lundi 6 novembre 2017

Calme et confiance… accoucher par soi-même



Voici le récit de la naissance de bébé 4, né à domicile... 

Je vous mentirais si je vous disais qu’accoucher est facile, doux et entièrement une partie de plaisir. Honnêtement, il m’est passé par la tête, lors d’une contraction particulièrement intense et douloureuse, de me demander pourquoi je ne faisais pas comme tout le monde, que je ne m’offrais pas un analgésique puissant gelant toute sensation : la péridurale ! Heureusement, bien qu’accoucher soit un énorme travail, cette pensée s’est dissipée avec les endorphines, ces hormones, cousines de la morphine et de la cocaïne, qui faisaient leur travail…

Donner naissance dans la gratitude
Pourtant, depuis le début de mon travail, j’étais remplie de gratitude. Je me sentais privilégiée de ne pas avoir à quitter ma chambre pour donner naissance à mon bébé ; à ne pas vivre les contractions confinée dans une voiture ; à ne pas subir d’examen médical ni de touchers vaginaux ; à ne pas devoir réveiller les enfants et gérer une gardienne… J’étais dans le silence d’une maisonnée encore endormie, mon amoureux calme et confiant à mes côtés. C’était parfait. Je remerciais la vie. J’étais heureuse des contractions qui, enfin, m’amenaient mon bébé.


Oui, je disais « merci » lors des premières contractions, car je les attendais depuis des semaines déjà. J’aurais aimé que mon bébé naisse à l’aube d’octobre, quelques semaines avant la fin de mon terme, comme mes derniers bébés ; mais surtout, j’aimais l’idée romantique que mon bébé partage sa date d’anniversaire avec ma grand-mère maternelle, anaanasiaq. On ne choisit pas quand on accouche. Le monde des naissances a travaillé ma patience et m’a enseigné l’unicité de chaque enfantement.

Accueillir le faux travail
Depuis plusieurs semaines, les « fausses contractions », que je préfère appeler des « pré-contractions », revenaient régulièrement. Pas des contractions fortes de travail, juste inconfortables, qui tirent dans le bas du ventre et annoncent que le col de l’utérus commence à se ramollir, à s’avancer, à s’ouvrir un peu, peut-être. Des sensations qui donnent l’urgence d’uriner… et augmentent le désir de rencontrer bébé bientôt. Je me disais que je serais déjà un peu familière avec les sensations, un peu plus prête ; et j’espérais – un peu naïvement, car chaque bébé choisit lui-même quand il naît – que chaque regain d’énergie ou soirée passionnée déclencheraient le travail.

Puis le vrai travail
J’étais à exactement 41 semaines grossesse, fin octobre, quand, durant la nuit, j’ai senti les premières « vraies contractions ». Je dormais. Je sourirais. Enfin le jour J. Après quelques contractions qui me semblaient assez espacées et irrégulières, j’ai regardé l’heure : 5h30 du matin. J’ai refermé les yeux pour laisser cette contraction s’évaporer, mes rêves se sont poursuivis et, à la contraction suivante, il était 5h35, puis 5h40… Le « travail actif » avait commencé, j’accouchais ! L’eau chaude coulait dans ma piscine d’accouchement gonflable, à proximité de notre lit. Dans la maison, le silence pur. Appréciant ce calme matinal, je le joignis, me concentrant à chaque contraction pour entrer dans ma bulle et la laisser couler. Les enfants dormaient, mon conjoint s’allongeât près de moi.

La force des vagues : intense
Je ne sais pas si ce sont les contractions du début ou de la transition le pire. Chaque contraction est différente, puissante. Durant une contraction, mon amoureux m’a dit : « Comme tu as l’air bien. » Je flottais dans ma piscine. L’autre vague, je me trouvais folle d’accoucher ainsi ! Pour certaines contractions, je touchais mon ventre avec l’index et imaginais qu’il s’agissait d’une seringue m’injectant un liquide bleu anesthésiant la douleur. À l’autre serrement d’utérus, j’étais à genoux, la tête posée sur les rebords de ma piscine, cette position me permettait de visualiser une chute d’eau coulant dans mon dos. Ha ! L’eau ! Source de soulagement, de bien-être.

Je visualisais la sculpture de la déesse irlandaise Sheela Na Gig qui ouvre pleinement son vagin, je voulais que mon col s’ouvre ainsi. J’ai touché la tête de mon bébé au creux de mon vagin : elle était encore haute, au bout de mes doigts, dans l’utérus en train de s’ouvrir.

Sheela Na Gig (http://tripfreakz.com/offthebeatenpath/sile-na-gig-sheela-ireland)

Petit choux me rejoint
Petit choux, 3 ans, nous avait rejoint vers 5 heures du matin, se blottissant sous nos draps et dormant paisiblement. Vers 8 heures, peut-être 9 heures, il s’est réveillé dans le calme, il a pointé timidement la piscine, souhaitant rejoindre sa mère qui se « reposait » à genoux dans l’eau, la tête appuyée sur un côté bien douillet. Petit choux fut d’une douceur incroyable, me frottant le dos simplement, il ressentait les endorphines. Il m’a donné beaucoup de force, je sentais, en sa présence, que tout allait bien, et me concentrait, une contraction à la fois – qu’importe sa force –, fermait les yeux, et était heureuse de sa présence. Quand Petit Choux eut fait sa trempette, il se rendormit sans un mot.

