vendredi 19 septembre 2014

L’accouchement à domicile

Pour moi une source d’inspiration, ma chère Amie a été la première personne que je connaisse à avoir un accouchement à domicile calme et serein. Merci Amie pour le partage de cette précieuse photo d’une naissance très intime.
Merci de respecter les droits d'auteurs (photos + texte)


L’accouchement à domicile demeure une option méconnue qui suscite plusieurs peurs et préjugés. Sur différents forums de la Toile, la question revient régulièrement

« Les filles, pourquoi choisissez-vous l’accouchement à domicile? »

Spontanément, j’ai envie de leur répondre :

« Parce qu’une grossesse et un accouchement ne sont pas une maladie. »
« Parce qu’un accouchement à domicile est une des plus grandes et belles choses au monde! » 
« Parce que les bébés devraient naître exactement là où ils ont été conçus. »

Puisque ces cris du cœur ne parviendront peut-être pas à toutes vous convaincre, j’ai cru intéressant de faire un bilan des éléments nécessaires à un accouchement naturel et des récentes données sur l’accouchement à domicile afin que vous constatiez vous-même pourquoi cette pratique est un choix judicieux pour la femme en santé.


Les conditions optimales pour un accouchement naturel

  1. Un environnement où vous êtes à l’aise d’aller aux toilettes ou d’avoir une relation sexuelle.
« Les sphincters sont des zones timides » — Ina May GASKIN, sage-femme
Le vagin et la vulve ne s’ouvriront qu’avec un consentement profond d’une femme qui se sent à l’aise dans l’endroit où elle se trouve et avec les personnes l’entourent. Sa propre chambre à coucher et la salle de bain peuvent donc faciliter l’ouverture et le laisser-aller pour la naissance de son bébé.

  1. Un sentiment de sécurité.
Chez vous, vous sentez-vous en sécurité? Si vous entendez des bruits inquiétants autour de la maison durant la nuit, votre corps générera des hormones de stress de la famille de l’adrénaline, hormones qui nuisent au sommeil comme à l’accouchement. Le sentiment de sécurité (conscient ou inconscient) est essentiel au processus naturel de l’accouchement
La notion de sécurité varie d’une société à l’autre, d’une époque à l’autre, d’un individu à l’autre. Bien que l’hôpital semble souvent procurer une certaine sécurité, rappelez-vous qu'un « hôpital est un environnement aliéné pour la plupart des femmes, dans lequel les routines institutionnalisées et le manque d’intimité peuvent contribuer à un sentiment de perte de contrôle. »  — The Royal College of Mifwives U.K.

  1. Être informée sur l’accouchement.
Garder en tête qu’accoucher est un travail exigeant. Que lorsqu’on se laisse aller au processus, chaque contraction est suivie d’un relâchement (les cycles ocytocine -endorphine de l’accouchement). L’accouchement est victime de beaucoup de mythes et de préjugés transmis par les médias (ex. : scène d’urgence), des études désuètes, un souvenir collectif d’une autre époque… Lisez Une naissance heureuse d’Isabelle Brabant, visionnez L’arbre et le nid de Valérie Pouliane, familiarisez-vous avec des témoignages positifs comme ceux du livre Au cœur de la naissance
« Si l’on donnait aux patientes tous les détails concernant les taux de mortalités et de morbidités reliés à la césarienne, la plupart des femmes se lèveraient, sortiraient et auraient leur bébé sous un arbre. » — Dr Dermot W. MACDONALD
En vous informant sur les données récentes à propos de l’accouchement, vous constaterez que le risque zéro n’existe pas et l’accouchement à domicile est un choix raisonnable et sécuritaire.

  1. Un état mental en harmonie avec le processus.
Avoir une perception positive de l’accouchement, de ses sensations et de son intensité fait toute la différence. Comme pour s’endormir le soir, si vos pensées vagabondent, vous ne parvenez pas à vous abandonner au processus du sommeil. Le cerveau est sensible à la suggestion (placebo, visualisation, hypnose, phobie, stress…)
« Que vous croyiez être capable de faire une chose ou non, vous avez raison » — Henry FORD
Accepter la force des contractions au lieu de lutter contre envoi un puissant message au corps afin que le travail de l’accouchement progresse… À leur domicile, les femmes savent qu’elles doivent faire confiance à votre corps qui a merveilleusement bien fait le travail depuis neuf mois.


