dimanche 20 décembre 2015

Plus que 5 dodos avant Noël

Notre train de Noël en bois encercle le Pôle Nord et la forêt des animaux.

Vents du nord-ouest de 40 km/h.
Températures stables près de moins 35.
Nouvel ensemble d'hiver que j'ai fait (environ 15 heures)
Refroidissement éolien extrême de moins 54.
(Iqaluit, 20 déc. 2015, Environnement Canada)


Journée parfaite pour
faire de la couture et
bricoler un petit village de Noël.
(Cette année, notre sapin mesure
6 pouce et est en papier.)

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Et, suivez La méMère, qui recommande notre livre dans son guide d'achat:
http://www.lamemere.com/guide-achat/preparer-son-enfant-a-la-naissance-par-la-lecture/      

vendredi 18 décembre 2015

Iqaluit en décembre

"Joyeuses fêtes" dans les quatre langues officielles du Nunavut.


Ces jours-ci, mes amis facebookiens partages des photos d'aurores boréales, de parhélies et de décorations de Noël illuminées. C'est pour oublier la série de -40 que l'ont vient de traverser. En fait, c'est une excellente nouvelle, cette vague de froid, car la mer a enfin eu la chance de geler et nous prévoyons une petite balade en motoneige ce week-end.

Je n'ai pas eu le temps d'écrire de cartes de Noël, ni de décorer. Heureusement pour les enfants, j'ai les cadeaux entreposés dans le haut de ma garde-robe depuis que le bateau-cargo Valleyfield-Iqaluit a jeté l'encre près nos rives arctique, il y a trois mois.

Sortir de sa zone de confort... Voici quelques clichés de nos visiteurs qui ont marché sur la Terre de Baffin pour la première fois:







jeudi 3 décembre 2015

Accoucher chez soi, simplement et dans l’eau

Rencontre avec Emmanuelle

Photo de la collection personnelle d'Emmanuelle. SVP respectez la Loi sur les droits d'auteur (comme pour tout le contenu de ce blog) et n'utilisez qu'avec la permission de la concernée.


J'ai rencontré Emmanuelle l'été dernier, alors qu'elle portait son cinquième enfant. En tant que passionnées, nous avons parlé d'accouchement sous toutes ses couleurs : naturel, fort, libre, intense, dans l'eau, sauvage, familial…Quelques mois plus tard, j'ai eu la grande nouvelle de savoir qu'elle avait réalisé un accouchement libre, à domicile et dans l'eau!


                               « Accoucher sans assistance médicale, ce n’est pas 
                               agir par quelque obstination excentrique, mais avec 
                              la FORCE naturelle et le caractère sacré qui jaillit 
                              d’une confiance inébranlable dans le processus de la VIE. »      - Emmanuelle

Emmanuelle, quand as-tu désiré accoucher dans l'eau pour la première fois?

Depuis ma première grossesse. En fait, je ne voulais pas accoucher à l’hôpital, j'avais terriblement peur de cette option. Quand je rentre là, j'ai la nausée, j'angoisse, je ne me sens pas du tout bien. Je sais que ça vient du temps où j'étais petite et je devais aller à Ste-Justine régulièrement pour une maladie chronique. Donc, je me suis informée sur d'autres alternatives, je faisais des recherches sur l'accouchement dans l'eau, quand je suis tombée par hasard sur les maisons de naissance (MDN) avec sages-femmes. Je ne savais même pas que ça existait au Québec. J'ai pris rendez-vous, j'ai été charmée par la visite, les chambres de naissance avec un bain dedans. J’ai demandé un suivi et j’ai tout de suite souhaité accoucher dans l’eau.

Alors, tes cinq enfants sont nés dans l'eau?

1er accouchement. Quand mon travail a débuté et que je suis arrivée à la MDN, j’ai tout de suite demandé à aller dans le bain. Après plus d’une heure trente de poussée dans l’eau, les contractions s’espaçaient, l’eau chaude ralentissait mon travail, alors mes sages-femmes m’ont demandé de sortir du bain pour que je m’installe dans le lit, j’étais déçue, mais je me suis souvenue d’un passage du livre d’Isabelle Brabant qui disait que, parfois, l’on doit sacrifier une position plus confortable pour une position plus douloureuse, mais qui est plus efficace pour faire avancer le travail, alors, j’ai accepté de sacrifier l’eau que j’aimais, qui me faisait sentir trop bien, pour que mon accouchement se poursuivre. Mon premier amour est né dans le lit. 

Pour diverses raisons, les sages-femmes m'ont également demandé de sortir de l'eau à mon 2e accouchement et 3e accouchement. 

À la 4e grossesse, j’ai pu pousser mon bébé dans l’eau. L’eau: l’endroit où je me sens si bien. J’ai vraiment aimé cette expérience. La seule chose qui manquait était… être chez moi. 