Le bien-être de la solitude
Lorsque je fus seule dans ma chambre, pour être honnête, je me suis mis à faire quelques sons graves et des « hum », je me suis rappelée que certaines sages-femmes suggèrent de relâcher la mâchoire, voire faire de « plllll » de la bouche, que ça relâche tous les muscles… jusqu’au col de l’utérus. J’ai pensé à la tasse verte chez mon amie Juanii : « Je promets de demeurer sauvage. » Et les contractions, chacune unique, quoiqu’intenses, n’étaient jamais plus fortes que ce que mon corps de femme pouvait endurer. Et je me surprenais à penser : « Déjà fini! Ce n’est pas si long, une contraction. » Et j’avais énormément de respect et d’admiration pour ces femmes que je connais qui ont accouché de manière autonome, leur force m’inspirait.


Entrer dans la conscience altérée
Malgré toutes ces pensées, j’étais ailleurs. Je soufflais au loin les réflexions, comme lorsqu’on veut s’endormir et arrêter de penser, pour que mon cerveau passe du conscient au subconscient, à la relaxation profonde. C’est ainsi que les mammifères mettent au monde leur progéniture, loin de la réalité ordinaire ; et moi aussi, je plongeais dans cet ailleurs du rêve et de l’abandon.

Fait intéressant # 1: Lorsque nous sommes en état d’éveil, dans la réalité ordinaire, notre cerveau émet des ondes bêta. La conscience altérée, nous la visitons toutes les nuits lorsque notre cortex qui réfléchit se repose. À ce moment, notre cerveau émet des ondes alpha (état de veille, calme, repos physiologique et mental), des ondes thêta (installation du sommeil, méditation profonde) et des ondes delta (sommeil lent et profond). (Whapio Diane Bartlett www.thematrona.com)

Un moment de quiétude
Je ne sais pas pourquoi, je crois qu’il était près de 10 heures du matin, les enfants étaient des anges dans la maison, je suis sortie de ma piscine. Je crois m’être dit qu’il fallait éviter de m’épuiser. Allongée dans mon lit, j’ai dormi; c'est ainsi qu'enfantaient les femmes dans certaines civilisations anciennes. Les contractions se sont espacées. Un répit velouté.

Fait intéressant # 2: Si cette phase de l’accouchement, la quiétude, est quasi méconnue de l’obstétrique moderne, elle est observée de plus en plus par les sages-femmes holistiques telles Whapio Diane Bartlett (www.thematrona.com)et Karine Langlois (www.karinelasagefemme.com). Également, au Royaume-Uni, on reconnait que la phase de la poussée se divise en deux étapes : la quiétude et la poussée même.


Des sensations différentes
Après une heure, environ, je me suis dit : « Bon, il faudrait bien que je l’accouche aujourd’hui, ce bébé-là ! » J’ai pensé qu’une douche, que la gravité, lorsque je marcherais jusque-là, ferait descendre mon bébé, qu’il naîtrait enfin… Puis, à chaque contraction, je remettais le projet de me rendre jusqu’à la salle de bain, qui me semblait l’autre bout du monde. Finalement, j’ai fait un pas. Un seul. Un effort immense… jusqu’à mon bureau. Je me tenais debout, grâce au meuble, quand j’ai aperçu que mes chandelles d’accouchement (offertes par des personnes chères) n’avaient pas été allumées. Entre deux contractions, j’ai pensé : « Ça me donnerait de la bonne Énergie. » J’étais seule dans ma chambre, c’était parfait. Quand mon conjoint est venu me voir, je lui ai demandé de quitter : j’étais comme une ourse polaire dans sa caverne, je sentais que chaque contraction travaillait dans le bon sens, je grognais légèrement, debout, toute puissante.

Le grand couronnement !
Je suis retournée dans ma piscine. Pas très longtemps après, j’ai senti la tête de mon bébé entre mes jambes, elle couronnait. J’ai appelé mon amoureux et mes trois grands de 3, 6 et 8 ans. Les enfants se sont assis sur mon lit, observant leur mère bien calme, à genoux dans l’eau. Pop ! La tête de mon bébé est sortie de mon vagin. Silence. Yeux intrigués. Puis, la contraction suivante, le petit corps frêle de bébé s’est libéré. Soulagement. Joie. Bonheur !

C’est mon amoureux qui a attrapé notre bébé, a défait les tours de cordons, me l’a tendu. Il était bleu, mais avait un bon tonus. Ses paupières étaient fermées, il dormait. Bébé respirait doucement, allait bien, était parfait. J’étais ailleurs, dans ma bulle. J’entendais les enfants qui se demandaient le sexe du bébé, ils l’ont découvert dans la joie. J’étais tellement heureuse de vivre ce moment en famille, dans notre intimité, chez moi. La vie est d’une grandeur incroyable. Ce moment valait tout l’or du monde. J’étais emplie d’ocytocine, c’était l’extase !



