mercredi 24 décembre 2014

Je ferme mon ordinateur


Cuisiner une bûche, écrire des cartes de Noël, bricoler des guirlandes en maïs soufflée, lire des contes de Noël, fabriquer mon propre papier d'emballage, tricoter des poupées aux enfants...

Voici la liste (non-exhaustive) de tout ce que j'aurais aimé faire avant le grand Jour. Avec les enfants, l'allaitement, le lavage de couche, la popote quotidienne et tralala, Noël est arrivé à une vitesse folle, et mes priorités ont dû changer.

Ouf, on a heureusement eu le temps d'accueillir le retour du soleil.
Il me semble que la noirceur est omniprésente.
Selon Environnement, lever du soleil pour Iqaluit: 9h 30.
Coucher: 13h40.
Voici une de nos lanternes faites à la main,
symbole des journée qui vont rallonger, un peu plus, jour après jour. Youppi!

Alors, voilà, je voulais vous souhaiter un
"Joyeux Noël"
Trop impersonnel, je sais,
mais je vous ai dans mon cœur, mes ami(s) et famille
de Senneterre, Ste-Thérèse,
Longueuil, Rimouski, Boucherville,
Lévis, Brigham, Sherbrooke, Ste-Mélanie,
St-Zénon, Montréal, Ste-Martine,
Avon,
St-Donat,
Grossensseebach,
Iqaluit...


Gros bisou,

Voilà, je ferme mon ordinateur.
Mon téléphone, aussi.

Comme la famille marmotte, on s'est trouvé une petite cachette pour passer Noël reposant.
On se reparle en 2015!!!
Cynthia xxx

mercredi 17 décembre 2014

Noël est dans l’air... et les enfants le savent!


Je ne sais pas dans votre maison, mais ici, 
je peux vous affirmer que Noël approche 
et les enfants le savent!

En fait, Noël est dans l’air…

 1-     Quand la maison de Lego se transforment en atelier du Père Noël

2-     Quand tu passes le restant de bonbons d’Halloween sur les biscuits en pain d’épice

3-     Quand la pâte à biscuit remplace la pâte à modeler.

4-     Quand le lutin-coquin a été rappelé d’urgence au Pôle Nord pour aider le bon Père Noël.

5-     Quand les enfants préfèrent porter les tuques rouges de Noël au lieu de celles tricotées avec amour.

6-     Quand la sieste des enfants (moment attendu chaque jour par maman) prend le bord pour bricoler des cadeaux de Noël. 

7-     Quand les enfants veulent aller à l’épicerie tous les jours pour remettre leur coloriage du concours de dessins… et s’en prendre un nouveau.

8-     Quand tu fais faire aux enfants du travail à la chaîne pour confectionner assez de cartes de Noël à temps.

9-     Quand les enfants orchestrent eux-mêmes l’activité de lettre au Père Noël et s’aperçoivent que leur papa n’aura pas de cadeau cette année, car ils ont oublié de passer cette commande au vieux monsieur barbu.

10- Quand les enfants s’endorment en écoutant « Au Royaume du Bonhomme Hiver ».

mardi 16 décembre 2014

I Spoke with an English Publisher!



ENGLISH version: My Mother Is the Strongest - a Homebirth Story

Thanks for your interest in the English version of “My Mother is the Strongest - A Homebirth Story”.

I’m currently working with a publisher on an English translation of the book.

While you are waiting for the published English version, I’ve created a PDF of the English translation that you can add to your French copy of the book.

http://www.viewdocsonline.com/document/41cfne




vendredi 12 décembre 2014

Mon accouchement: intensité, intimité et fierté




J'ai hésité avant de publier sur Internet mon récit d'accouchement, cela est tellement personnel.
Mais vous êtes plusieurs à me l'avoir demandé, et comme je crois que des histoires positives de femmes peuvent avoir un effet boule de neige dans le choix des femmes... voici!  


Un vent fou

Iqaluit. Un vent fou (65 km/h) fouette la maison, la neige vole de tous côtés. « Si c’est une petite fille, il faudra l’appeler Blanche! »

Mercredi soir. Quelques contractions s’installent, nous déplions une nappe et une vieille couverture sur mon matelas. 22 h. Je m’endors collée à mon chéri. Les contractions entrecoupent mon sommeil.

