lundi 28 novembre 2016

Danielle à Iqaluit

Une collaboration spéciale!
Texte de mon amie Danielle, citoyenne du monde...




Iqaluit Nunavut!

" Vivre en ce pays la nuit ".
C'est vivre au rythme de la lumière et du froid. -20 + le vent -30 en ce 27 nov.
Les jours moins froids nous donnent l'espérance que le long hiver a sa fin. Voir la carcasse du phoque sur la berge, veut dire que certains s'en sont nourris.
Le soleil frileux disparaît graduellement vers 14.00 heures .
Les gens saluent en levant les sourcils vers le haut en esquissant un sourire.
Les enfants portés dans l'amauti ont la vue à hauteur d'homme et s'y trouvent bien au chaud.
Les kamiks avec les beaux chaussons brodés attirent mes yeux constamment.

Ici, si tu veux vivre seul, tu peux mourir d'ennuis... Mais si tu tu veux vivre tu partages, ton caribou, ton saumon , ton phoque, tu vas vivre vieux.

Les sculptures parlent de la vie d'autrefois, dure et combative.
Aujourd'hui, que reste-t-il d'eux qui l'ont vécus?

Le cimetière au bout du chemin, du Finistère , regarde l'infini.
Ici aussi, les bébés ont parfois la vie courte.

Avoir des gens qui t'ouvrent leur coeur, t'accueillent
comme l'une des leurs, partagent tout ce qu'ils ont est un présent à la couleur des aurores qui dansent dans le ciel vers 18.00 heures.

NAKURMIK

Danielle Mercier




lundi 14 novembre 2016

Ces « Martin Luther King » de l'accouchement



Qu'ont en commun Martin Luther King, Gandhi et les accoucheuses traditionnelles qualifiées qui pratiquent au Canada?

Ils ont tous le même souci de l'égalité et de la dignité de tout être humain. Saviez-vous que, des accoucheuses traditionnelles qualifiées (1), partout au Canada, continuent d'exercer leur vocation malgré les menaces des Ordres Sages-femmes et Médecins, car, elles croient en la justice sociale. Voici trois exemples de situations similaires qui se sont révélés des exemples où l'histoire a donné raison aux droits de la personne : le libre choix d'un établissement d'enseignement, l'égalité et le respect des femmes dans les couples et l'accès à l'avortement légal et sécuritaire.

1. Le choix de scolariser nos enfants selon nos valeurs

Dans les années 1950, au Canada, ce sont des revendications qui ont mené à légaliser l'instruction privée et l'école à la maison, car chaque famille et chaque enfant sont uniques et la société a la responsabilité éthique de s'assurer que les valeurs individuelles sont respectées.
Pour quelles raisons les Canadiennes ont-elles recours aux accoucheuses traditionnelles qualifiées et choisissent-elles d'accoucher à domicile? Pour des valeurs et croyances profondes (ex. : les Mennonites, les autochtones, les croyances personnelles), à cause qu'elles n'ont pas accès à des services sages-femmes (dans les grands centres et en régions), pour une vision holistique de l'accouchement, etc. La légalisation de la pratique sage-femme (il y a environ vingt ans) est insuffisante pour répondre à la diversité des croyances des femmes et nous avons besoin de légaliser un véritable libre choix individuel en matière d'accouchement.

2. La criminalisation de la violence conjugale

Comme société, nous avons longtemps considéré que la violence conjugale n'était « pas une vraie forme de violence » et « pas de nos affaires ». Actuellement, lorsqu'une femme donne naissance et qu'elle relate être victime de violence obstétricale, nous avons la même rhétorique, considérant, qu'au nom du bébé, nous pouvons exiger la nudité de la femme et toute autre forme d'humiliation. Nous autorisons l’infantilisation de la patiente ou tout acte qu'un praticien juge bon sans nécessairement obtenir le consentement de celle-ci. Nous ne parlons pas du même type de violence, mais tous deux sont aussi pernicieux. Lors des accouchements, il faut arrêter de banaliser les interventions qui se font au détriment des femmes et faire place à un véritable choix d'accoucher avec qui l'on veut et où l'on veut. Il y a un danger lorsque l'on considère qu'il n'y a qu'une seule vérité et un seul mode d'appréhender le monde. Il est temps que les droits à l'égalité et à la dignité de la femme, tels que reconnus dans la cellule familiale, le soient dans toute chambre de naissance.

3. La légalisation de l'avortement

Il a fallu que le docteur Morgentaler se batte pour la dignité des femmes et le libre choix de celles-ci et qu'il fasse de la prison pour que le Canada légalise l'avortement. Tout comme celui-ci, au Canada, des accoucheuses traditionnelles qualifiées sont actuellement accusées injustement alors qu'elles agissent pour familles et les bébés, avec respect de leurs croyances profondes. (2)
D'un point de vue légal, la femme est un être humain et a tous les droits alors qu'un fœtus (être non né) n'en a encore aucun. Cela dit, les accoucheuses traditionnelles qualifiées ont le souci de la sécurité de l'accouchement tout en ayant une approche holistique et de l'empathie. Cela fait partie de la liberté individuelle de la femme, dans une démocratie, de choisir une accoucheuse qui répond à ses croyances.

La nécessité des accoucheuses traditionnelles qualifiées pour la démocratie

Tout comme Martin Luther King et Gandhi, les accoucheuses traditionnelles qualifiées agissent selon leurs consciences et de manière non-violente, pour permettre à chacun de vivre dans l'égalité et la dignité. Le respect des croyances de chacun est un important élément de notre Charte (article 3 : la liberté de conscience, la liberté de religion, la liberté d’opinion). Il faut reconnaître que « la désobéissance civile est conforme à la justice malgré son caractère illégal, elle a été bénéfique historiquement à l'évolution des mentalités et qu'elle est nécessaire en démocratie. » (Letiecq, 2014)


*****

(1) Le terme « accoucheuse traditionnelle qualifiée » (traditional birth attendant) est le terme proposé par l'ONU pour désigner les femmes expérimentées qui accompagnent les naissances et n'ont pas une formation reconnue ni de lien avec un ordre professionnel, par opposition aux sages-femmes.