5e accouchement : j’ai pu enfin vivre un rêve : accoucher chez moi, simplement et dans l’eau. Ce fut un accouchement simple, merveilleux, naturel, normal et je me sentais si bien!

D'où est née l'idée d'un accouchement non assisté (ANA)?

L'idée d'un accouchement non assisté est née à la base d'une frustration, d'une déception en lien avec le fait que je n'étais pas admissible pour un accouchement à domicile, étant hors territoire de la MDN depuis mon déménagement. Je crois fermement qu'une femme en travail ne devrait pas se déplacer si elle n'en a pas envie, elle devrait pouvoir accoucher là où elle veut, avec qui elle veut et le faire selon ce qu'elle sent.

Ce fut un long cheminement. À ma 5e grossesse, je ne pouvais plus taire cette voix hurlant à l'intérieur de moi, je DEVAIS accoucher chez moi, je ne pouvais pas supporter l'idée que ça soit autrement que dans ma maison, avec mon amoureux, entourée de mes enfants. Je me suis alors préparé pour un ANA, j'ai beaucoup lu, j'ai rencontré des femmes extraordinaires qui l'ont vécu, qui ont pris le temps d'écouter mon désir, qui m'ont appuyée là-dedans. Mon conjoint et moi en avons beaucoup parlé et nous étions vraiment prêts à cette éventualité. C'était un choix éclairé. Finalement plus tardivement dans ma grossesse, j’ai rencontré deux sages-femmes reconnues par l'Ordre, qui étaient prêtes à m'assister à domicile comme elle le font pour les Québécoises qui habitent sur le territoire d'une maison de naissance. J'ai poursuivi ma route avec elles, je leur en suis éternellement reconnaissante d’avoir entendu mon désir. Mais, je n'arrivais pas à faire taire cette voix puissante à l'intérieur de moi, ça sortait de mes tripes, je voulais le vivre. Je continuais à m’informer, à lire des récits d’ANA, à visionner des vidéos, etc. J'ai laissé ça planer un peu...
"Je ne me suis jamais sentie aussi féminine et libre qu’à ce moment-là"

Et le jour venu…

Le jour venu, je me sentais tellement bien, dans mon élément qu’à ce moment précis, je voulais le vivre ainsi, avec les personnes les plus importantes dans ma vie.
C’était devenu comme une évidence, je me sentais en totale confiance en la vie. Je n'ai pas senti le besoin d’appeler qui que ce soit, même pas un accompagnateur pour les enfants ou une sage-femme (comme il était convenu, j'avais beaucoup cheminé et je me sentais en sécurité et bien auprès de mon conjoint). Nada. Rien. Un désir seulement: faire ça avec mon amoureux et ne pas déstabiliser le quotidien de mes enfants. Alors je me suis écoutée totalement et entièrement, sans aucune contrainte. Juste moi, mon instinct, mes hormones, mon corps, mon bébé et ma famille. Je ne me suis jamais sentie aussi féminine et libre qu’à ce moment-là.

Ton bébé est né dans l'eau?

Nous avions installé une écharpe au-dessus de ma piscine d'accouchement pour que je puisse m’agripper. Cette écharpe fut un outil fantastique. C’était vraiment génial. J’avais d’un côté mon homme, mon pilier dans cette tempête, je pouvais me laisser molle sur lui ou m’agripper à lui, comme je le sentais et me suspendre dans les airs quand j'en ressentais le besoin. J’étais donc libre de choix, de mouvements, selon ce que mon corps me dictait, selon mes ressentis. Je me sentais active dans ma poussée, plus active que mes autres accouchements. Je me sentais libre, cette liberté que tout mon corps m’appartient, que c’est moi et uniquement MOI qui accouche, sans contraintes extérieures, tout émanait de MES choix, de ce que je ressentais dans mon corps, c’était puissant, tellement puissant! Puis les sensations sont devenues plus fortes, je sentais la vague venir au loin puis la sensation de poussée ensuite. Finalement, mon bébé est né là où je le souhaitais!

Avez-vous écouté le coeur du bébé ou fait d'autres interventions durant l'accouchement?

Non, je n'ai pas senti le besoin de faire de touchers vaginaux, d'écouter le cœur du bébé, de calculer mes contractions ou quoi que ce soit d'autre. J'ai juste écouté mon corps, les sensations, mon ressenti, mon instinct, c'était tout ce que je devais savoir. D'ailleurs, j'avais fait mon plan de naissance avec mon amoureux et il savait que l'unique chose à faire était de faire exactement ce que je demandais de faire.

Comment te sens-tu face à cet accouchement?