Dès le début, l’intensité de cette naissance m’impressionne. 23 h. Le bébé va naître cette nuit.
L’environnement est parfait : mon amoureux tendrement amoureux, les enfants dans un sommeil profond, la chandelle dans la salle de bain…

Tout m’est passé par la tête

  • Ouf, elle est vraiment intense, celle-là.
  • Respire doucement.
  • « Sors, bébé, sors »
  • Une minute, juste une minute, ce n’est pas long, une minute.
  • « Si on leur donnait le choix, les femmes accoucheraient très calmement, très humblement. » (sagesse inuite tirée du livre de B. O’Brien)  

Je me suis trompée

Je songeais à « Ma mère, c’est la plus forte »… j’avais omis la page dont la mère est submergée par les vagues, dont les vagues deviennent vraiment folles et intenses, dont la mère doit travailler très très fort, dont la mère doit s’accrocher, même si elle chavire…

Je me suis trompée en pensant que cet accouchement serait à l’image du précédent, qu’il serait rapide, qu’il serait doux, qu’il ressemblerait aux accouchements rêvés et accompagnés…  
Quand j’ai réalisé que tous les rythmes sont possibles, que cet accouchement serait unique et que l’intensité serait bel et bien présente… soudain, je me suis sentie beaucoup moins brave.

Mon bébé n’est pas né cette nuit-là.

Le soleil se lève. Jeudi. Une journée lente, parsemée de contractions irrégulières. Incapable de manger ou de sortir de la maison. Recherche de confort.

Bébé a 36 semaines de gestation. Doit-il naître maintenant ou tout ce travail s’arrêtera? Je n’avais plus aucune attente. Hum, mieux valait annuler mon « blessingway » qui se tenait ce soir-là.

Mes grands ont joué merveilleusement toute la matinée et des amis extraordinaires en ont pris soin en après-midi et pour le souper. Au retour à la maison, ils ont demandé: « Est-ce que le bébé est né? » Ils se sont couchés sans un mot.

Mon amoureux

Prise 2. Nuit de jeudi à vendredi. Nous nous couchons collés l’un contre l’autre, sur les airs de Fred Pellerin. 21 h. Les contractions reviennent aux 3 chansons.

Je me rappelle lorsque mon chéri m’a dit : « t’es belle! »
Et aussi, « une à la fois. »
Et lorsqu’il a su faire silence, aussi.

Je me rappelle la douceur de l’eau qu’il versait sur mon dos dans notre bain trop étroit.
De sa main chaude au bas de mon dos, à l’endroit exact où ça soulage tout.
Et de ses caresses,
De sa douceur,
De son calme,
De sa patience,
De sa présence,
De son amour.
Il a été merveilleux.

L’intensité m’a surprise

C’est le début le pire. On oublie la force, on idéalise, on se dit qu’on l’a déjà fait… Pourtant, l’intensité est… intense. Cette nuit, je ne voulais m’épuiser comme la précédente. Je suis restée couchée… jusqu’à ce que je sente le besoin de m’agenouiller à côté du lit. Une contraction à la fois, je m’agenouillais puis m’allongeais de nouveau lorsque celle-ci s’évaporait. Quel calme, je me rendormais, je crois.

Une autre solution

Être à genoux, avoir la main de mon amoureux dans le bas du dos, être aimé… plus rien ne suffisait. Comme j’ai regretté de ne pas avoir commandé une piscined’accouchement. Un petit pas à la fois, je me suis rendue au bain. Là non plus, je n’étais plus bien. Dans notre maison parsemée de vieilles couvertures et serviettes, je me suis rendue au salon, me tenant debout appuyée sur une chaise.