Des données sur l’accouchement à domicile… et la « notion du risque obstétrical »

Contrairement à certaines sociétés anciennes, notre société véhicule une culture de la peur autour de l’accouchement. Pourtant, des années de recherches ont démontré les effets pervers des technologies, engendrant souvent une escalade d’intervention plutôt que de favoriser le processus normal et sécuritaire qu’est l’accouchement. On sait aussi l’importance des conditions de vie sur la sécurité de l’accouchement.


L’importance des conditions de vie
À l’échelle de la planète, « la majorité des décès périnatals, 99% des bébés et 98% des mères, ont lieu dans des pays en voie de développement, où les femmes n’ont pas accès à des services de santé de base. »


Canada
Afghnistan
Classement mondial selon ses conditions de vie
9e
160e
Décès lié à la grossesse de la femme
1 sur 11 000
1 sur 23
Mort infantile (0-5 ans)
1 sur 167
1 sur 4 (pratiquement chaque femme perd un enfant)
Malnutrition
-
1 sur 3
Accès à l’eau potable
Virtuellement 100%
27% (L’allaitement devient alors essentiel)
Présence d’un professionnel formé à l’accouchement
Virtuellement 100%
14%
Nombres d’années de scolarisation formelle
16 ans
4 ans
Tirée du rapport Woman on the Front Line of Health Care- State of the World's Mothers 2010 produit par l'organisme indépendant Safe the Children.



Étude récente sur les interventions périnatales
(pour le même type de clientèle à bas risque)

Suivi sage-femme en maison de naissance
Suivi médical et accouchement en milieu hospitalier
Hospitalisation en cours de grossesse
3,3%
10,3%

Bébé prématuré
2,9%
5,7%
Utilisation de forceps,
1,4%
4,1%
Utilisation de ventouse
1,7%
10,2%
Épisiotomie
5,8%
32%
Césarienne
10,8%
19,8%
Tiré de l’Évaluation des projets pilotes de la pratique des sages-femmes au Québec 1997


« Nous vivons dans la culture du risque, la culture de la peur et rappelons-nous que la notion du risque obstétrical a été inventée aux États-Unis. Nous sommes un peu dans cette approche, en obstétrique et je vous mets en garde, intervenant, médecins de famille, obstétriciens, accoucheurs et sages-femmes, de faire très attention à cette musique du risque et de la peur; car elle n’est pas sans « dommages collatéraux » : nous assistons à une perte de confiance de toute une génération de femmes en leur capacité d’accoucher simplement. » - Dr Vinia JIMINEZ


Par Cynthia Durand, www.lasaisondumammouth.blogspot.com, septembre 2014



Références :

BRABANT Isabelle, Une naissance heureuse: bien vivre sa grossesse et son accouchement, Édition Fides, Montréal, 2013 

BLAIS Régis et Pierre JOUBERT, Évaluation des projets pilotes de la pratique des sages-femmes au Québec, Université Laval, 1997.

BUCKLEY Sarah, Gentle Birth, Gentle Mothering, Editions Celestial Art, Australie, 2009. 

GASKIN Ina May, Spiritual Midwifery, 

PASCALI-BONARO Debra, Orgasmic Birth: The Best-Kept Secret, Sunken Treasure LLC, Californie, 2008. 

Regroupement Naissance-Renaissance, Maternité et intelligences citoyennes, Montréal, 2012. 

Safe The Children, Woman on the Front Line of Health Care- State of the World's Mothers 2010, www.savethechildren.org, PDF SOWM-2010-Women-on-the-Front-Lines-of-Health-Care, 2010.

The Royal College of Midwives, Evidence Based Guidelines for Midwifery-Led Care in Labour, Royaume-Unis, section "Birth Environnement", 2012; d'après une étude de Lock and Gibb 2003.


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