Je suis tellement heureuse de cette magnifique et dernière naissance, qui m'a rendue plus forte envers moi-même, dans le sens de confiance en mon corps, de lâcher-prise et de laisse-aller total envers tout, envers tout ce qui pourrait... envers mes peurs, mes angoisses, envers l’inconnu… Un énorme travail a été fait, un très long processus, cheminement à travers 4 autres expériences d’accouchement, envers plusieurs rencontres de femmes merveilleuses et inspirantes, envers plusieurs recherches, lectures et documentations… il est né d’un choix éclairé….
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As-tu rencontré d'autres femmes ayant également donné naissance en famille?

Oui, quelques-unes par l'entremise d'Internet, sur des forums et lors d'un blessingway  j'ai rencontré trois femmes qui avaient vécu un ANA. J'admirais tellement les femmes qui l'avaient fait avant moi, ça m'inspirait beaucoup, mais je me disais que je n'aurais jamais ce courage. Aujourd'hui, je réalise que ce n'est pas du tout du courage, mais juste de la confiance, de la sérénité et un choix, c’est juste un désir, un désir d’instinct, de naturel, une écoute envers notre corps, notre bébé, une écoute de la vie.  Un désir de vivre une expérience en étant complètement et totalement à l’écoute de soi-même.

Félicitation Emmanuelle et 
Merci énormément pour ce partage intime et précieux.



Articles similaires:
L'ANA de Rachel
Récit de mon plus récent accouchement (Cynthia D.)
L'AAD (l'accouchement à domicile)

mardi 17 novembre 2015

Ça sera mon cadeau d'anniversaire


Juste pour le plaisir, j'ai bricolé ces marionnettes. Dimanche, je vais présenter Jacques et le Haricot magique au Francocentre d'Iqaluit. Ça sera mon cadeau d'anniversaire: m'amuser avec les enfants, les animer comme dans le bon vieux temps (dans les camps de vacances cachés au coeur de la forêt laurentienne).

L'an dernier, c'était dans ce même centre communautaire que, pour le jour de mon anniversaire, je portais un chandail rouge d'impro (alors grosse comme une baleine) et lâchait mon fou! Puis, une semaine plus tard, Bébé naissait.

Et je n'arrête pas d'y penser à cette naissance. À chaque jour qui approche de l'anniversaire de Bébé, mon coeur s'emplit de ce grand souvenir.

C'est tout, ça sera mon anniversaire, je mettrai bébé sur mon dos, comme ma maman de Jacques, dans le conte populaire, et je mettrai de la magie dans la journée!


lundi 16 novembre 2015

Quand mon amie allemande fait le détour par Iqaluit


Lorsqu’on habite dans une région coupée du monde où le seul mode d’accès est l’avion, lorsque ces précieux billets d’avion valent 2 200 $ pour l’aller-retour (soit environ un mois de salaire pour quelqu’un qui travaille au salaire minimum), eh bien, on n’a aucune attente quant à recevoir de la visite de la parenté et des amis hors de la ville. Je ne pouvais donc pas passer sous le silence la superbe semaine passée avec mon amie Astrid et Bébée, qui étaient encore sous le décalage horaire du vieux continent à leur arrivée dans la capitale nunavummiut.

Première photo : Les téléphones de l’aéroport d’Iqaluit, lignes directes pour les hôtels et taxis.

Premières impressions : « Il fait même pas froid! Ce n’est pas si dépaysant non plus! »

Première sortie en amautik : Pas sûre! Bébée reste debout, puis s'énerve.

Un tour de ville s’impose. Bord de la mer, visite à la patinoire, cathédrale en forme d'igloo, école Nakasuk, centre touristique… suivi d’un détour à Apex, notre petit faubourg iqalummiut, pour voir les vieux bâtiments de la Compagnie de la Baie d'Hudson (trace des premiers contacts des Inuits avec les Blancs) ainsi que les os de baleine boréale (chassée par la communauté en 2011) au nouveau cimetière.
Dernière photo : Expédition sur la Road To Nowhere, où l'affiche avait disparu!
Dernières impressions : « Bel endroit, mais je ne crois pas que j'y déménagerais. »
Dernière sortie en amautik : Bébée s'y est endormie. « Cynthia, as-tu un patron de ce fameux manteau? »



mardi 27 octobre 2015

Coudre et coller son costume: idées pour les enfants



"Je l'ai fait moi-même!"

Oui, oui! Trésor voulait se transformer en une boîte de céréales pour de la fête des citrouilles. Il a pris un vieux pull bleu et a collé des morceaux de feutrines en raisins secs et des lettres jaunes avec le fusil à colle.

"Bizzzzzzzz PIQUE!

Petite Abeille a découpé cinq bandes de feutrine noire collée sur un vêtement jaune. Voilà la simplicité d'un costume d'insecte, fait par un enfant de 4 ans. Les ailles sont des cintres recouverts de tissus.