J’avais envie d’être seule, sans personne à qui me plaindre, sans personne tout court. C’est là, avec moi-même, que j’ai poussé, comme pour aller à la selle. La poche d’eau a éclaté d’un coup sur le sol. Mon chéri m’a rejointe. Quelques minutes plus tard, j’ai poussé la tête. 3 h du matin. La contraction suivante, le corps tout entier est sorti tout seul, d’un coup, dans les mains de papa qui a dit « c’est un petit gars! »

Je me suis assise sur le divan, j’ai pris le bébé, il a pleuré, il était réveillé. J’ai demandé qu’on aille réveiller les enfants. C’était un merveilleux accouchement familial.

Je suis tellement fière de moi, de nous.
De son calme, de sa patience.
De mon calme, de ma patience.

Les heures suivantes

Ce n’est pas parce que le bébé est né que l’accouchement est terminé.
Les enfants sont retournés se coucher et, dans mon lit, j’ai mis mon bébé au sein. Il était encore relié à moi. Comme je le souhaitais, nous attendrions au moins 4 heuresavant de couper le cordon.

Le placenta est né une heure plus tard. Nous l’avons déposé dans un saladier à côté du lit. Au petit matin, c’est en famille que nous avons attaché le cordon ombilical et mon grand l’a coupé. J’ai gardé une empreinte du placenta, comme l’a dit une amie: « C'est tellement riche de sens. »



Épilogue

Environ 28 heures sont passées de la première grosse vague à la naissance. Pourtant, je n’ai jamais senti que c’était trop. Le deuxième soir de travail, j’ai cherché à l’intérieur de mon cœur pourquoi le bébé n’était pas né la veille. J’avais confiance et cherchais le sens de cette phrase de la sage-femme Karine Langlois exprimé dans un contexte où la femme accouche dans toute sa puissance…

« La femme est responsable de l’issue de son accouchement. »


Bibliographie:
O’BRIEN, Berverly, Birth on the Land – Memories of Inuit Elders and Traditional Midwifes,Arctic College, Iqaluit, 2012 (traduction libre)

DURAND, Cynthia, Ma mère, c'est la plus forte - une histoire sur la naissance, autoédité, Iqaluit, 2014, 32 pages.

LANGLOIS, Karine, http://www.karinelasagefemme.com/
  

dimanche 7 décembre 2014

Première sortie en amauti.



Photo prise lors de la dernière semaine de novembre: le soleil se lève à peine sur Iqaluit.
L'an dernier, lors de la Parade du Père Noël, tout le monde se rappelle qu'il faisait très froid. Alors, cette année avec son -21° (-28 de ressenti), tout le monde s'est réjoui du temps doux!
Première balade en amauti pour mon choux,
bien emmailloté dans la doudou que grand-maman a tricotée. 
Comme nous avons eu chaud, mon trésor et moi, ainsi collés!
Vive ces merveilleux manteaux du Grand Nord! 
Avez-vous remarqué le traineau du Père Noël... c'est un qomatiq!


Un petit extra... pendant qu'on parle d'amauti...

Merci à Mélanie Frigon d'avoir accepté de partager ces images de portage de jumeaux!!!
Les bébés ont environ 3 mois.
N'est-ce pas génial?



Pour voir plus d'images
de mamans portant leur enfant dans un amauti;
Visiter ce superbe site Internet: http://amautibaby.com/mombaby/


lundi 1 décembre 2014

Né au salon

Aujourd'hui à Iqaluit,
Température ressenties de -55
Visibilité très réduite.
Écoles fermées en après-midi.

Temps pour se coller.
Coller notre lutin de Noël... arrivé en novembre. 

Je vous parlerez de sa naissance bientôt:
comme lors de sa conception,
un superbe moment vécu en tête à tête avec l'homme de ma vie.

Né au salon, alors que les bougies achevaient,
et que nos grands dormaient à poings fermés.


mercredi 26 novembre 2014

En attendant bébé : 10 préparatifs en famille


  1. Jouer à la sage-femme ou au médecin
Mes enfants adorent « faire semblant ».
Jouer à la poupée ou avec leur trousse médicale les occupe pendant des heures.
Ils jouent même à l’accouchement !