(2) G. Lemay, 2002; D. Boutin, 2008; M. Jolar, 2012; et d'autres sont actuellement menacées.

LETIECQ, Louis. 2014. Les fondements de la désobéissance civile, mémoire sous la supervision de CHUNG Ryoa, Université de Montréal, https://papyrus.bib.umontreal.ca/xmlui/handle/1866/12026



dimanche 13 novembre 2016

Parhélie ou "trois soleils"

Parhélie ou "trois soleils"

J'ai pris cette photo de parhélie le samedi 12 novembre, vers l'heure du dîner. Une superbe parhélie ou "trois soleils", un phénomène optique rare, selon Canal D



12 novembre 2016. -19 C. Température ressentie -29.
Durée de notre randonnée de ski familiale: 9 minutes.


photo de CBC-Nunavut
La glace commence à prendre sur la mer et des phoques ont été observés à proximité de la ville (ils s'approchent rarement autant).

Je n'écris pas plus ce soir (ce n'est pas pour être cheap, mais La V'limeuse m'attend sur ma table de chevet). Voici plutôt un souvenir d'Iqaluit, il y a deux ans, précisément en ce même temps de l'année: une expédition en mer avec cueillette de palourdes et algues.


lundi 7 novembre 2016

Novembre sur la Terre de Baffin


En octobre, il a neigé d'une manière quasi quotidienne, enveloppant la toundra d'une délicate couverte blanche. Cet hiver (parce que la saison froide dure onze mois à Iqaluit), je me suis promis de passer plus de temps dehors, de prendre l'air, de bouger... parce que c'est excellent pour la santé, mais surtout, juste pour le plaisir, pour passer du bon temps avec ma famille, avec les amis, pour savourer la nature et l'air polaire, pour les paysages à couper le souffle de mon pays...
Anirajaqtit! Allons jouer dehors!

Sauf que... ça demande du courage d'habiller trois jeunes enfants en petits bonshommes Michelin, ça demande de la folie de sortir lorsque le thermomètre pointe sous la barre du zéro, ça demande du temps de préparer cette sortie, ça demande… En fait, faire du ski avec de jeunes enfants, c'est un peu utopique...

Je me suis trompée...
Aller faire du ski de fond avec trois enfants (dont un bébé), ce n'est pas demandant – enfin, seulement la première fois, dans sa tête cartésienne d'adulte – parce que, c'est plutôt comme une drogue, ça crée la dépendance. Iqaluit en ski, c'est prendre le temps d'observer autour de soi, de se trouver de nouveau parcours, de faire de nouvelles rencontres… et de célébrer notre petite sortie avec un chocolat chaud.

Victor Hugo avait raison : « L'utopie d'aujourd'hui, c'est la réalité de demain. »

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À peine deux minutes après avoir quitté la chaleur de notre maison, bébé ronflait déjà dans le confort de mon amauti


En ski de fond comme en motoneige, chacun connaît les raccourcis pour se faufiler sur le bord de la mer en croisant le moins de cailloux possible. Importante différence avec nos sorties en Bombardier : j'ai fait un pied de nez au poste d'essence!


Nikisuittuq : Type d'inukshuk qui pointe vers l'étoile Polaire, repère fondamental dans la toundra dénudée.

Point de départ pour la « Apex Trail » : Expédition d'environ une heure menant aux bâtiments de la Compagnie de la Baie d'Hudson, trace des premiers Qallunaat à Iqaluit.



 

lundi 31 octobre 2016

Accoucher : un acte médical?




À tout moment, de notre vie, nous avons le droit de choisir, hommes et femmes, des traitements que l'on juge pertinents à notre santé. Nous pouvons consulter un médecin, un naturopathe, un chiropraticien, un proche, un livre… ou personne, selon notre propre jugement, nos croyances et notre situation unique. En fait, il y a une exception à cette règle de liberté, une loi injuste (1) pour les femmes et assez récente dans l'histoire (2) qui dicte que l'accouchement est un acte réservé, un acte médical, que seuls les médecins, gynécologues-obstétriciens ou sages-femmes sont autorisés à le pratiquer. La femme n'a plus le droit, durant ses contractions, de sa liberté fondamentale de choisir pour elle-même. Moi qui pensais que mon vagin m'appartenait... La question se pose :

Est-ce qu'accoucher est un acte médical?

Non, pas nécessairement.

  • Tout d'abord, d'un point de vue physiologique (naturel), l'accouchement se rapproche plus d'un événement normal que médical.
  • Ensuite, les connaissances actuelles permettent à l'humain de surveiller ses signes vitaux lui-même sans qu'il s'agisse d'acte médical.
  • Finalement, tout ce qui implique le vagin devrait être considéré d'un angle sexuel.


L'accouchement d'un point de vue physiologique
En 2008, le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec affirme que « l’accouchement est un événement physiologique naturel qui n’implique pas, a priori, d’interventions médicales. » (3). Le terme « physiologique » désigne tout ce qui fait partie du fonctionnement normal de notre corps (le maintien de notre température, la digestion...) Basé sur de récentes recherches, Michel Odent compare l'accouchement à l'endormissement, deux processus naturels nécessitent un sentiment de sécurité et un environnement calme (4). Selon l'OMS, 70 à 80% des accouchements devraient être considérés comme normaux (5).