Les dernières contractions et le placenta
Il était environ midi, bébé venait de naître ! J’étais encore dans ma piscine quand les contractions sont revenues, c’était la naissance du placenta qui s’amorçait. Avec cette contraction, j’ai essayé de le pousser, il est sorti à moitié. J’ai réessayé à la contraction suivante, sans quel le placenta naisse. Puis j’ai appliqué la sagesse du chercheur Michel Odent : oublier le placenta pour la première heure, simplement vivre l’ocytocine (l’amour) des premiers instants en laissant maman et bébé tranquille tout en s’assurant que la pièce est calme, bien chauffée, peu éclairée. Puis, une heure plus tard, je me suis accroupie, j’ai poussée très fort et j’ai senti le placenta se libérer et mon corps tout entier être soulagé et empli de béatitude.

Et la péridurale
Cela me semble assez ironique, ridicule même, que moi, Cynthia la granola; qui a écrit un livre pour expliquer à tout le monde, même les enfants, qu'accoucher est normal, sain et grandiose; qui croient que l’accouchement est fondamentalement naturel aux femmes et aux mammifères; aient pensé à l’anesthésie lors de mon accouchement. Quand le bébé est né, j’ai senti que c’était pour cela, que je faisais cela naturellement, pour la grandeur du moment, pour les hormones. Plus tard, quand je suis revenue dans la « réalité ordinaire », j’étais tellement heureuse, fière de moi et bien, tant physiquement (j’avais le périnée intact, je pouvais m’assoir en indien ou marcher normalement) que mentalement (je me sentais juste bien de ne pas être une femme ayant subi un acte médical, la nature est tellement grande et tout a tellement bien été).



Fait intéressant # 3 : Bien que très répandue, idéalisée telle une panacée, la péridurale n’a rien d’anodin : elle présente des effets secondaires potentiels à long terme pour la femme et, lors de l'accouchement, entraine souvent une spirale d’interventions. (Hélène Vadeboncoeur www.avac-info.org)
Il y a beaucoup de préparation, intellectuelle et spirituelle, pour accoucher par soi-même, mais j’aimerais sincèrement que toutes les femmes qui lisent ce texte, prennent en main leur corps, leur sexualité, et donnent naissance par elles-mêmes, car c’est merveilleux.



Pour mon amie S. et celles qui accoucheront bientôt…

Chère amie,
Je pense beaucoup à toi. J’aimerais te dire qu’accoucher est un énorme travail. Les contractions, c’est intense. Vraiment intense, parfois. Chaque contraction est différente. Les endorphines s’ajustent. Abandonne-toi. Crois en toi. Trouve l’ourse polaire en toi. Imagine-toi dans ta caverne. Tu sauras.
Ton amie,
Cynthia xx



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À propos des naissances libres



lundi 30 octobre 2017

Faire-part d’une douce naissance



Octobre s’allonge. Ici, au nord du Nord… « Le pays grelotte dans le silence. La lande qui s’en va par-dessus le village est tout étamée de gel. Il n’y a pas de nuage au ciel. Chaque matin, un soleil roux monte en silence ; en trois pas indifférents, il traverse la largeur du ciel et c’est fini. La nuit entasse ses étoiles comme du grain. » (Jean Giono, Regain)



Danielle, sage-femme de tradition, me contacte au loin : « Je t’imagine ronde comme la lune, la peau tendue sur ton tambour posant des gestes lents entrant dans un monde riche d’effets spéciaux. Un moment sacré. »

Ce bref message m'aide à cultiver patience et amour en attendant le grand jour qui tarde...

Danielle, lors de sa pratique ancestrale, a vu fleurir le besoin atavique des femmes de mettre au monde leur bébé elles-mêmes. Elle les a accompagnées à domicile : sauvages, vraies, puissantes et instinctives.


41 semaines de grossesse. Nous avons fait un accouchement libre.
Il n’y a pas de secret, il faut plonger. Accepter les contractions, un énorme travail!
Il faut s’abandonner, partir sur une autre planète, dans un autre état de conscience ; laisser le subconscient s’activer, comme lors du sommeil, lorsqu’on ne réfléchit plus…

Illustration de Andréann Larouche, tirée "Ma mère, c'est la plus forte".
Bébé est née dans l’eau, simplement, grandement; sous le regard émerveillé de sa sœur, de ses frères aînés et de son père. C’était le bonheur. Pur.


Gratitude à la Vie.


Pour le plaisir, un autre de petit texte écrit il y a un an, pour réfléchir à l'enfantement... http://www.cynthiadurand.ca/2016/09/la-femme-et-laccoucheur.html

jeudi 21 septembre 2017

Deuxième lettre à ma grand-mère


Chère Anaanasiaq (1),

Après un doux été à savourer la chaleur du Sud, on est rentrée à Iqaluit en pleine saison des épilobes, ces fleurs violacées ultras vivaces qui évoquent chez moi la force de la nature, se multipliant avec vigueur dans les conditions les moins chaleureuses du globe. Ces fleurs sont simples, belles et sauvages.