  1. Aménager un coin « bébé »
Ouvrir les boîtes de pyjamas de bébé et de couches lavables.
Trier, plier, (re)découvrir la petite girafe qui fait squik-squik…


  1. Lire Mon bébé et fabriquer un "bogolan" malien
Un magnifique livre : une femme enceinte parle à son bébé. À mesure que son ventre grossit, elle peint une petite couverte traditionnelle (le bogolan) inspirée la moucheture du léopard, par le sifflement de l’iguane, par l’odeur de la fleur du calebassier… À l’avant-dernière page, elle donne naissance à son bébé entourée de trois femmes.

(WINTER, Jeanette. Mon bébé, Gallimard Jeunesse – Folio Benjamin, Paris, 2001 ; titre original : My Baby, 32 pages, dès 3 ans.)


  1. Faire du yoga prénatal
Parce que ça fait du bien de bouger, de s’étirer, de se détendre.
Chez moi, on utilise un DVD et chacun peut se concentrer sur ses exercices
(ou aller jouer au salon !)


  1. Cuisiner des petits plats à congeler
Des fèves au lard, de la soupe aux pois, des cannellonis, de la sauce à vol-o-vent… L’inventaire de mon congélateur ne fait que commencer. On sait que, lorsque bébé naît, maman doit se reposer, donc, ce sont des petites douceurs pour soi-même.

  1. Préparer des cadeaux pour notre bébé
Ici, les bricolages font partie de notre quotidien.
Dessiner, peinturer, coudre… Il n’y a pas de limites à la créativité.


  1. Lire Ma mère, c’est la plus forte et découper les poupées-cartons thématiques.
Une livre sur l’accouchement à domicile : Au lever, un enfant va retrouver sa maman enceinte. Il s’informe sur la naissance éventuelle du bébé... Plus tard, papa explique que maman a besoin de calme, de repos… Cette nuit-là, maman sera comme une ourse polaire : la plus forte.  

(DURAND, Cynthia et Andréann LAROUCHE. Ma mère, c’est la plus forte – une histoire sur la naissance, auto-édité, Iqaluit, 2014, 32 pages, dès 3 ans.)


  1. Aménager un coin « accouchement »
Des chandelles et des allumettes, l’appareil-photo avec des piles neuves, des tresses de coton artisanales pour clamper le cordon ombilical, une gourde d’eau, du jus, des couvertures, une bouillotte…
À installer sur la table de chevet de maman ou dans une petite valise selon le scénario d’accouchement prévu. Peut-être prévoir aussi une petite valise pour les enfants…



  1. Découper des lingettes
Pour les reflux, les petites mains, les fesses…
Avouons-le, des débarbouillettes, on n’en a jamais trop.
Alors, récupérons les vieux t-shirts de la famille et découpons-en pour les fins et les fous !


  1. Peinturer, crémer ou mouler la bedaine de maman
Juste pour le plaisir, pour célébrer ce bébé qui s’en vient, pour laisser aller sa créativité, pour communiquer avec notre bébé qui aime tant les massages de bedaine…



mercredi 19 novembre 2014

Amautik

(Photos de ma collection personnelle, comme toutes les autres de ce blog)...
MERCI de respecter les droits d'auteur :)

Photo de ma puce, bien emmaillotée, il y a 3 ans...
et maintenant, c'est son tour de porter son cher bébé!

Petite anecdote à propos de ce petit amauti blanc:

               Il y a quelques années, alors que j'habitais à Yellowknife, je ne connaissais pas tellement les amautiit. En effet, le porte-bébé "amauti" est une invention inuit et les autochtones de Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest) sont majoritairement des Dénés.
               À l'époque, une de mes soeurs s'était procurée un amauti sur Ebay, coud par une femme de Yellowknife (www.amautibaby.com). Lorsque j'ai vu passer celui-ci pour enfant sur un site de petites annonces de Yellowknife, je l'ai offert à mes neveux et nièces. Je n'avais qu'un bébé à l'époque...
               L'autre jour, on reçoit un petit colis du Québec avec ce petit amauti blanc qui nous revient!!! Il est de la taille exacte pour ma fille qui adore jouer avec les poupées et les porter!!!! Elle l'a porté toute la journée. Elle y glisse "Nathan" et se promène dans la maison "pour le consoler",  comme elle dit.