La surveillance de l'accouchement
En utilisant les sens du toucher et la vue, chacun observe quotidiennement l'état de ses proches (teint du visage, température corporelle élevée détectée par le toucher, état amorphe…) Il est également possible de se procurer un thermomètre ou un stéthoscope et d'utiliser ces instruments « médicaux » chez soi sans faire de diagnostic ni d'acte médical. Pourquoi ces gestes deviennent-ils soudainement des actes médicaux durant les quelques heures que la femme a des contractions?
Il en va de même pour les touchers vaginaux: tout adulte peut se toucher lui-même l'intérieur du vagin dans son intimité, seul ou avec un autre adulte consentant à tout moment de sa vie...
Au-delà d'une loi paternaliste voulant que les gynécologues-obstétriciens, les médecins et les sages-femmes soient les seuls aptes à  « surveiller et évaluer  la grossesse, le travail, l’accouchement » (1), il faut se rendre à l'évidence que l'humain – dans notre cas, la femme qui accouche – a des informations sur son corps que seule celle-ci ressent. Et, tout comme à d'autres moments de sa vie, elle a le jugement de choisir entre se diriger vers un hôpital si elle est inquiète, demeurer chez elle si elle se sent bien ou encore téléphoner à la personne de son choix pour l'accompagner ou simplement avoir des conseils d'amis.

L'implication du vagin dans l'accouchement
Lors de l'écriture de la célèbre pièce de théâtre Les Monologues du Vagin, les femmes interviewées à propos de leur vagin parlaient de viols, de honte, de dignité... et d'accouchements. (6) La sage-femme Ina May Gaskin rappelle constamment dans ses ouvrages que le vagin est un organe « timide » et qu'il faut continuellement garder cela en tête pour faciliter un accouchement. Elle nous explique que, comme à tout autre moment de sa vie sexuelle, la composante psychologique est fondamentale lors d'un accouchement. (7) Surtout, parmi les nombreuses similitudes entre faire l'amour et accoucher, la libération hormonale impliquée lors de ces deux moments (particulièrement l'ocytocine et l'endorphine) est une importante découverte scientifique qui lie désormais la sexualité à l'accouchement. (8)

Accoucher ne devrait pas être considéré comme un acte médical
Considérant l'aspect naturel de l'accouchement, la capacité des femmes à s'observer elle-même ainsi que l'aspect sexuel de l'accouchement, il semble évidant qu'il y a une « erreur » fondamentale à considérer systématiquement tout accouchement comme un acte médical. Il est anticonstitutionnel que nos lois interdissent les femmes d'agir selon leur propre choix.

Tout comme les athlètes de haut niveau, les femmes enceintes sont souvent suivies par un professionnel. Est-ce que cela fait de toute performance sportive un acte médical? Tel que nous admirons les athlètes pour aller au bout d'eux-mêmes, nous devrions admirer la grandeur de l'accouchement.


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Références:


(1) LOI médicale, Article 31, Québec, http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/showdoc/cs/M-9 , consulté le 20 octobre 2016.
et LOI sur les sages-femmes, Article 6, Québec, http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/ShowDoc/cs/S-0.1/, consulté le 20 octobre 2016.

(2) RIVARD, André. 2014. Histoire de l'accouchement dans un Québec moderne. Remue-Ménage.

(3) Politique de périnatalité québécoise 2008-2018 : Un projet porteur de vie. 2008. Ministère Santé et Services Sociaux, Québec, http://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/document-000730/ , consulté 24 octobre 2016, p.44.

(4) ODENT Michel. 2016. L'humanité survivra-t-elle à la médecine, éditions Myriadis.

(5) Organisation Mondial de la Santé. 1996. Care in a Normal Birth : a pratical guide, http://www.who.int/maternal_child_adolescent/documents/who_frh_msm_9624/en/ , consulté 24 octobre 2016, p.8.

(6) ENSLER, Eve. 2012. The Vagina Monologes. HBO Special Edition DVD.

(7) GASKIN, Ina May. 2003. Ina May's Guide to Childbirth, Bantam Publisher.

(8) BUCKLEY, J Sarah. 2008. Gentle Birth, Gentle Mothering, Celestial Art Publisher

vendredi 21 octobre 2016

Le libre choix d'une présence à l'accouchement





Mon corps, ma sexualité.

Dans l'intimité, je choisis de faire mon enfant. Dans l'intimité, je choisis de donner naissance. La littérature scientifique nous apprend que l'accouchement est un acte sexuel (Odent, 1990; Buckley 1990) et je suis tout à fait d'accord.

Mon fils est né chez moi. C'est mon choix, très personnel et réfléchi. Faute de sage-femme ou de médecin correspondant à mes croyances, j'ai opté pour la simple présence de mon conjoint.
Personne ne touche à la sexualité des hommes.
Personne ne touche à la sexualité des hommes. Ne touchez pas à la mienne. « Toute personne a droit à la reconnaissance et à l’exercice, en pleine égalité, des droits et libertés de la personne, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe... » (article 10 de la Charte).
Si cela correspond à mes croyances, d'avoir une femme (doula, amie, cousine...) présente à mon accouchement (ou à tout autre moment dans ma sexualité), alors, cela m'appartient. Selon la Charte, ma liberté de conscience et d'opinion (article 3), ma dignité (article 4) et ma sexualité (égalité en matière de santé, article 86) sont des droits fondamentaux.
Alors, la présence d'une doula à mon accouchement est-il illégal?
Il existe une loi paternaliste et désuète qui suggère que l'accouchement est « réservé »...
Réservé à qui?
Réservé à moi, la femme, j'espère!
Eh bien, non! Le Collège des médecins et l'Ordre des sages-femmes sont les seuls autorisés à « pratiquer un accouchement spontanée ».

L'article 6 de la Loi sage-femme n'autorise pas les femmes à choisir une amie, une cousine, une doula ou un conjoint pour prendre soin d'elles; seuls les professionnels peuvent « surveiller et évaluer  la grossesse, le travail, l’accouchement » et « pratiquer un accouchement spontanée » .
Mon accouchement. Mon corps. Mon bébé. Mon vagin. Ma sexualité. Mon intimité. Ma dignité.
Un accommodement raisonnable.

Selon la Commission des droits de la personne et de la jeunesse, "l’accommodement raisonnable est un moyen utilisé pour faire cesser une situation de discrimination fondée sur le handicap, la religion, l’âge ou tout autre motif interdit par la Charte. L’accommodement raisonnable est une obligation. "
Il est discriminatoire que je ne puisse jouir de ma sexualité selon mes croyances et il est discriminatoire que je doive me soumettre à un accouchement supervisé par un spécialiste si cela enfreint ma dignité. Puisque la Commission des droits de la personne et de la jeunesse stipule que mes droits prévalent sur les lois et un accommodement raisonnable est une OBLIGATION, il est donc fondamental que toute femme ayant des valeurs et croyances autres que d'accoucher avec une sage-femme ou un médecin puisse obtenir un accommodement raisonnable.