Environ huit mois de grossesse. Au fond de mon coeur, je sens de plus en plus l'accouchement se concrétiser. Oh, c'est encore beaucoup, 1 mois, à accueillir les mouvements in utero de mon bébé plein de vie, un après l'autre, de remercier la Vie à chacun de ces instants sacrés dont j'ai le privilège de partager avec cette petite âme qui m'a choisi comme mère.

Presque tous les jours, je pense un petit peu à mon  accouchement qui approche. Je lis, médite, regarde des vidéos, fais la sieste, aménage ma chambre, explique aux enfants qu'il ne faut pas avoir de plans rigides (peut-être bébé naîtra-t-il la nuit et qu’ils dormiront, par exemple)…

À mes enfants, je leur raconte l’histoire du fermier et de sa truie qui attendaient de nombreux bébés... (2)

MES ENFANTS : Raconte-nous encore, Maman!

MOI: Il était une fois un fermier qui était très occupé: il devait s'occuper de ses légumes, traire ses vaches, ramasser le fumier de ses animaux, et sa truie était enceinte et allait bientôt mettre bas. Le fermier était tellement débordé qu'il demanda à ses enfants de l'aider. Il dit: "Méderik, Mariève, Mathis! Venez ici, je vais avoir besoin de vous." Alors, il leur expliqua que quand la truie allait avoir ses bébés, ça serait eux qui allaient s'en occuper, qu'il faudrait observer la truie de loin, sans jamais la déranger. Quand un animal donne naissance, celui-ci ne doit jamais se sentir observer ni savoir que nous sommes là. Alors, vous vous trouvez un petit coin, une petite cachette…

MON GRAND : On va se cacher dans le foin !

MA GRANDE : Ou dans la mangeoire des cochons ! 

MOI : Le fermier explique à ses enfants : « Durant l’accouchement, vous ne faites pas de bruit, vous observer. Si jamais la truie a besoin d'un peu d’aide, ou est distraite et écrase un de ses petits, ce qui est très très rare, vous pourriez doucement vous approcher pour l'aider, puis vous disparaissez de nouveau.
"Oui oui! On va s'occuper de la truie! dirent les enfants. Et aussi s'occuper des cochonnets!" "N'oubliez de vous faire invisible, de ne pas déranger la truie, même quand les cochonnets sont nés! Vous les prendrez le lendemain, quand l'accouchement sera bel et bien fini." "Oh oui, papa, nous sommes capables d'être calmes et patients!"



Et voilà pour ma petite histoire, qui aborde l'intimité de l'enfantement. Tu crois, Anaanasiaq, que mes enfants ont compris la leçon ? Les enfants sont tellement intelligents !

Tu me diras comment ça va chez vous? Ici, le chantier de construction à Chéri avance à grands pas, les enfants étaient heureux de sauter sur les flaques d'eaux gelées ce matin, en prenant le chemin de l'école, et la mer est superbe, comme à son  habitude.

Ces temps-ci, je cuisine des petits plats à congeler pour les premiers temps avec bébé neuf, as-tu de bonnes recettes du terroir à me suggérer? Aussi, j'évite de trop en faire en pensant à l’image de « la femme enceinte qui brode à la fenêtre » (3). En regardant la toundra et le silence, je me dis que nous sommes toutes, un peu, comme les épilobes, ces fleurs simples, belles et sauvages.

Je t’aime, Anaanasiaq,

Cynthia xx


(1) Voici le lien ICI pour la première lettre à Anaanasiaq, mot signifiant « grand-mère maternelle en inuktitut »

(2) Il s’agit d’une adaptation d'une anecdote rapportée par Michel Odent dans la vidéo Votre bébé est un mammifère.


(3) Lire la réponse de la correspondance avec Anaanasiaq ICI

mercredi 13 septembre 2017

Suite de ma correspondance auprès de grand-mère...



Coucou !

C’est moi, Cynthia, de retour à Iqaluit! Avec la rentrée scolaire, les enfants, la grossesse... mes journées sont bien remplies. Afin de vous donner plus amples nouvelles, je prépare une nouvelle lettre à ma Anaanasiaq que je vous partagerai très très bientôt. 

En attendant, voici des extraits des deux réponses que j’ai reçues; la première de ma Anaanasiaq biologique et la seconde de ma Anaansiaq spirituelles; deux femmes extraordinaires.


C xx

CLIQUEZ ICI, pour lire ma première lettre à Anaanasiaq.



Senneterre, 2 mai 2017

Allo Cynthia !

Ça va ? Ma belle Cynthia ! Et la petite famille est bien ?

Tout d’abord, un gros merci pour ta jolie lettre que tu m’as fait parvenir.
J’ai aimé que tu m’appelles Anaanasiaq. C’est joli ce nom.
Il est vrai que nous sommes éloignés de la ville, en Abitibi. Il fait froid, mais on est bien. On n’est pas à plaindre.
(...)

Moi, lors de l’accouchement de mon quatrième enfant, tout s’est bien passé, car, dans ce temps-là, on nous endormait. On n’avait pas grand douleur. Il pesait 10 livres 11 onze et demi. J’aurais aimé me faire accoucher par une sage-femme.
(…)

Pour ce qui est de ma grossesse, la nuit, ce n’était pas facile de dormir. Dit à ton subconscient de te faire dormir.