"Bébé sera une poule"

Une poule? C'est mon Abeille qui fait des farces. Un perroquet pour notre bébé et celui de notre invitée européenne qui célébrera les squelettes et les sorcières pour la première fois. Par paresse, pour éviter de coudre des bords de tissus, j'ai pris de la feutrine, car ça ne s’effiloche pas!

"Nous aussi!"

Les petits voisins aussi voulaient fabriquer leurs costumes. En fouillant dans le coffre de tissus de Matante Cyntia, des capes leur ont inspiré l'idée de se transformer en vampires. Un masque en feutrine, création d'enfants de 8 et 10 ans, bricolé en 30 minutes, juste pour le plaisir...

"Nous l'avons fait nous-mêmes!"


samedi 17 octobre 2015

Imaginez faire votre épicerie pour un an, d'un seul coup…

Le Anna Desgagnés qui a passé la semaine dans la Baie de Frobisher.

Imaginez faire votre épicerie pour un an, d'un seul coup… combien de boites de macaronis achetez-vous? De rouleaux de papier de toilette? De pots de beurre d'arachides?

Puisqu'au Nunavut, le coût de la vie est cher, plusieurs citoyens n'hésitent  pas à faire une commande au « Sud » et à envoyer celle-ci sur d'énormes navires-cargo munis de grues (voir la photo ci-dessus du Anna Desgagnés). Ces mastodontes réapprovisionnent la ville de voitures, matériaux de construction, épicerie non périssable, meubles et tous autres biens qui seraient dispendieux d'acheminer par avion sur ces îles isolées du nord du Canada.

La marée haute de 20 h 00 d'hier soir a permis de ramener à terre ferme deux barges tirées par des bateaux-remorques jusqu'à la plage d'Iqaluit. Si, comme adulte, on peut se sentir dépassée d'avoir son salon envahi de conserves de tomates en dés et de petits pois, de boites de linguine et de céréales; pour les enfants, c'est Noël! Une boite après l'autre, ils ne veulent rien manquer du chocolat, des biscuits soda et des poches de farine. Ils savent que quelques morceaux de vêtements et probablement des jouets, aussi, se sont glissés parmi les boites soigneusement préparées pour remonter le Saint-Laurent jusqu'à l'Arctique.


Cette année, un ami s'est procuré un bateau pour naviguer en mer et nous avons eu la chance de voir Iqaluit d'un autre angle… mal de mer inclus.


Iqaluit vu d'un autre angle

Un énorme merci au Métro Fort St-Louis de Boucherville pour nous avoir préparé 20 kilos de gruau, 20 kilos de cassonade, 24 pots de confitures, 12 pots de beurre d'arachides, 24 litres d'huile d'olive et végétale, 3 kilos de pépites de chocolat, 60 conserves de tomates en dés, 40 conserves de pâte de tomates, 10 boites de céréales, 70 kilo de nouilles, 20 kilo de riz, etc. MERCI!!!!

Merci aussi à belle-maman pour les diverses courses de dernière minute.

samedi 3 octobre 2015

Un nouvel amautik: passer au suivant

Coucou! Bon matin! Vous ne devinerez jamais ce qui m’est arrivé...
J’étais dans un bureau du gouvernement pour régler des papiers pour Bébé Neuf. Dans le Nord, il faut savoir être patient, ne pas s’en faire et ajornamat! Puis, là, une superbe dame, le visage rond, les sourcils qui se soulèvent pour répondre l’affirmative, commence à me questionner poliment à propos de mon amautik. – Vous savez, celui que je me suis fabriqué quand Petite Puce est née, un amautik pas trop chaud, pour le « Sud », en tissus recyclés. Une épaisseur découpée dans une vieille couverte de coton et l’autre avec les petites couvertes bleues qu’ils offrent dans les avions.  – Alors, voilà, elle me sourit et m’explique : il ne faut JAMAIS coudre un amautik dans un matériel extensible. Et puis, je vais avoir froid avec ce manteau porte-bébé trop mince (même si, bébé, blotti dans mon dos, est une vraie fournaise ambulante). En effet, en ce début octobre, une fine couche de glace dans les flaques nous rappelle le besoin de bien s’habiller avant de sortir. Et puis, maintenant, regardez la photo ci-dessus… elle m’a offert un superbe amautik neuf. Noir, propre, majestueux. Fais à la main par une femme inuite de la capitale nunavummiut. Simplement parce qu’elle me voit souvent marcher avec les enfants et qu’elle est extrêmement généreuse et qu'elle souhaitait que ce manteau traditionnel à la femme serve à quelqu'un. Génial, quel privilège!!! Merci!!! Qujaqnamik!!! Nakurmik!!!
Mais, il y a un hic: à la suite à la naissance de Bébé Neuf, une amie m'a trouvé un patron et m'a aidé à coudre mon propre amautik (photo ci-dessous). Alors, j'ai hésité à accepter l'amautik noir. Puis j'ai avoué à la dame posséder un amautik plus chaud à la maison... et non fait de tissus extensibles! Timidement, je lui ai demandé si je pouvais offrir ce précieux présent à une amie enceinte. Alors, s'il est à ton goût, de tout mon coeur, chère Mé, je te l'offre. Quant à mon amautik bleu, si la petite Laura qui vient au Pôle Nord bientôt l'adopte, il sera pour elle.

