vendredi 4 juillet 2014

Une journée à l’imprimerie


J’éteins la sonnerie de mon téléphone et vérifie l’heure. Vingt minutes d’avance et, dans mon estomac, des papillons timides sortent de leurs cocons. Nervosité d'une entrevue ou d'un premier rendez-vous... je suis désormais une femme d'affaires et je vais assister à la mise sous presse de mon livre. Mon premier livre!

Terrebonne, la journée est merveilleuse. L’endroit est propre, élégant. On me propose un fauteuil en attendant mon représentant aux ventes. Dans le coin de la pièce, sous une lumière permettant de scruter les détails d’une image graphique, j’aperçois la couverture de mon livre imprimée plusieurs fois sur un large carton 12 point lustré, tel que demandé. C’est la première fois que je vois les aquarelles d’Andréann couchées sur du papier, elles sont parfaites.

L’homme me propose de vérifier l'épreuve, puis me tend un stylo pour l'approuver. Je lis attentivement chaque mot, inspecte la qualité des couleurs, les contours des illustrations… Je repense à ma conversation récente avec ma chère amie linguiste :

- Peux-tu vérifier avec moi cette règle de française avec moi, s'il vous plait.
Toujours aussi convaincue de l’importance de la langue, elle ouvre son ouvrage sur les difficultés de la langue française et me confirme que ma réviseure a raison.
- Cynthia, des tonnes de personnes l’ont révisé, il faudra que tu finisses par le lâcher, ton livre.

Oui, le lâcher, le faire imprimer, l’assumer.

Il est temps de donner le « O.k. de presse », de poser ma signature. Je remarque sur la couverture la chatte brune qu’Andréann a pris soin d’ajouter au fil des illustrations; cette chatte qui a mis bas à la page neuf de l'album et qui donne le ton à l’intimité de l’accouchement à domicile de l'histoire.  


Vue du haut des immenses cartouches de la presse
(les couleurs primaires et le noir)
Je griffonne mon consentement en bleu, puis le responsable du document m’indique qu’il sera de retour dans environ une demi-heure. Quoi! Je dois attendre de l’autre côté de la porte! J’ai amené un roman pour patienter, mais les papillons dans mon ventre dansent : on imprime mon livre! C’est vrai! Et il est trop tard pour reculer ou changer quoi que ce soit. Incroyable, quel grand moment! Enfin, je vais pouvoir le palper, le toucher, le sentir.

Mais, coup de Judas, je suis dans l’usine même et l'on me demande d’attendre de l’autre côté de la porte. Je me suis déplacée jusqu’ici pour voir naître ce long travail, pas pour languir passivement dans une salle d'attente! Dès que le préposé réapparaît afin que j’approuve l’intérieur du livre, je m’assure de retourner dans l’usine avec lui.

Chacune des "cartouches" d'encre :)
Vue de côté
Règle de sécurité, vérification, autorisation... 
Odeur de peinture, énorme machine et ventilation puissante.
Cyan, magenta, jaune et noir. 
Quatre couleurs, quatre rouleaux. 
Une plaque grise de la grandeur d’une affiche et la presse qui imprime mon livre à une vitesse folle. Mon livre, comme c’est excitant!

Il va falloir le couper, le relier, le mettre dans les boîtes, passer le ramasser. Bientôt, ça sera le lancement, une grande fête pour célébrer ce nouveau bébé!
Quelle belle aventure!

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