Bon, ma chère Cynthia, je te laisse en te souhaitant la meilleure des chances. Et fais attention à toi et au petit qui s’en vient et repose-toi bien.

Je t’aime.
Ta grand-mère Anaanasiaq xxxx


Assise, 10 mai 2017

Chère Prunelle,

Ce matin, je suis à Assise, là où Saint-François et Sainte-Claire ont vécu avec tant d'amour, le même que toi avec ton amoureux au nord du nord. Ils n'ont pas eu d'enfants, eux, mais ils ont aimé les enfants des autres. Leur tombeau est ici et les pèlerins et les touristes viennent s'incliner et demander des grâces ou remercier pour grâces obtenues.

Je vois et je lis tes mots de début de grossesse qui prend tout ton énergie de femme, de mère, d'amante, d'aidante, de clown, de cuisinière et plus encore.
Autrefois, les femmes brodaient à la fenêtre sur un vêtement de bébé, ça, c'est l'image.
 Dieu sait comment tu dois broder de l'intérieur pour faire juste l'essentiel.
 

Oui, t'étendre dans les rayons du soleil, ne pas en manquer un, pendant que ton petit acrobate joue à tes pieds ou expérimente ses talents multiples.
 Juste s'appuyer sur un mur, pour fermer les yeux un instant et les rouvrir le temps d'un soupir.
 

Ton bébé est tellement heureux quand tu t'allonges, car il peut se déplier les jambes et ouvrir les bras si menus soit-il. 


« Chéri, je n'en peux pu , je m'en vais dans ma cabane seule pour voir la lune pleine de mai. »Je te répète ce que j'ai dit à ta sœur Emmanuelle , choisis-toi...quelle est la personne la plus importante pour toi? Je peux tout te dire, car je sais aussi que tu es si créative que déjà tu t'es donné des moyens pour entrer dans l'eau maternelle et de t'y reposer jusqu'aux ondes alpha.

 

Tu voulais savoir comment j'ai porté mon 4e. Je l'ai porté avec une grande fatigue pour les 4 premiers mois, ensuite tout s'est placé. Je me souviens d'être allé au salon des métiers d'art, et je cherchais un banc constamment pour m'asseoir. Pas d'énergie! 

Et tout ce qui existait dans l'invisible, je le portais. Mon âme le savait, mais comment interpréter le non-dit?

 

J'ai donné naissance à l'hôpital,  car j'avais eu une césarienne à la 3e. Mais, j'ai fait mon travail à la maison d'une heure du matin à l'orée du jour. Seule! Personne n'a pu m'enlever ces moments si précieux en communion avec cet enfant. J'ai fait un bas de jupe longue, j'ai écouté la musique de Jose Feleciano en boucle, mon amie Joan est arrivée au matin et j'ai travaillé avec elle tout l'avant-midi . Ma belle-mère est venue chercher mes deux filles, je l'ai salué brièvement. Mon mari est venu de Québec en vitesse, il a pris une contravention d'ailleurs. Il est arrivé vers 13 heures, a mis sa main dans mon dos pour quelques secondes ou minutes, je la sens encore après toutes ces années. Et il est reparti vers Québec pour accoucher avec son équipe d'un livre sur la jurisprudence en transport. 

Si tu veux savoir la suite, je te la donnerai. 


Mais j'ai porté ce bel enfant avec tant de grâce et fierté, j'ai vu les fleurs printanières arrivées, j'ai marché dans la ville où j'habitais tant de fois avec joie.

Voilà ma Prunelle un bout d'histoire!

Avec tout mon amour,

Mamita Danielle, xx 



mardi 16 mai 2017

Attendre des jumeaux: entrevue avec l'auteure de "Les Gémellicours, bien se préparer à la naissance de jumeaux"


Karine Forget, doula


*** CONCOURS ***
(plus de détails à la fin de ce billet)


Cynthia et Cindy: jumelles identiques
Comme la plupart le savent, je suis moi-même jumelle identique et j'ai toujours eu une fascination pour les jumeaux-jumelles. C'est donc avec curiosité que j'ai lu le livre "Les Gémellicours, bien se préparer à la naissance de jumeaux", un ouvrage issu de l'expérience de Karine Forget, l'auteure.