À plus tard!!! Siaruktaluk!!!

dimanche 27 septembre 2015

ANA (2e partie): Des questions indiscrètes

Voici la suite de l'entrevue réalisée auprès de Rachel, qui a choisi d'accoucher à domicile. Faute d'avoir une sage-femme près de chez elle, elle a opté pour un accouchement non assisté (ANA). 


Le fils de Rachel, à environ 5 heures de vie. (Lotus birth)


Partie 1: 
http://www.cynthiadurand.ca/2015/08/choisir-daccoucher-seule-temoignage.html


Partie 2: 


Bonjour Rachel,

Lors de la première partie de cette entrevue, nous avons beaucoup parlé de la naissance de ton enfant... Quelques mois plus tard, est-ce que tu te décrirais comme une militante de l'accouchement naturel? 

Rachel: Je suis plutôt une militante silencieuse, qui fait passer un message en vivant selon mes convictions, pas vraiment en parlant.
Une semaine après la naissance de mon fils, j'ai commencé à m'impliquer dans le nouveau comité citoyen pour une maison de naissance pour Sept-Îles, Naissance boréale.



Tu aimerais la présence de sages-femmes pour ta prochaine grossesse/accouchement?


Au lieu d'avoir un suivi avec un docteur, j'essaierais peut-être un suivi de sage-femme, si je décide que j'en veux un. Je veux que toutes les femmes aient tous les choix. Si la normalisation de l'accouchement physiologique est souhaitée, il faut y avoir le plus de possibilités pour tout le monde. Chaque duo "mèrenfant" est infiniment unique et il serait impossible de croire que seul l'hôpital est capable d'advenir aux différents besoins des familles. 


Question indiscrète...
Quand tu as accouché, est-ce qu'il y a un moment où tu as vécu ce que Isabelle Brabant appelle "le mur du marathonien"? Un genre d'intensité, trop intense?
J'avais lu que lorsqu'il y avait un moment très intense, que la femme ne se sent plus capable de continuer, elle se retrouvait probablement en période de transition, juste avant la poussée.
Durant l'accouchement, j'avais constamment une conversation interne: 

  • "Est-ce que c'est trop intense? Je me parle, donc, ça ne doit pas être trop pire" 
  • "Est-ce que je peux passer à travers celle-ci? On verra dans deux minutes" 
  • "Seront-elles encore plus dures à passer au travers?" 
  • "Celle-ci était intense, mais je n'ai pas eu trop de misère."
J'attendais le mur. Je le voulais, le réclamais, car mon bébé était de l'autre côté.
Je crois que si les femmes savaient que c'est normal de se sentir à bout, qu'il s'agit d'une indication de progrès, elles pourraient se ressourcer en elles-mêmes pour passer à travers.
Je voulais le voir, ce mur, donc, il n'est plus resté "géant" comme une peur. Il s'est rapetissé pour que je puisse facilement voir l'autre côté.

Tu n'avais pas peur que ce soit illégal? Que la DPJ débarque chez toi? Que tu ne puisses pas avoir d'acte de naissance pour l'enfant?

Je savais déjà que ce n'était pas illégal (lire Mamanzine 2014), mais question paperasse, ça me stressait beaucoup. Une de mes accompagnantes à la naissance m'a ajouté à un groupe Facebook qui m'a beaucoup conseillé pour la paperasse - donc j'étais toute prête bien avant la naissance. J'ai toujours eu des difficultés avec les papiers gouvernementaux... mais, je peux honnêtement dire que cette fois-ci était probablement la moins compliquée!
Pour les jugements, les problèmes légaux à plus long terme, je me suis dit que si quelqu'un me rencontre et voit mon fils, il saura que tout est correct. Je fais confiance aux gens, en la vie. Je n'ai jamais pensé que ce que je faisais était mal pour quiconque. Je ne fais pas la promotion de l'ANA, mais si je me fais approcher par quelqu'un qui considère sérieusement cette possibilité, je suis contente qu'elle ait quelqu'un pour en discuter.
Finalement, quel conseil donnerais-tu à quelqu'un qui te dit: "J'aimerais vraiment accoucher comme toi, mais je ne sais pas si je serais capable..."

