tenais debout, grâce au meuble, quand j’ai aperçu que mes chandelles d’accouchement (offertes par des personnes chères) n’avaient pas été allumées. Entre deux contractions, j’ai pensé : « Ça me donnerait de la bonne Énergie. » J’étais seule dans ma chambre, c’était parfait. Quand mon conjoint est venu me voir, je lui ai demandé de quitter : j’étais comme une ourse polaire dans sa caverne, je sentais que chaque contraction travaillait dans le bon sens, je grognais légèrement, debout, toute puissante.

Le grand couronnement !
Je suis retournée dans ma piscine. Pas très longtemps après, j’ai senti la tête de mon bébé entre mes jambes, elle couronnait. J’ai appelé mon amoureux et mes trois grands de 3, 6 et 8 ans. Les enfants se sont assis sur mon lit, observant leur mère bien calme, à genoux dans l’eau. Pop ! La tête de mon bébé est sortie de mon vagin. Silence. Yeux intrigués. Puis, la contraction suivante, le petit corps frêle de bébé s’est libéré. Soulagement. Joie. Bonheur !

C’est mon amoureux qui a attrapé notre bébé, a défait les tours de cordons, me l’a tendu. Il était bleu, mais avait un bon tonus. Ses paupières étaient fermées, il dormait. Bébé respirait doucement, allait bien, était parfait. J’étais ailleurs, dans ma bulle. J’entendais les enfants qui se demandaient le sexe du bébé, ils l’ont découvert dans la joie. J’étais tellement heureuse de vivre ce moment en famille, dans notre intimité, chez moi. La vie est d’une grandeur incroyable. Ce moment valait tout l’or du monde. J’étais emplie d’ocytocine, c’était l’extase !



Les dernières contractions et le placenta
Il était environ midi, bébé venait de naître ! J’étais encore dans ma piscine quand les contractions sont revenues, c’était la naissance du placenta qui s’amorçait. Avec cette contraction, j’ai essayé de le pousser, il est sorti à moitié. J’ai réessayé à la contraction suivante, sans quel le placenta naisse. Puis j’ai appliqué la sagesse du chercheur Michel Odent : oublier le placenta pour la première heure, simplement vivre l’ocytocine (l’amour) des premiers instants en laissant maman et bébé tranquille tout en s’assurant que la pièce est calme, bien chauffée, peu éclairée. Puis, une heure plus tard, je me suis accroupie, j’ai poussée très fort et j’ai senti le placenta se libérer et mon corps tout entier être soulagé et empli de béatitude.

Et la péridurale
Cela me semble assez ironique, ridicule même, que moi, Cynthia la granola; qui a écrit un livre pour expliquer à tout le monde, même les enfants, qu'accoucher est normal, sain et grandiose; qui croient que l’accouchement est fondamentalement naturel aux femmes et aux mammifères; aient pensé à l’anesthésie lors de mon accouchement. Quand le bébé est né, j’ai senti que c’était pour cela, que je faisais cela naturellement, pour la grandeur du moment, pour les hormones. Plus tard, quand je suis revenue dans la « réalité ordinaire », j’étais tellement heureuse, fière de moi et bien, tant physiquement (j’avais le périnée intact, je pouvais m’assoir en indien ou marcher normalement) que mentalement (je me sentais juste bien de ne pas être une femme ayant subi un acte médical, la nature est tellement grande et tout a tellement bien été).



Fait intéressant # 3 : Bien que très répandue, idéalisée telle une panacée, la péridurale n’a rien d’anodin : elle présente des effets secondaires potentiels à long terme pour la femme et, lors de l'accouchement, entraine souvent une spirale d’interventions. (Hélène Vadeboncoeur www.avac-info.org)
Il y a beaucoup de préparation, intellectuelle et spirituelle, pour accoucher par soi-même, mais j’aimerais sincèrement que toutes les femmes qui lisent ce texte, prennent en main leur corps, leur sexualité, et donnent naissance par elles-mêmes, car c’est merveilleux.



Pour mon amie S. et celles qui accoucheront bientôt…

Chère amie,
Je pense beaucoup à toi. J’aimerais te dire qu’accoucher est un énorme travail. Les contractions, c’est intense. Vraiment intense, parfois. Chaque contraction est différente. Les endorphines s’ajustent. Abandonne-toi. Crois en toi. Trouve l’ourse polaire en toi. Imagine-toi dans ta caverne. Tu sauras.
Ton amie,
Cynthia xx



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À propos des naissances libres



lundi 30 octobre 2017

Faire-part d’une douce naissance



Octobre s’allonge. Ici, au nord du Nord… « Le pays grelotte dans le silence. La lande qui s’en va par-dessus le village est tout étamée de gel. Il n’y a pas de nuage au ciel. Chaque matin, un soleil roux monte en silence ; en trois pas indifférents, il traverse la largeur du ciel et c’est fini. La nuit entasse ses étoiles comme du grain. » (Jean Giono, Regain)



Danielle, sage-femme de tradition, me contacte au loin : « Je t’imagine ronde comme la lune, la peau tendue sur ton tambour posant des gestes lents entrant dans un monde riche d’effets spéciaux. Un moment sacré. »

Ce bref message m'aide à cultiver patience et amour en attendant le grand jour qui tarde...

Danielle, lors de sa pratique ancestrale, a vu fleurir le besoin atavique des femmes de mettre au monde leur bébé elles-mêmes. Elle les a accompagnées à domicile : sauvages, vraies, puissantes et instinctives.


41 semaines de grossesse. Nous avons fait un accouchement libre.
Il n’y a pas de secret, il faut plonger. Accepter les contractions, un énorme travail!
Il faut s’abandonner, partir sur une autre planète, dans un autre état de conscience ; laisser le subconscient s’activer, comme lors du sommeil, lorsqu’on ne réfléchit plus…

Illustration de Andréann Larouche, tirée "Ma mère, c'est la plus forte".
Bébé est née dans l’eau, simplement, grandement; sous le regard émerveillé de sa sœur, de ses frères aînés et de son père. C’était le bonheur. Pur.


Gratitude à la Vie.


Pour le plaisir, un autre de petit texte écrit il y a un an, pour réfléchir à l'enfantement... http://www.cynthiadurand.ca/2016/09/la-femme-et-laccoucheur.html

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"Ma mère, c'est la plus forte", un livre pour déconstruire nos peurs face à l'accouchement

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"C'est l'histoire de la naissance de ma petite soeur" Mat - fils de l'auteure

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