Karine, explique-nous d'où l'idée d'écrire ce livre est venue?
Quand je suis tombée enceinte de mes jumeaux, j’en étais à mon deuxième suivi sage-femme. J’avais déjà accouché à la maison et c’était tout naturel que je fasse la même chose pour cette fois-ci. Vers 12 semaines, c’est là que tout a changé! J’ai appris que j’attendais deux bébés et que, par conséquent, je perdais mon suivi sage-femme. En plus d’être sous le choc (ma fille avait à peine un an), j’étais très en colère. Moi qui étais habituée aux choix éclairés, je me retrouvais dans un suivi en clinique de grossesse à risque sans aucun choix et avec une longue liste d’obligations : péridurale obligatoire, monitorage continu obligatoire, échographie à tous les mois, poussée en salle d’opération « au cas où »… C’était à des années-lumière de ce que j’avais vécu. Ce qui me choquait le plus, c’est que, lorsque je demandais le pourquoi d’une procédure, on me répondait tout bêtement « c’est parce que c’est des jumeaux, Madame ». Cette réponse n’a jamais été suffisante pour moi et c’est pour fournir d’autres réponses aux futurs parents de jumeaux que j’ai décidé de devenir accompagnante à la naissance, de me spécialiser en grossesse gémellaire et d'écrire mon livre.
Dans ton livre, tu répètes souvent que "c'est très demandant, porter des jumeaux", quelles autres différences y-a-t-il entre les grossesses de singleton et celles de jumeaux?
Lorsqu’on est enceinte, peu importe le nombre de bébés, notre corps travaille fort pour fabriquer un bébé. Tout le système est mis à contribution, et ce, 24 heures sur 24. C’est épuisant par moment être enceinte et lorsqu’on a deux bébés, c’est doublement épuisant. Les désagréments sont plus nombreux, plus forts et durent plus longtemps que pour une grossesse simple. Cela dit, il arrive que des mères de jumeaux continuent de travailler jusqu’à 36 semaines! Mais elles sont rares. La majorité arrête dès la 24e semaine. La hauteur utérine aussi est disproportionnée. À 32 semaines, j’avais le ventre d’une femme à terme (40 semaines). Les maux de dos, de hanches, de symphyse et j’en passe sont extrêmement fréquents et très prononcés chez les gémellaires et tout cela commence très tôt dans la grossesse.
Le suivi aussi est très différent. Dès qu’on apprend qu’on attend des jumeaux, les médecins se montrent très alarmistes et sont constamment prêts à une catastrophe tout en répétant que tout va bien pour le moment... C’est très stressant de vivre comme si l'on était une bombe à retardement! Les allers-retours à l’hôpital sont très fréquents et les rendez-vous avec des spécialistes se multiplient également. Il y a des différences d’un hôpital à l’autre, mais il y a des régions où le suivi en nutrition est obligatoire pour les grossesses gémellaires, même s’il n’y a pas de diabète gestationnel de diagnostiqué. Ça devient très lourd à gérer au quotidien.
Attendre des jumeaux, c’est aussi différent au niveau du vécu. On se pose beaucoup de questions que les parents qui attendent un seul enfant ne se poseront jamais. Est-ce que je vais avoir assez de lait pour deux bébés? Est-ce que je vais arriver à dormir avec deux bébés ?! Comment vais-je faire pour les différencier? Est-ce que je vais arriver à tout gérer? La pression financière aussi, parce qu’on s’imagine qu’on devra acheter absolument tout en double.
Une grosse partie de ton livre parle des bébés prématurés... pourquoi couvrir un tel sujet dans un livre sur l'accouchement gémellaire?
Au tout début de ma démarche, quand j’ai créé mes cours prénataux gémellaires, j’ai demandé aux parents de jumeaux ce qu’ils auraient voulu savoir avant l’accouchement afin d’être mieux préparés à ce qu’ils ont vécu. Beaucoup m’ont parlé de leur expérience en néonatalogie qu’ils ont trouvée très difficile, et ce, en grande partie parce qu’on ne les avait pas suffisamment préparés. La prématurité, c’est-à-dire une naissance avant la 37e semaine d’aménorrhée, c’est la complication gémellaire no 1. Elle touche près de 50% des jumeaux, ce qui est énorme! Et, contrairement à ce qu’on pourrait penser, naître un peu trop tôt, ce n’est pas anodin; de graves complications peuvent survenir. Sans être alarmiste, j’explore avec les futurs parents de jumeaux ce qui se passe dans une unité néonatale de soins intensifs et de soins intermédiaires, afin de réduire au maximum les données inconnues, parce que, de mon point de vue, ce qui fait peur, c’est l’inconnu. Même si les parents ont 50% de chance de ne jamais vivre ce que je décris dans mon livre, je trouve important de les y préparer, juste au cas.
Livre "Les Gémellicours", p.221
Si je ne me trompe pas, tu crois que les grossesses gémellaires devraient être considérées comme normales?
Exactement. À mon sens, une grossesse gémellaire n’est pas pathologique en soi. Il est vrai qu’elle le devient plus facilement qu’une grossesse simple, mais tant qu’aucune complication ne se pointe effectivement le nez, on devrait considérer la grossesse gémellaire comme n’importe quelle autre grossesse. Ce qui veut dire qu’on devrait pouvoir avoir un suivi avec une sage-femme. C’est surtout sur ce point que je trouve que la surmédicalisation de la grossesse gémellaire fait des ravages. C’est un fait, il y a plus de prééclampsie, de diabète gestationnel, d’anémie, de haute tension et j’en passe chez les grossesses gémellaires, mais ça se peut aussi que la grossesse se déroule sans aucune de ces complications. J’en suis la preuve vivante! Mon accouchement s’est déroulé tellement naturellement et facilement que c’est presque une honte d’avoir monopolisé autant de ressources de spécialistes pour une condition qui, à la base, était normale! D’ailleurs, j’ai eu une cliente qui s’est fait dire à la clinique de grossesse à risque (GARE) de l’hôpital Ste-Justine que les grossesses gémellaires avec deux placentas n’étaient plus considérées à risque et qu’elle pouvait poursuivre son suivi avec son médecin. Une vision qui, malheureusement, n’est pas partagée par tous les hôpitaux du Québec…
Quel conseil donnerais-tu à une femme qui souhaite accoucher naturellement de ses jumeaux?
D’abord, de croire en elle et en ses bébés et d'être très déterminée. Une femme est faite pour porter des bébés et son corps sait ce qu’il a à faire, mais les obstacles sont nombreux. Ensuite, de se trouver une accompagnante à la naissance parce que, à travers toute cette médicalisation, c’est facile de perdre le cap. Viens un moment où les échographies et les tests sont tellement omniprésents, qu’on finit par croire que notre condition est une maladie, et ce même quand les équipes médicales se montrent rassurantes en disant que tout est parfaitement normal.
Finalement, je dirais cette phrase que je répète souvent dans mes cours et aussi dans mon livre : « Tant qu’on n’a pas de preuve que ça va mal, c’est que ça va bien! »
Quel conseil donnerais-tu à une doula qui souhaite accompagner le mieux possible une grossesse et un accouchement gémellaires?
Il n'y a pas une recette miracle, mais je crois que la base d’un accompagnement gémellaire n’est pas différente d’un accompagnement normal. Il s’agit donc bien plus de savoir-être que de savoir-faire… Cela dit, plus on en sait, mieux on est outillée pour répondre aux questions, alors je suggérerais de lire le plus possible sur le sujet. J’invite les accompagnantes à me contacter si elles ont des questions. Je vais d’ailleurs offrir bientôt un « Gémellicours spécial Doula » et je donnerai une conférence au Yonifest cet été. On pourrait croire aussi que les Gémellicours ne sont pas nécessaires quand on a une accompagnante, mais je crois sincèrement que mon cours est un complément incontournable. Les parents qui avaient une accompagnante et qui ont quand même assisté à mon cours ont trouvé intéressant et rassurant de discuter avec d’autres parents de jumeaux pendant la journée. De plus, pouvoir poser des questions à quelqu’un qui est passé par où ils passaient a été précieux, selon ce qu’on m’a rapporté. Je crois donc qu’il pourrait être bénéfique pour les Doulas d’inviter leurs clients à suivre un Gémellicours en supplément de leur accompagnement. En terminant, je dirais aussi aux accompagnantes de se préparer (et de préparer leurs clients) à ce qu’elles soient possiblement exclues du processus vers la fin de l’accouchement parce que, malheureusement, il y a des hôpitaux demande aux femmes de faire la poussée en salle d’opération et qui refusent, parce que c’est le protocole, d’accepter une autre personne que le conjoint en salle d’opération. Encore cette semaine, je l’ai vécu et j’ai personnellement trouvé ça difficile à accepter. Quand tu passes 20 heures auprès d’un couple et que, le moment venu, on se fait dire : « c’est quoi ça, une accompagnante? Ça ne sert à rien, elle va être très bien entourée avec les deux gynécos, les 4 infirmières, l’inhalothérapeute, l’anesthésiste et les deux pédiatres! » c’est difficile à vivre… Je dois dire, cependant, que ce n’est pas partout la même chose. J’ai assisté à une merveilleuse naissance double dans un autre hôpital et jamais je n’ai été mise à l’écart.
Depuis plusieurs années, nous assistons à une "humanisation des naissances", approche qui reconnait l'accouchement comme un phénomène naturel, sécuritaire et complexe dont l'être humain en entier (physique, émotif, cognitif, social et spirituel) est impliqué. À ton avis, est-il utopique de rêver d'humanisation des naissances gémellaires? 
Livre "Les Gémellicours", p.155
Absolument pas, mais beaucoup de personnes pensent que c'est irréalisme, ce qui fait qu’il nous reste énormément de chemin à faire… Comme je le dis souvent, au niveau des droits des femmes enceintes, pour les grossesses gémellaires, on est en 1980! Beaucoup baissent les bras devant la surmédicalisation parce que la machine est trop forte. C’est une attitude que je vois même chez les sages-femmes, ce qui est dommage… Il y a comme une aura de résignation autour de la gémellité qui sous-entend que, comme on a énormément eu de la misère à obtenir ce qu’on a pour les grossesses non à risques, il faudrait se compter chanceux d’avoir ce qu’on a et ne pas pousser plus loin les revendications. Cette résignation, je la sens dans les commentaires que les femmes font quand elles me racontent leur expérience. Dans presque chaque discours, il y a toujours une petite phrase qui sonne comme « j’ai eu un bel accouchement, pour des jumeaux. » Ce qui veut dire que, si elles avaient eu un seul bébé, elles n’auraient pas toléré ce qu’on leur a imposé. Mais comme c’est « pour la santé de vos bébés, Madame », bien, c’est dur d’aller contre ça!