Amauti ou amautik?
Les langues inuites ont été fixées que récemment à l'écrit. Alors, selon la région, les dialectes diffèrent.
Un exemple... 
Dans la chanson "Tête épaule genoux orteils",
"orteils" (putuguq) s'entend "pou-tou-gou" chez les enfants d'ici (région de Baffin).... ou peut-être est-ce mon oreille qui a besoin de s'habituer à cette langue étrangère...

lundi 17 novembre 2014

Vive la feutrine!

Environ -10, -15, ces jours-ci de novembre...
Quand c'est nuageux et que la neige tombe doucement, ça va.
Quand le vent se lève, la température ressentie descend autour de -30.
Ça n'empêche pas les enfants d'adorer l'hiver. 
Ils glissent, creusent, s'inventent des histoires.
Ils ont hâte de faire de la motoneige! zooom!

Moi, j'ai envie de prendre ça mollo.
Je mets mon DVD de yoga et ceux qui veulent m'accompagner font de la gymnastique à mes côtés.
Et il y a ce livre sur des projets en feutrine qu'on m'a prêté cet été.
Aiguilles, fils à broder et feutrine.
Une superbe activité pour les petites mains!

Alors, j'ai commencé un kit pour jouer à la sage-femme.
J'aimerais bien vos idées d'objets pour garnir la trousse de la sage-femme...

Petite puce et ma petite voisine voulaient se faire des chats...
On a la tête pleine de projets pour le sapin de Noël.
Vive la feutrine!

dimanche 16 novembre 2014

Poupée "naissance" tricotée avec amour



Poupée "naissance" tricotée avec beaucoup d'amour.
Le bébé peut entrer dans le ventre de la maman, naître, puis être allaité.
Iqaluit. Novembre 2014. Cynthia
Adoptée par des accompagnantes à la naissance de Québec. Merci!

mardi 11 novembre 2014

Une journée de plein air au Sud-Est d'Iqaluit

Iqaluit, capitale du Nunavut, novembre 2014

Trois facteurs influencent nos sorties en mer :
  • La marée
  • La météo marine (surtout le facteur éolien)
  • La disponibilité de nos hommes
Lorsque ces trois facteurs sont favorables, on prépare un petit sac à dos d’expédition, on sort de la viande congelée et des patates, on enfile nos ensembles d’hiver.
 
Après une vingtaine de kilomètres en mer et seulement un phoque à déclarer, nous jetons l'encre dans une petite baie.
 
Les femmes du Nunavut sont merveilleuses avec les enfants. Elles rajustent leurs mitaines, elles les prennent sur leurs genoux, elles leurs offrent à manger…
 
Cependant, aujourd’hui, ce ne sont pas les femmes qui prennent soin des enfants… armées de leurs pelles à jardin et de leurs bottes d’eau, nous allons ramasser des amomayut pendant que la mer est à son plus bas niveau. Les amomayut sont des mollusques à coquille blanche (on dit aussi clams; palourdes, je crois...). Leur apparence et goût se rapproche des moules. Sur le sable mouillé, on les repère grâce à de petits trous qui leurs servent à respirer. Alors, hop! Il faut creuser très vite, avant que le petit animal marin s’enfonce plus rapidement dans le sable ou nous échappe en glissant dans une autre direction.

Par cette froide journée de novembre, nous suons sous nos parkas à creuser avec telle énergie. J’en ai déterré quatre!

J’ai aussi appris beaucoup à propos des algues marines : celles que l’on peut consommer, la partie la plus tendre, lesquelles choisir… comme tout ce qui vient de la mer, ce sont des supers-aliments à consommer crus ou bouillis.

Une superbe journée en plein air, sans incident majeur… à l’exception de mon fils qui a eu une urgence – pipi – en haute mer…
 

 

lundi 3 novembre 2014

Changement d'heure

À son retour à la maison, mon grand s'est écrié « Maman, aujourd’hui, je suis allé à l’école très longtemps parce qu’il faisait noir quand je suis sorti! »

Alors, le changement d'heure qui a eu lieu en fin de semaine vous a affecté?
Devinez à quelle heure j'ai pris ces photos en ce premier lundi de novembre?