Ce n’est pas plus difficile d'accoucher dans un lieu ou un autre; il va falloir que tu accouches de toute façon. 

Les autres options sont toujours offertes à toi - tu peux toujours prendre la décision d'être transférée à l'hôpital. Il faut que tu te poses des questions: 

  • Est-ce que je me sens en sécurité seule chez nous? 
  • Est-ce que je me sens bien entourée, que j'ai le support dont j'ai besoin si je me sens dépassée? 
  • Est-ce que je me sens bien informée, que bien outillée? 
  • Est-ce que je suis prête à assumer toutes les possibilités d'un enfantement, d'accepter les risques? 

Si oui, je ne vois pas pourquoi tu ne serais pas capable. Jamais je ne regretterai mon choix d'accueillir mon bébé seule avec mon conjoint chez nous - c'était un temps si beau, une mémoire si douce, pleine d'émotions et d'émerveillement de la vie. C'est le moment dans ma vie qui me donne le plus de fierté, qui a augmenté ma confiance en moi-même de mille fois.

Merci énormément Rachel,
ton partage est précieux.
Félicitations encore.

Cynthia :)

mardi 15 septembre 2015

En famille sur la Terre de Baffin (Nunavut)



Sous notre maison, à travers les pilotis d’acier enfoncés dans le pergélisol, les enfants jouent dans leur « treehouse » - nom bien paradoxal pour une cabane d’enfants en cette île sans arbres. / Nous sommes allés à la mer voir les quelques icebergs qui gisent sur la plage à cause d’un été catastrophiquement trop froid. / Sur les berges de la Baie de Frobisher, des tracteurs-mastodontes travaillent au rythme des marées à vider l’immense bateau-cargo qui doit continuer sa route vers d’autres communautés isolées. / Avant d’actionner ma laveuse, je fais un détour dans ma salle des machines pour vérifier la quantité d’eau restante à mon réservoir d’environ 350 gallons. / Au centre des visiteurs, l’ours polaire naturalisé – animal qui a visité notre ville cet été - impressionne les enfants. / La gentille bibliothécaire - native du Nunavut - prend soin de mon bébé pendant que je termine ce billet.

Voilà pourquoi nous sommes venus nous établir dans le Grand Nord : pour permettre aux enfants de voir, goûter et vivre des expériences uniques, pour élargir leurs (et nos) horizons, pour connaître un autre rythme, une autre culture… puis juste pour le plaisir de sortir de chez soi! Certains appellent cela la « pédagogie de l’ailleurs » ou le voyage avec les enfants… Personnellement, ce petit bout de paradis est lentement devenu un lieu de travail, un lieu de loisir et, un petit peu, un autre chez-nous.

À bientôt,

Cynthia !


vendredi 7 août 2015

Choisir d'accoucher seule - témoignage

"Accoucher ou se faire accoucher?"  Cette phrase qui a pris sa popularité au Québec dans les années 1980, est-elle encore d’actualité? Pour Rachel qui a choisi d’accoucher par elle-même, OUI, "accoucher ou se faire accoucher" est le fondement même de sa vision de la naissance. Et puisqu’on lui a bien fait comprendre qu’accoucher à l’hôpital, c’était accepter de SE faire accoucher, elle a fait ses recherches, s’est informée, a démystifié l’accouchement et a choisi de mettre au monde son fils là même où il a été conçu...


Entrevue avec Rachel,
mère d’un seul enfant, né à la maison, sans assistance médicale (A.N.A.)


Photo personnelle, merci de respecter la Loi sur les droits d'auteur.