Mon accouchement, ma sexualité

Chaque femme doit pouvoir choisir pour elle-même en matière de sexualité. La contraception et l'avortement appartiennent maintenant à la femme. Qu'attendons-nous pour rendre l'accouchement aux femmes?

Selon les études présentées par le Conseil du statut de la femme, lorsqu'il n'y a pas le libre choix de la femme en matière d'avortement (avortement illégal), celle-ci est en danger. Il en va de même pour l'accouchement. Lorsque la femme n'a pas le libre choix en matière d'accouchement, son vagin et sa dignité sont en danger.

En attendant qu'accoucher redevienne un acte légalement réservé à la femme, un accommodement raisonnable doit me permettre d'accoucher selon mes croyances, avec la personne de mon choix.

Jamais une personne (doula, amie, cousine...) ne devrait être coupable de sa présence à l'accouchement autonome d'une femme.




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Références :
BUCKLEY Sarah. 2008. Gentle Birth, Gentle Mothering, Celestial Arts Publisher, 352 pages.
Collège des médecins, Québec, http://www.cmq.org/publications/index.aspx, consulté le 20 octobre 2016.
Charte des droits et liberté de la personne C-12, Commision des droits de la personne et de la jeunesse, Québec, http://www.cdpdj.qc.ca/fr/droits-de-la-personne/responsabilites-employeurs/Pages/accommodement.aspx et http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/ShowDoc/cs/C-12 , consulté le 20 octobre 2016.

Loi sur les sages-femmes, Québec, http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/ShowDoc/cs/S-0.1/, consulté le 20 octobre 2016.
ODENT Michel. 1990. Water and sexuality, Penguin Books, 160 pages.
Ordre des sages-femmes du Québec, http://www.osfq.org/, consulté le 20 octobre 2016.

mercredi 5 octobre 2016

Notre école de quartier s’appelle Nakasuk





J'écris lentement, mes doigts sont encore glacés, je reviens de ma marche santé, Petit-Choux dort lové dans mon amautik, j'ai surestimé la température, le ciel clair me laissait entrevoir un espoir de chaleur, les fossés glacés ont trahi le soleil qui regarde la Terre d'un œil trop oblique pour réchauffer les pôles. Été comme hiver, ici au Nunavut, mes mitaines sont essentielles à ma survie!
Pour satisfaire la curiosité d'une amie fascinée par le Nord canadien, je suis allée photographier l'école des enfants. Il s'agit de l'hexagone blanc au toit rouge, sur cette photo, juste à côté de la cathédrale anglicane en forme d'igloo.


Notre école de quartier s’appelle Nakasuk. Voici quelques faits à propos de celle-ci :

1. Tous les mois de septembre, afin de satisfaire (et saturer) les parents bien intentionnés qui meurent d’envie de s’impliquer (moi), ceux-ci sont invités à quatre événements : la marche Terri Fox, la lecture d’un livre dans la classe de son enfant, le « Squich in de gym » où toute l’école s’entasse dans le gymnase pour lire en même temps et la soirée « Rencontrez votre enseignant » où chaque classe ouvre ses portes aux familles.

2. Parmi les nombreux enseignants de l'école Nakasuk, il y a des personnes âgées. « Ce ne sont pas tous les enseignants qui sont des aînés, mais tous les aînés sont des enseignants », explique une affiche dans l'école. Les valeurs traditionnelles inuites reconnaissent l'importance de « l'école de la vie » et le savoir des gens du troisième âge. Moi, je trouve cela beau! (clin d'oeil à mes grands-parents exceptionnels)


3. Cette école n'a rien de particulier... sauf sur la porte d'une classe de deuxième année, on peut y lire en grosses lettres : « Désolé pour le bruit et le désordre, mais nous sommes en train d'apprendre »; et au lieu d'enfants assis à des pupitres, en rang d'oignons, ils prennent place autour de petites tables rondes; et toute l'école participe au programme d'une demi-heure d'activité physique quotidienne (car, les études - et les mamans! -  sont unanimes sur les bienfaits de faire bouger les enfants); et chaque soir, chaque élève amène un livre à la maison; et mes enfants y apprennent deux langues étrangères (anglais et inuktitut); et la maternelle est à temps partiel; et ils y découvrent la culture locale avec émerveillement; et...

L'école Nakasuk n'est pas parfaite. Mais mes enfants y sont bien. Quand on me demande combien de temps nous comptons y rester, je me dis que la Terre est trop immense... pour ne voir que ça!


vendredi 9 septembre 2016

La Femme et l'Accoucheur

Voici un récit philosophique sur l’accouchement, inspiré de mes merveilleuses rencontres estivales...

Description des personnages :

L'Accoucheur :

Un « Accoucheur », c'est le terme utilisé sur les formulaires québécois d'acte de naissance pour désigner la principale personne présente pour « accoucher » une femme. Au Québec, la vaste majorité des accoucheurs sont des médecins, sauf pour environ 2% des naissances où ce sont des bachelières sagefemmes et quelques poussières dont l'accoucheur est le conjoint, une amie ou une bonne étoile.

La Femme :

Dans son sens large, un être humain aux chromosomes XX; le genre « féminin », celui qui a des ovaires, des seins, un utérus, un vagin et une vulve. La Femme, dans son sens libéré; celle qui croit en l'égalité entre l'homme et la femme, qui peut choisir la carrière ou la maison, qui peut être autonome financièrement, enfanter le nombre d'enfants qu'elle veut et gérer sa sexualité elle-même – du plaisir à la conception, à la mise au monde de ses enfants, au respect de soi – selon sa conscience et ses valeurs.