Je dois cependant dire qu’il y a un certain vent de changement qui souffle tout doucement. Je vois de plus en plus de femmes s’inscrire à mes cours en disant qu’elles recherchent des outils pour obtenir un accouchement gémellaire plus humain, mieux respecté. J’ai rencontré une femme incroyablement forte qui, en pleine contraction, a tenu tête à l’infirmière-chef qui lui disait qu’elle n’avait pas le droit de refuser d'aller en salle d’opération pour la poussée (ce qui est totalement faux). Entre deux contractions, elle a signé son refus de traitement avec l’accord du gynécologue en chef du département et elle a accouché de ses jumeaux dans sa chambre et tout s’est bien passé. J’ai moi-même assisté à un AVAC de jumeaux en novembre dernier! C’est d’ailleurs pour regrouper ces récits et donner une impulsion au mouvement que j’ai créé ma page Facebook Accouchement Gémellaire Respecté. Je crois sincèrement qu’ensemble, à force de demander et de s’exprimer, on va finir par obtenir des naissances gémellaires plus humaines un jour. Il ne faut pas baisser les bras! Jamais!
Crois-tu qu'il existera, dans un certain futur proche, une pratique sage-femme ou autre, qui assistera les naissances gémellaires à domicile ou dans des chambres de naissance et qui considérera ces accouchements naturels?
C’est mon plus grand rêve et je l’espère de tout mon être! Ce que je voudrais, c’est que les femmes aient au moins le choix. Qu’elles puissent, en toute connaissance de cause, décider pour elles-mêmes : où, comment et avec qui elles veulent donner naissance à leurs jumeaux. Un bon point de départ ce serait à mon avis de commencer par les grossesses dichorionques diamniotiques (deux placentas et deux poches amniotiques) sans complication dont les deux bébés ont la tête en bas. C’est le type d’accouchement gémellaire qui présente le moins de risques et qui pourrait tout à fait être pris en charge par une sage-femme.
Il faut souligner aussi que, si les sages-femmes du Québec n'assistent pas les accouchements gémellaires, ce n’est pas qu’elles ne sont pas capables ou qu’elles ne sont pas formées. C’est qu’elles n’ont pas le droit… pour le moment. Il faudrait donc changer la loi, ce qui n’est pas une mince affaire. Certains pourraient craindre un recul sur d’autres points, si l'on rouvrait la loi, et je les comprends. Ce qui est malheureux dans tout ça, c’est qu’à cause de ça, on accepte le statuquo et quand une femme a un suivi sage-femme et qu’elle apprend qu’elle a des jumeaux, elle est tout simplement et tout bêtement transférée, « parce que c’est comme ça », sans soutien et sans information. J’aimerais qu’on offre aux femmes enceintes de jumeaux qui perdent leur suivi un meilleur accompagnement dans leur transfert.
Un autre rêve fou que j’ai, c’est de créer une clinique GARE humanisée. Un genre de maison de naissance pour grossesse à risque avec accompagnante, sage-femme et gynéco qui travaillent ensemble différemment.
Même s'il y a plus de risque lors des grossesses gémellaires, le risque, en 2017, il est tout relatif et c’est aux femmes de décider quels risques elles sont prêtes à accepter ou pas. Parce que c’est un fait, on a infiniment plus de chance d’avoir un accident de voiture que de mourir d’un accouchement gémellaire… est-ce qu’on cesse pour autant de conduire « pour ne pas prendre de chance? » C’est un risque qu’on est prêt à accepter, tout simplement…