Q: Les gens en général n’ont jamais entendu parler de naissance libre (autre terme pour ANA), tu connaissais des gens qui avaient accouché en famille?
Rachel: Non! Au commencement de ma grossesse, j'ai lu le récit d'une femme qui a fait un ANA (accouchement non assisté) et je me suis dit : « Ayoye, c'est bien extrême. Chacune pour soi, mais, ce n'est pas pour moi! »
Et là, j'ai commencé à lire à propos des interventions, à propos des protocoles, à propos des femmes mécontentes (que leur accouchement leur ait été "volé" par des docteurs), à propos des droits des femmes enceintes...
Et je me suis choquée. Mon côté féministe est complètement sorti, finalement. J'ai tout le temps été féministe, mais je ne savais pas comment en parler - mais là, j'ai trouvé ma cause.
Q: Et accoucher avec ton amoureux, chez toi, te faisait peur? Tu n’avais pas peur que ton bébé meure à la naissance?
Rachel: Non, du tout. Je savais que les risques étaient plus grands que je meurs en me rendant à l'hôpital (à cause d'un accident de la route) que mon bébé décède à cause d'un accouchement à domicile.(1)
Mais, j'étais prête à accepter le fait que, la mort, ça fait partie des possibilités. Je ne voulais pas un accouchement parfait, sans aucun risque, je voulais un accouchement propre à nous.
« Je ne fais pas mes choix en pensant à mes peurs, mais en pensant à mes espoirs » (2)
Q: Comment se prépare-t-on à un tel événement?
Rachel: Je voulais que le matériel utilisé pour l'accouchement soit minime. Ce que j'ai utilisé pendant l'accouchement est une bouteille d'eau chaude et un drap de plastique. Après, beaucoup de serviettes, deux bouteilles pour arroser le périnée, un mélange d'herbes médicinales et une chandelle pour couper le cordon ombilical.
Question préparation mentale, physique et spirituelle, j'y suis arrivé doucement. J'ai pratiqué le laisser-aller. J'ai gardé une grande curiosité pour ce dont mon corps faisait et j'essayais de ne pas interférer d'une manière ou d'une autre. Je me suis abandonnée à la nature, au sauvage, au savoir millénaire et universel des femmes. J'ai fait confiance en mon corps pour faire ce qu'il doit faire, tout simplement.
J'ai pratiqué la relaxation de tout, incluant le mental. J'ai lu tout ce que je pouvais: des témoignages, des livres techniques, des livres spirituels, des statistiques, des faits, des livres pour me changer les idées. Je me suis renseignée des risques et j'ai pleinement accepté ceux-ci.
Chaque jour, je nourrissais mon corps de bonne nourriture, de patience, de compréhension, d'acceptation, d'encouragements. Je parlais de l'accouchement à mon conjoint de mes attentes et de mes espoirs. J'ai écouté mon instinct primal, celui qui se fait si silencieux. Même si j'étais lucide mentalement tout au long de mon accouchement, je ne pensais pas à mon corps, je le laissais faire ce qu'il voulait.
Q: Et ton conjoint, il était à l’aise de prendre le rôle de "sage-femme" pour une nuit?
Rachel: Mon conjoint dit qu'il ne mérite pas de "félicitations" (lorsque quelque les gens lui disent: « Félicitations, Dr Papa. »), qu'il a seulement fait du ménage et qu'il ne comprend pas pourquoi les gens en font un si grand événement.
La partie "laisser-aller" est la plus compliquée pour certaines personnes qui veulent trop aider ou qui paniquent et veulent que "leur femme ne souffre plus".
C'est assez fantastique d'avoir des hommes comme ça dans nos vies.
Q: Des recherches ont démontré que la femme qui accouche libère les mêmes hormones que lors d’une relation sexuelle. (3)  Vois-tu un lien entre la sexualité et l’accouchement?
Rachel: Absolument. Pour moi, l'accouchement et même l'allaitement font partie de la sexualité. Dans tous les cas, il y a un orgasme (on espère deux! mais, ce n'est pas toujours le cas), une grossesse, un accouchement et, espérons, l'allaitement pour au moins deux ans. Tout cela, c'est sexuel. On sécrète l'ocytocine en affection pour le partenaire, en orgasme, en accouchement et pour allaiter. En fait, je me suis "préparée" à l'accouchement en plusieurs séances avec mon vibrateur. L'orgasme est une série de spasmes de l'utérus et l'enfantement est la même chose, au plus intense du sens. J'ai essayé la masturbation durant mon accouchement, mais, malheureusement, ça n'a pas marché pour moi. Il y avait déjà tellement de sensations intenses que je ne pouvais me concentrer! La naissance orgasmique sera peut-être pour une prochaine fois!
Aussi, en accouchant, une femme doit se mettre dans les mêmes conditions que celles idéales pour avoir un orgasme : sentiment de sécurité, sentiment de ne pas être observée, confiante, "dans une bulle", utilisant le moins de vocabulaire possible, comblant son besoin d'intimité, etc.. Imagine essayer d'avoir un orgasme pendant que quelqu'un te palpe pour voir à combien de centimètres le col de l'utérus se trouve! L'allaitement, c'est pareil : la femme doit se sentir confortable, soutenue, dans un bon environnement... Ce sont tous des trucs essentiels pour le succès de l'orgasme, l'accouchement ou l'allaitement.
Q: Dans les sociétés anciennes, on attendait généralement que le placenta soit né et que le bébé respire bien avant de couper le cordon ombilical. (4) C’est une astuce que tu connaissais? Que tu as appliqué?
Rachel: Je n'avais pas beaucoup d'informations à  propos du placenta jusqu'à ce que je lise le livre Placenta Book de Robin Lim. Dans ce livre, il y a non seulement l'aspect historique, mais aussi spirituel et physiologique. Le rituel de brûler le cordon avec une chandelle vient de ce livre. Je n'avais jamais vraiment pensé profondément à ce que le placenta représentait pour moi. Mais en réalité, ça peut être vu comme le jumeau génétique du bébé, le porteur intelligent de tous les nutriments et un essentiel à la grossesse, dans tous les sens. Je voulais vraiment honorer cet aspect de la naissance qui, de nos jours, n'est presque pas mentionné.
Donc oui, j'ai lu ces faits seulement quelques jours avant la naissance de mon fils et je me suis assurée que bébé aille bien avant de sevrer le cordon dans le respect. Autres astuces de ce livre: Si le bébé a de la misère, n'est pas assez vigoureux à la naissance, la stimulation du placenta par massage et chaleur pourrait apporter une dernière vitalité du placenta à l'enfant. Aussi, en cas d'hémorragie, j'ai lu des témoignages de personnes qui mangeait un bout de placenta cru...
 Merci infiniment, Rachel, pour ce riche partage.
(1)    VADEBONCOEUR, Hélène, Un accouchement naturel ou une césarienne, édition Fides, Montréal, 2010
(2)    Mamanzine, Groupe Maman
(3)    ODENT, Michel, The function of the orgasm, Paris, 2010
(4)    GOLDSMITH, Judith, Childbirth Wisdom from the World’s Oldest Societies, East West Health Books, Brooklin, 1990