Réponse: Photos prises à 15h 45, à Iqaluit, Nunavut.

dimanche 2 novembre 2014

L’accouchement d’Iriook, Arctique, 1940


Iriook et son nouveau-né,
page 90-91 de la version du livre Agaguk ci-mentionné.



Avez-vous lu Agaguk, ce classique de la littérature québécoise se déroulant dans le Grand Nord dans les années 1940? Voici un extrait de l’accouchement d’Iriook, femme d’Agaguk :

 « Ce fut d’abord un mal lourd venu des tréfonds de l’être, quasi imperceptible à l’origine. Iriook s’était raidie dans l’attente, mais la douleur était morte aussitôt, alors elle respira profondément. Ses doigts crispés sur la peau de caribou s’étaient à peine détendus que de nouveau le mal reprenait aux entrailles avec plus d’acuité. Alors elle gémissait faiblement, incapable d’étouffer en elle ces longues plaintes qui appelaient Agaguk.
Puis tout se taisait et le silence s’établissait dans l’igloo.
Du dehors ne venait que le sourd rugissement du vent, étouffé par les parois épaisses de l’habitation de glace.
            Et ainsi, pendant longtemps pour Iriook, s’établirent les alternances de paix et d’enfer. Agaguk assistait impuissant à cette lutte. »
(Yves Thériault, Agaguk, p.85)

Ensuite, ce chapitre « dégénère ». Yves Thériault suppose qu’Iriook accouche couchée, il suggère qu’Agaguk est si désemparé qu’il bat sa femme, il parle de « souffrances », de « douleurs continuent »...


Si Yves Thériault avait été une femme inuite…

En lisant les mémoires des grands-mères inuites nées dans la toundra et qui ont grandit avec un mode de vie encore nomade, les accouchements de cette époque semblent très différents de celui d’Iriook. 
Tiré de Birth on the Land – Memories of Inuit Elders and Traditional Midwifes ( O’Brien, 2012), voici l’avis de femmes inuites par rapport à l’accouchement (traduction libre):

L’attitude de la femme face aux contractions
« Elle a eu son bébé seule, quand tout le monde dormait. Elle a dit que c’était beaucoup plus calme, mieux et facile quand on accouche par soi-même… personne autour… dans une tente dans la nature. C’était l’été… personne n’a rien su à propos du bébé jusqu’à ce qu’ils se réveillent le matin. »

La position de la femme
« Puisque les bébés naissaient habituellement alors que la femme en travail se trouvaient dans une position accroupie et supportée, le diamètre du bassin était suffisamment large pour permettre au bébé de naître naturellement, avec l’aide de la gravité, plutôt qu’avec des mains ou des instruments de naissance guidant sa tête. Ainsi, les déchirements sévères durant l’accouchement étaient rares. »
  
La facette "normale" et saine des accouchements
« Un accouchement est quelque chose de naturel. Ce n’est pas quelque chose que tu as à bâtir, comme un gros immeuble coûtant six millions de dollars, parce qu’une grossesse n’est pas une maladie. C’est quelque chose de vraiment, vraiment sain. Et sa finalité, on doit la voir comme une finalité saine. »

Les déchirements dû à l’accouchement
« Certaines sages-femmes attribuent les périnées intacts à l’activité physique de la mère tout au long de sa grossesse et au fait qu’elle accouchait de plus petits bébés (saine alimentation et exercice). »

Le nécessaire à une naissance
« Tout ce que tu as besoin est un lit, peut-être même pas de lit. Peut-être un banc de naissance, peut-être une chaise... Si on donnait le choix à une femme, elle le ferait vraiment calmement, vraiment humblement. »

Le continuum de la vie
« La naissance et la mort étaient des événements entièrement intégrés à la vie en nature. Les aînés transmettaient leur expertise, rituel et croyance aux générations nouvelles par tradition orale. »




Note:

On peut se procurer le livre de Beverly O'Brien sur le site www.arcticcollege.ca


Références:

O’BRIEN, Berverly, Birth on the Land – Memories of Inuit Elders and Traditional Midwifes, Arctic College, Iqaluit, 2012 (traduction libre)

THÉRIAULT, Yves, Agaguk, éditeur Les Quinze, coll. Québec 10/10 Montréal, 1981, p.85)

vendredi 31 octobre 2014

J'aime l'Halloween


Des petites mains qui cuisinent des "doigts de sorcières"...
Une matinée de préparatifs...