Conversation entre la Femme et l'Accoucheur


L'Accoucheur :

Félicitations pour ce beau bébé! Félicitations pour ton accouchement! Mais dis-moi, pourquoi n'es-tu pas venue me voir? Pourquoi avoir pris le RISQUE d'accoucher seule, chez toi?

La Femme :

J'y ai pensé, durant les neuf derniers mois, j'y ai pensé plus que vous ne pouvez vous l'imaginer, Accoucheur, à venir vous voir en accouchant. Cependant, j'ai aussi réfléchi aux nombreux risques que j'ai pris récemment : celui de me baigner dans des rivières, alors que, tous les étés, des gens s'y noient; celui de prendre ma voiture, alors que les accidents de la route sont si nombreux; celui d'accoucher seule, alors que mon corps a su comment unir un ovule et un spermatozoïde, implanter un œuf, le diviser de la manière parfaite pour créer un placenta, un petit cerveau, des membres, des organes... pourquoi mon corps qui a su accomplir un si merveilleux travail durant quarante semaines flancherait-il, tout d'un coup, lors de la mise au monde de ce nouvel être?


L'Accoucheur :

Je t'écoute, Femme. Je vois que tu as infiniment confiance en toi. Mais n'est-ce pas insouciant de ne pas croire en la MÉDECINE MODERNE?

La Femme :

Je suis de votre avis à propos de la médecine moderne, cher Accoucheur : j'ai la certitude que celle-ci est incroyable et porte dans ses bras tous les jours des cancéreux, des accidentés, des guerriers... La médecine moderne est merveilleuse! Et, je vous le jure que, si je me casse le bras, que mon enfant est gravement malade ou que j'en ressens le besoin en accouchant, je vous contacterai. Cependant, mon expérience et mes recherches me laissent croire en un nouveau paradigme de la naissance, où mettre au monde ses enfants n'est pas un acte médical, mais avant tout un acte sexuel, qui, par conséquent, est profondément intime.


L'Accoucheur :

J'ai assisté des centaines de naissances dans ma carrière, je connais le mot INTIMITÉ. J'ai pu observer comment certains accouchements progressent rapidement lorsque certaines femmes s'isolent dans la salle de bain ou sous la douche. Je te jure, j'aurais respecté ton intimité, j'aurais été le plus discret du monde, lorsque tu bâtissais ta bulle d'accouchement. Ne me fais-tu donc pas CONFIANCE?

La Femme :

Votre confiance est douce à mon cœur. Elle m'a bien préparé à mon accouchement et c'est avec confiance que j'ai accouché. La même confiance dont j'éprouve envers toutes les autres fonctions physiologiques de mon corps : digérer, m'endormir, réguler ma température, maintenir ma pression artérielle, accoucher... Et, si la femme en santé, celle dont toutes ses fonctions physiologiques fonctionnent bien, avait surtout besoin de cette confiance-là, celle en elle-même?


L'Accoucheur :

Tu veux dire, Femme, que tu crois que la vaste majorité des femmes est capable d'accoucher PAR ELLE-MÊME? Ne crois-tu pas qu'il y a des raisons évidentes pour lesquelles les accouchements ont lieu aujourd'hui dans les hôpitaux, ou du moins avec une sagefemme?

La Femme :

Je suis une Galilée des temps modernes qui ose remettre en doute ce que l'on tient pour acquis. L'histoire des accouchements au Québec[1], les nouvelles connaissances que nous avons sur les hormones de l'accouchement[2], l'amélioration des conditions d'hygiènes de nos sociétés modernes[3] et l'expérience de naissances non perturbées[4] nous mènent vers un nouveau paradigme des naissances, celui des accouchements autonomes.


L'Accoucheur :

Et ton conjoint? N'y as-tu pas pensé à SES PEURS de l'accouchement? À sa détresse lorsqu'il voit sa femme en douleur.

La Femme :

Comme vous avez raison, cher Accoucheur : accoucher est loin d'un geste anodin.

J’ai vécu un accouchement intense, mais la douleur de l'accouchement n’a jamais été supérieure à ce que mon corps de femme ne pouvait supporter et la nature m’a offert de doux repos d'endorphine après chaque vague puissante. Plus qu'une série de contractions de l'utérus, accoucher est une série de relâchement de celui-ci.

Et puisque l'homme-conjoint est présent dès le début de la conception d'un enfant, au plus profond de l'intimité de la femme-qui-crée-porte-et-accouche, dans la nudité mutuelle, n'est-ce pas normal que la naissance ait lieu dans cette même intimité? Est-ce l'homme qui sentira le bébé pousser dans son vagin pour en sortir? Est-ce ses abdominaux et son abdomen qu'on coupera, avec la plus grande minutie du monde, pour y sortir l'enfant, en cas de pépin? Est-ce à l'homme que l'on demande de montrer son pénis, timide et sacré, telle la vulve, devant des médecins lors de la mise en monde de ses enfants, lui qui a été impliqué sexuellement dès le commencement? Vous savez, si l'on demandait aux hommes de montrer leurs organes génitaux, comme on demande aux femmes de se mettre à nu, ils se lèveraient debout, regarderaient leurs amoureuses dans les yeux et diraient : « Mon amour, suis-moi, nous allons avoir notre enfant dans la même sensualité et grandeur que celle lorsque nous avons créé ce petit être. Depuis que le monde est monde, la femme sait. »


L'Accoucheur :

Chère Femme, notre conversation m'amène à de grandes RÉFLEXIONS... Dans notre monde moderne où l'éducation et l'autonomie sont à la portée de chacun, aujourd'hui, je t'offre mon titre. Soit une Femme-Accoucheuse, soit l'Accoucheur de toi-même. Mais, n'oublie jamais d'apprendre à nager avant d'aller à la rivière et d'apprendre à conduire avant de prendre la route. Bonne route.

« La sécurité ne se vend pas dans les supermarchés.

La sécurité existe à l’état pur, c’est toi qui te la donnes.

Pour une fois dans la vie, tu deviens l’artisane de toi-même.