lundi 13 juillet 2015

Les déchirures périnéales à l'accouchement


La nuit tombée, les enfants endormis, un rendez-vous en catimini prenait place au bout d'un sentier à Saint-Anaclet, dans la yourte intime de Laetitia (propriétaire de Chemins de Traverse). Nous allions offrir nos vœux à une amie et à son bébé à naître. (Lien vers mon blessingway, célébré l'été dernier)

Confidence de blessingway
Témoignages, blessures, rêves, inquiétudes... ce qui ce dit demeure entre nous. Je ferai une exception pour cet article (avec la permission des personnes concernées), parce que toutes les femmes ont peur de déchirer en accouchant.

Déchirer en accouchant
"Quand j'étais à Tahiti, les gens faisaient de la plongé avec un couteau à la main pour attraper les poissons. Ils m'ont appris à vider doucement et complètement mes poumons pour aller m'assoir dans le fond de la mer et attendre les poissons. Ils disaient que certaines Tahitiennes accouchent en respirant ainsi, que les poumons se vident puis que le diaphragme poussent sur l'utérus, ce qui permet une poussée du bébé en douceur, sans déchirure. Ils se moquaient bien de Occidentales, de nos accouchements où l'on respire superficiellement, pousse avec nos abdominaux et déchire notre précieux périnée."


De l'anecdote à l'expérience
Cette amie a expérimenté l'approche "plongée sous-marine" lors de son accouchement. Elle a donc fait la sourde oreille lorsque sa praticienne lui a dit de pousser en accouchant. Le résultat: un bébé né après une longue phase de la poussée d'environ trois heures, tout en douceur, laissant le vagin s'étirer doucement et demeurer intact (poussée physiologique).

Et vous, vous le saviez que certaines femmes accouchent sans jamais pousser?

lundi 6 juillet 2015

Parle-moi des Inuits



Depuis que j’habite à Iqaluit (Nunavut) et écris ce blogue, les gens me posent beaucoup de questions à propos des Inuits.
J'aimerais leur répondre... Mais, peut-on vraiment dire « les Allemands sont comme ci » ou « les Américains comme cela »? La généralisation et les stéréotypes sont des pièges car chaque individu est infiniment unique.

Récemment, j’ai vu un reportage où Rock Demers, le producteur de la Guerre des Tuques, qui se décrit lui-même comme citoyen du monde, exprimait très bien ma pensée :

« ...je pense aux expériences de vie que j’ai eu en Allemagne, en Italie, en Irak, au Japon, au Pakistan, en Turquie, en Inde… et je me suis senti chez moi partout. Et ça m’a fait réaliser que ce qu’on appelle la culture, la langue, la religion, c’est épais comme une feuille de papier, tout le reste en dessous de ça, c’est l’être humain, qui est le même partout et c’est surtout vrai pour les enfants. »

Photo de ma collection personnelle (comme toutes celles de ce blog)
Merci de ne pas reproduire sans autorisation



(1) DEMERS, Rock. Supplément du Coffret DVD Les contes pour tous, Entrevue avec Denis Héroux, Canal Savoir.

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"Ma mère, c'est la plus forte", un livre pour déconstruire nos peurs face à l'accouchement

"Ma mère, c'est la plus forte", un livre pour déconstruire nos peurs face à l'accouchement
"C'est l'histoire de la naissance de ma petite soeur" Mat - fils de l'auteure

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