Merci beaucoup, Karine, pour cet échange. Peux-tu, avant de nous quitter, nous dire un dernier mot sur ton livre et comment se le procurer...
Mon livre est actuellement en vente sur mon site internet www.gemellicours.com. On peut aussi se le procurer en personne chez Mieux-Naître à Laval ainsi qu’à La source en soi à Montréal. Je précise que les participants aux Gémellicours de groupe peuvent se procurer mon livre à moindre coût. Mes dates de cours sont affichées sur mon site. Je donne des cours à Québec et à Laval. Quelques fois par année, j’offre des rabais et des promotions également, il faut donc rester à l’affut!
Un grand merci pour cette entrevue et cette opportunité de faire connaître mon travail dans l’humanisation des naissances gémellaires!

Voilà que prend fin notre entretien avec Karine Forget, Accompagnante à la naissance
www.gemellicours.com



*** CONCOURS ***
Semaine mondiale de l'accouchement respecté : « Sans oui c'est non, même quand j'accouche! »
Gagnez le livre Les Gémellicours, bien se préparer à la naissance de jumeaux de Karine Forget

***jusqu'à vendredi 19 mai 2017, minuit, commentez ce billet (sur ce blogue ou sous la publication Facebook de Ma mère c'est la plus forte pour avoir une chance de gagner. Partagez sur Facebook pour une chance supplémentaire).
Que l'on donne naissance à un ou deux bébés, le consentement de la femme avant toute intervention devrait toujours être respecté, qu'importe le lieu de naissance. @ SMAR 2017
https://materniteetdignite.wordpress.com/


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"Ma mère, c'est la plus forte", un livre pour déconstruire nos peurs face à l'accouchement

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"C'est l'histoire de la naissance de ma petite soeur" Mat - fils de l'auteure

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