Danielle MERCIER,  Au fil des jours – propos d’une sagefemme, p.51



[1] RIVARD, André, L’histoire de l’Accouchement au Québec, édition Remue-Ménage, 2015
[2] BUCKLEY, Sarah, Gentle Birth, Gentle Parenting,
[3] ST-ARMAND, Stéphanie, Séméiologie des accouchements.
[4] ODENT, Michel, Naître et renaître dans l’eau et autres ouvrages

mercredi 1 juin 2016

Juin approche. Et la chaleur?

Iqaluit à 23 h, dernier jour de mai. Même à 3 h de la nuit, une lueur éclaire la ville.

Quinze enfants,
dans le fossé,
juste à côté de ma maison,
les mitaines dégoulinantes,
tentent de faire flotter des bateaux artisanaux et quelques brindilles.
La chaleur approche, un peu : la neige fond, lentement.
Quinze enfants jouent dehors à deux pas de chez moi.
Quinze.

Ils sortent d’où, tous ces enfants iqalummiut?
Ma dernière randonnée en ski de l'année, mai 2016
C'est peut-être parce que le Nunavut enregistre le plus haut taux de natalité au Canada (3,3 enfants par femme, contre 1,7 comme moyenne nationale. Statistique Canada, 2009)
ou parce qu'un règlement municipal interdit de clôturer son terrain privé...
les enfants sont partout!
Partout.
Et c'est tant mieux.

L'été est dans l'air.
Je me corrige, pas tout à fait "l'été",
car, sur la mer, la glace résiste encore au temps doux (à la grande joie des amateurs de plein air et de chasse).
Cependant, les enfants,
eux,
ressentent les changements de saison
et les vivent à fond.

Le soir, après le souper et les devoirs, les terrains de jeux sont plus grouillants de vie que jamais. C'est peut-être la faute à la clarté de l'été, qui ne donne jamais envie d'aller se coucher. Ou peut-être que les fesses des écoliers n'en peuvent juste plus d'être clouées aux bancs d'école et que tous attendent avec impatience les vacances. Une seule chose de certaine : les bottes de caoutchouc dans les flaques, les enfants ne sont jamais aussi heureux qu'à la fonte des neiges.

Lequel de ces quinze "morveux" a osé raconter des histoires de Mahahaa (légende inuite) à un de mes enfants et lui faire faire des cauchemars? Devinez c'est qui mon(ma) peureux(se)?

Affiche sur le babillard, à l'épicerie, vraiment amusante... mes enfants l'adorent. Traduction: SVP, ne jetez pas vos mégots de cigarette au sol. Les corbeaux les ramassent pour fumer et nous voudrions qu'ils arrêtent. Alors, ne jetez rien par terre!

 

mercredi 18 mai 2016

Mon fils aîné était présent à mon accouchement

Croquis ďAndréann Larouche pour le livre "Ma mère, c'est la plus forte".


Vos enfants dormaient-ils chez vous lorsque vous avez accouché?

Si cette idée peut paraître étrange, voire marginale, certaines cultures n'ont pas toujours eu ce tabou. « En effet, Mead (1928) a observé qu'aux îles Samoa, en Polynésie, les enfants avaient accès à la sexualité (…) par exemple, voir une naissance ». (Drapeau et Cloutier, 2008: 28)



Voir sa maman accoucher
Est-ce que, pour MA famille, un accouchement familial est une option?

Personnellement, avant d'être mère, je ne m'étais jamais vraiment positionnée sur la question. Je ne voyais pas le besoin d'avoir des enfants près de soi lorsqu'on crie notre vie, couchée sur le dos; ni d'opposition à celles qui s'y sentent à l'aise. Mais, accoucher, ce n'est pas « crier »! Encore moins s'aliter! Qui a dit que c'était ÇA, accoucher?! Pourquoi faudrait-il que maman « souffre » en accouchant?  C'est faux! Accoucher, c'est fort, INTENSE, grand et merveilleux, aussi. Il y a autant de façons d'accoucher que de femmes! Et comme faire l'amour, accoucher, ça peut être intime et merveilleux!



Mon fils aîné a été présent à mon accouchement
Enceinte de bébé numéro 2, ça m'est passé par la tête, une réflexion, une fois, que mon grand de 2 ans 1/2, s'il voyait le bébé sortir, comprendrait tout. Qu'accoucher calmement était à ma portée! J'avais l'impression que tout serait tellement plus simple si j'accouchais à domicile, avec mon enfant, parce que celui-ci n'avait jamais dormi ailleurs, dans cette nouvelle ville sans parenté à proximité et avec comme amitié des mamans déjà bien occupées par leurs propres enfants. Mais aussi, parce qu'on avait regardé « Orgasmic Birth » et que de voir des naissances dans l'eau, sur des ballons d'accouchement ou dans une cuisine, n'a rien de traumatisant – même si, en général, « comme tous des mammifères, la femme s'isole, se cache pour donner naissance. » (Odent, 1990)



Un livre pour expliquer et rassurer
La poupée accoucheuse que j'ai tricoté pour mes enfants.

J'ai illustré, très maladroitement, un petit livre pour expliquer tout cela à mon fils. Des mots simples, des exemples à sa portée et le principe de base de l'accouchement physiologique (Buckley, 2008) : « Ne dérange pas maman, il faut réduire l'adrénaline lors d'un accouchant. » – Heureusement, quelque temps plus tard, j'ai rencontré Andréann Larouche qui m'a proposé d'illustrer cet album jeunesse, mes croquis ont ainsi été rangés au placard afin de publier un "vrai" livre.


Prêt ou pas prêt?
Certaines familles, certains enfants, certains grands, sont prêts à vivre un accouchement familial, chaque famille est unique. Personnellement, j'ai ressenti que mon bambin avait tout compris lorsqu'on m'a prêté le film « Guerilla Midwife »: le film débute avec un éclairage tamisé, une femme dans son bain, des bougies, des fleurs qui flottent sur l'eau, la femme semble dormir, se reposer, se laisser bercer par son rêve... mon fils dit alors: « le bébé va naître. »


Et voilà, un bout de mon histoire…
La version finale du livre, publié de manière indépendante en 2014.