Une grenouille et un pirate qui passent joyeusement de porte en porte,
La générosité des gens,
Les sourires des enfants.


mardi 28 octobre 2014

A chacun son projet


Autour de la table, ce matin, à chacun son projet... 
un bricolage de fusée par ma petite fée, 
une poupée en laine par maman 
et une épée de pirate pour chasser les fantômes,
car la nuit des citrouilles approche...


Libre de créer, de manipuler, d'apprendre...

Les manteaux d'hiver que j'ai tracé, découpé et coud pour mes enfants

samedi 25 octobre 2014

Lettre à mon bébé à naître


Illustration tiré du livre "Ma mère, c'est la plus forte"

Cher bébé,

Je pense beaucoup à toi,
et à te sentir gigoter, toi aussi, tu ne m'oublies pas!

Dans une dizaine de semaines je serai toute à toi : de corps, de coeur et d'esprit pour ta naissance. Prends ton temps, tes organes doivent encore se développer... et tu as déjà tellement à découvrir! Tu aimes le goût de mes smooties du matin? Quand ton frère chante "le pudding à l'Arsenic"? Quand ta soeur s'écrase la tête sur ma bedaine pour te sentir bouger? Tu le reconnais, papa, quand sa grosse main chaude se pose sur toi au coucher?

Je sais, mes journées sont bien occupées. Parfois, je semble t'oublier... mais nous restons connectés l'un à l'autre. Quand je danse avec ton frère et ta soeur, c'est avec toi aussi que je danse. Et quand je leur lit "l'autobus magique" pour une unième fois, c'est pour toi aussi que je m'arrête.

Ici, tout le monde a très hâte de te voir... ils promettent de bien prendre soin de toi et se pratiquent avec leurs poupées. Ta soeur met des couches à son "bébé", lui caresse les cheveux et le transporte dans son porte-bébé. Ton frère veut prendre soin de maman lors de l'accouchement: m'amener un toutou et me faire couler un bain. Ils en savent beaucoup sur la naissance et les bébés; ils seront de merveilleux grands frère et soeur.

Ici à Iqaluit, la saison des aurores boréales a commencé, il fait déjà froid et la neige recouvre la toundra. Mais toi, tu es bien au chaud et tu ne te soucis guerre de nos nuits qui tombent vers 17 heures ou des vents qui me réveillent en pleine nuit. Tu es là, adossé du côté gauche de mon ventre, les fesses en l'air, plein de vie et d'amour. Ma peau étire, mon bassin étire, je sens la fatigue... mais ce ne sont que minuscules inconforts pour pouvoir vivre cette grossesse avec toi.

Dans une dizaine de semaines, tu devras quitter ce petit nid douillet, mais tu ne seras pas seul. C'est toi qui choisira le moment, je te fais confiance. Moi, comme une petite chatte qui se trouve un coin tranquille et sait parfaitement comment donner la vie, j'écouterai mon instinct et je respirerai chaque vague doucement afin de laisser mon corps s'ouvrir. Je serai là pour toi.
Prends ton temps. Et quand tu seras prêt, fais signe, mon bébé. Je t'attends.

Ta maman,
Cynthia

Ce que j'aime de cette image de Ma mère, c'est la plus forte, c'est que,
même si la maman est enceinte jusqu'aux oreilles,
elle est encore rayonnante et sexy. Aujourd'hui, je me sens un peu comme cette maman...
Illustration d'Andréann Larouche www.demilunes.co 

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"Ma mère, c'est la plus forte", un livre pour déconstruire nos peurs face à l'accouchement

"Ma mère, c'est la plus forte", un livre pour déconstruire nos peurs face à l'accouchement
"C'est l'histoire de la naissance de ma petite soeur" Mat - fils de l'auteure

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