En cette semaine mondiale de l'accouchement respecté, je vous offre la version électronique de mon livre gratuitement, car j'aimerais que les enfants et les grands de partout sachent qu'accoucher, c'est important. Tant sur le plan physique, psychologique et émotionnel, ça nous marque, ça nous transforme, c'est fort, accoucher, et ça mérite le respect. Pour obtenir votre exemplaire électronique gratuit, inscrivez-vous mon blogue www.cynthiadurand.ca ou envoyez-moi un message cyn.durand@gmail.com.
Au plaisir!

Cynthia!



Cliquez ICI pour des idées familiales en attendant bébé.



Le saviez-vous? La plupart des accompagnantes à la naissance (doulas) offrent des services « d'accompagnement à la fratrie ». Elles sont spécialisées pour répondre à leurs questions, leur expliquer la naissance, les rassurer, être présentes pour les enfants lors de l'accouchement...

Références :



BUCLEY, Sarah J. 2008. Gentle Birth, Gentle Mothering, Celestial Arts.
DURAND, Cynthia. 2014. Ma mère, c'est la plus forte, indépendant cyn.durand@gmail.com, Iqaluit.
ODENT, Michel. 1990. Naître et renaître dans l'eau, Presse Pocket, Paris.
CLOUTIER, Richard et DRAPEAU Sylvie. 2008. Psychologie de l'adolescence, 3e édition, Gaëtan Morin Éditeur – Chenelière Éducation, Montréal.



DVD
Guerilla Midwife. 2004. un film de Déjà Bernhardt, Bali
Orgasmic Birth : The Best-Keep Secret. 2009. un film de Debra Pascali-Bonaro



mercredi 11 mai 2016

(Pré) léminaire

Cette photo est vraiment précieuse. Merci de respecter la Loi sur les droits d'auteur et de toujours citer la provenance d'une image ou d'un texte que vous partagez. 

Je suis retombée par hasard sur un grand moment de ma vie... il y a plus de quatre ans, déjà...

Une nouvelle vague. Une vague à laisser couler en moi, comme celle qui atteint doucement le rivage. Je fais de mon mieux pour rendre agréables toutes sensations physiques : je pense à l'eau.


Fin de la vague. Silence pur et simple. Seul l'éclat de la lune et quelques bougies illumine la pièce. Dans ma maison calme et vide, je me suis rendormie.


Une autre vague. Trop intense, celle-là. J’ai agrippé le lit, j’ai vocalisé une douce berceuse, je murmurais « sors bébé, sors. » J’ai compris à ce moment-là pourquoi on demande parfois des analgésiques pour soulager le travail, et j’ai pensé à mes deux amies qui ont récemment eu des bébés avec la confiance en leur force de femme plutôt qu’aux drogues. J’ai compris que cette intensité est dure à accepter, c’est pour ça qu’on veut la fuir. Mais, est-ce parce qu’on peut, qu’on doit? Cette intensité, c’est la vie qu’on tiendra dans nos bras dans quelques secondes. La vie, belle, forte et puissante. Ce que j'aurais aimé, à ce moment-là, c'est une personne à qui donner la main; mais j'étais seule. J’ai parlé à mon bébé. Il n’y avait que lui et moi pour faire ce travail.

Fin de la vague. Comme je me sens bien, belle, forte, puissante, je me rendors.

Vague. Respirer, m'ouvrir, respirer, m'ouvrir. Ce sont les seuls mots que j'avais en tête. Puis cette image de mon utérus, de ces millions de fibres musculaires qui se serrent de tous côtés. J'avais lu quelque part que cette phase d’intensité vient juste avant le grand moment, j'ai fermé les yeux.

Fin de la vague. J’ai mis mes doigts dans mon vagin, j’ai touché la tête de mon bébé, il était tout près, prêt à quitter son nid, exactement comme la nature l’avait prévue. Je lui répétais « sors bébé, sors. » Mon vagin s’ouvrait comme une fleur. Mon bébé était presque là, je suis retournée dans le bain.
Vague. J’ai poussé une première fois et senti un grand soulagement, le bébé était un peu plus bas. L’eau chaude était agréable. Plock, ma poche des eaux a cédé d’un coup dans le bain.
Fin de la vague.
Vague. Je me suis laissé aller complètement à ce moment, ce fut la douce sensation de détente complète lorsqu’il me fait l’amour, les hormones de l'orgasme, mon vagin qui est de la parfaite taille pour cette petite tête.
Fin de la vague.
Vague. Je n'avais qu'envie de pousser, de pousser plus fort. J'ai accoté mon pied sur le côté du bain pour avoir toute ma force, et doucement, la tête était là. Vague. Je me suis tournée à quatre pattes, et ce fut la poussée finale, une grande finale. J’ai serré mon bébé contre ma poitrine, il était tout rose, je l’ai massé vigoureusement pour entendre son premier cri.

« J’ai appris que les êtres humains sont des mammifères. Tous les mammifères se cachent, s’isolent pour mettre au monde leur progéniture. Ils ont besoin d’intimité. Il en est de même pour les êtres humains. Il faut constamment se référer à ce besoin d’intimité ». Michel Odent

samedi 23 avril 2016

Je pense à vous



Mes chers amis et familles du Sud…

Depuis mercredi dernier, je suis quelque peu nostalgique. Je vous explique : j'avais une soirée entre amies, ici à Iqaluit. Avant de m'y rendre, j'ai contacté ma sœur jumelle dans le Sud, et ses amies étaient rassemblées chez elle, pour une soirée de filles similaires. Le problème, c'est que, ses amies, au fil du temps et des partages, sont devenues les miennes, aussi. Et j'ai eu le coeur gros de ne pas être avec vous, ce soir-là, dans le Bas-du-Fleuve, pour échanger, rire, pleurer, chanter, et rire encore.

Le problème, c'est que, le Nord, même si aucun arbre n'y pousse, s'enracine au fond de notre coeur. J'aime les gens avec qui je parle de couture et de chasse. J'aime la richesse du partage des cultures, les concours de construction d'igloo et de dépeçage de phoques. J'aime aller vendre les bouteilles vides en motoneige. J'aime vivre dans cette ville sans centre d'achat ni McDonald. Ni autoroute ni train. Ni stress ni presse.

Et dans cette capitale nordique où tout est à proximité, je suis tellement heureuse, car il va de soi que mes enfants et mon conjoint viennent dîner à la maison en semaine et qu'un deuxième véhicule serait superflu. Et on invite nos amis dans notre salon au lieu de sortir. Et on colle notre famille autour d'un bon film au lieu de sortir. Et on coud un manteau neuf au plus grand qui ne cesse de pousser au lieu de sortir. Et simplement, on devient ami avec le silence.

J'aime les enfants du voisin qui vide mon sac de pommes après l'école. J'aime les enfants au château de neige qui donne la main de ma fille lorsqu'elle tombe. J'aime les enfants qui sont au chaud dans l'amauti de leur maman et sourient. J'aime les enfants qui viennent me chercher pour que je danse avec eux au spectacle d'Élisapie Isaac. J'aime les enfants qui sont partout. Partout les bienvenus.

Et j'aime la neige d'avril. Celle qui entraîne une fermeture d'école toutes les semaines et la fermeture de la ville, aussi. Cette neige qui nous donne accès au territoire entier, aux lacs, à la mer, à la toundra, durant la longue saison de froid. Celle qui permet aux enfants de jouer à la guerre des tuques et de faire des buts de hockey dans la ruelle.

Malgré tout, même si j'adore ses aurores boréales et son froid rafraîchissant, quand vous me dites comme c'est doux, la verdure de Boucherville ou de Rimouski, mon coeur craque, car « chez moi », c'est encore mon Québec natal, et il me vient des moments où j'aimerais être près de vous et que j'aimerais entendre mes enfants rire dans les bras de leurs grands-parents près de la Métropole québécoise. Sachez que je pense à vous, amis et famille. Que j'y pense tout le temps. Même avec les 2000 km de vol d'oiseau qui nous séparent, je pense à vous. Pardonnez-moi de ne pas écrire plus souvent, d'être avare de mes belles photos, de ne pas passer plus de temps au Sud. Pardonnez-moi.

Il parait qu'on donne des racines et des ailles, à nos enfants. Et, ce sont des racines fortes, qui nous amènent à nous envoler, plus haut, plus loin.

On se voit bientôt. Je pense à vous.
Love.
Cynthia xx

dimanche 10 avril 2016

Un blizzard par semaine

Un blizzard par semaine, depuis plus d'un mois, ça fait une bonne moyenne.
Bon bin, on va rentrer chez nous et économiser l'eau!

"April 10, 2016 - 12:05 P.m.
On behalf of the City of Iqaluit:

Public Service Announcement
For immediate release

Municipal services suspended

(Iqaluit, Nunavut) – The City of Iqaluit would like to advise residents that the city is suspending all municipal services until further notice, due to severe weather conditions.
Fire, ambulance and police services will be provided unless it is deemed unsafe and/or impossible to do so; delays can be expected.
Citizens are advised to stay off the roads due to reduced visibility, high winds and unsafe road conditions.

If you are not currently home, we highly recommend you go home and remain there until the severe weather conditions we are currently experiencing return to normal.
Owners of vehicles left on the road and impeding traffic during the snow-clearing operation can be fined and have their vehicles removed and impounded under local and territorial legislation. The City will not be responsible for any property damage in these circumstances.

Citizens on trucked services are asked to reduce their water consumption and waste water output.
For updates regarding the status of municipal services, please call the blizzard line at 979-5300.
This Public Service Announcement remains in effect until further notice."


 - Iqaluit Public Service Annoncement, Facebook.









et

Alertes pour : Iqaluit

Alertes/avertissements

13h35 HAR le mercredi 20 avril 2016
Avertissement de blizzard en vigueur pour :
  • Iqaluit
Il y a ou il y aura du blizzard avec des vents soufflant en rafales et une période continue où la visibilité sera presque nulle sous la neige et dans la poudrerie.

Une forte dépression s'est déplacée sur le sud de l'île de Baffin aujourd'hui et a généré de dangereuses conditions de blizzard sur le secteur.

À Iqaluit et à Kimmirut, de la forte neige et des vents forts du sud-est avec rafales à 90 km/h réduisent la visibilité à nulle. À Pangnirtung, les conditions se détériorent rapidement tôt ce soir avec des vents d'est qui devraient souffler en rafales à 110 km/h et la neige qui se déplace sur la ville. Les conditions s'amélioreront graduellement au cours de la nuit à Iqaluit et à Kimmirut et jeudi matin à Pangnirtung.

À Cape Dorset, la visibilité s'est généralement améliorée pour la soirée. Toutefois, à mesure que le système se déplacera vers le nord sur le bassin Foxe jeudi matin, les vents du nord-ouest se renforceront à 60 km/h avec rafales à 80 km/h et le blizzard recommencera. Ce second épisode de blizzard à Cape Dorset cessera finalement tôt vendredi.

On prévoit des accumulations totales de 10 à 20 cm de neige sur l'ensemble du sud de l'île de Baffin d'ici la fin de la journée de jeudi.
On peut s'attendre à des conditions routières extrêmement dangereuses en raison d'une mauvaise visibilité généralisée. Les déplacements à l'extérieur ne sont pas recommandés. Si vous devez prendre la route, informez quelqu'un de votre horaire et de votre destination, et apportez une trousse d'urgence et un téléphone cellulaire. Si vous êtes perdu, demeurez où vous êtes jusqu'à ce que le blizzard se dissipe. Évitez les activités à l'extérieur.

Un avertissement de blizzard est émis lorsque l'on prévoit que les vents produiront de la poudrerie réduisant la visibilité à 400 mètres ou moins de façon généralisée durant au moins 6 heures.

Environnement Canada.
https://meteo.gc.ca/warning/report_f.html?nu13#1928227341118072185201604190501ww1676cwnt