dimanche 11 janvier 2015

Une petite "écoeurantite" du froid



Depuis trois semaines, nous sortons très peu dehors:

Température réelle:      -34°, partiellement ensoleillé
Température ressenti:  -51°

Brrrrrrrr.

J'adore Iqaluit: la proximité avec la nature, la culture de son peuple, l'ouverture des gens aux enfants...
pourtant, tous les mois de janvier, elle revient...
cette petite "écoeurantite" passagère...
comme en 2012:

8 janvier 2012

Mon chéri est passé à la maison se faire un latté bien chaud. Il a laissé le moteur de son camion tourné. En entrant il a murmureé quelquechose comme "brrrr, celle-là est frette."

Le ciel est d’un bleu clair. On est sorti prendre notre dose de vitamine D, la vitamine-soleil. 10 h00 le matin, il fait clair, mais le soleil est trop bas, aucun rayon ne parviennent à notre peau. On s’est habillé chaudement, mais rien à faire, l’hiver égale vraisemblablement frustration pour les tout-petits : des mitaines qui l’empêche de ramasser un jouet, une embuche qui le fait tomber la face dans la neige, la neige trop molle qui le fait renfoncer jusqu’aux genoux, la botte qui reste coincée dans cette neige trop molle, la plaque de glace qui le fait glisser, le jouet qu’il tente de sortir de sa poche…  

Ça c’était hier. Aujourd’hui, -29 avec passage nuageux, n’essayez même pas de me convaincre, je reste encabané. Il jouera avec son train, ses camions, ses crayons, qu’importe, s’habiller pour aller sortir n’en vaut pas la peine.
Dans ma famille, l’hiver, ça toujours  été le ski de fond, la glissade et les grandes respirations d’air frais. J’ai toujours aimé l’hiver. C’est fini. JE NE SUIS PLUS CAPABLE. Trop de froid, trop de neige, trop de vent, f-i-n-i-i, FINI. Je n’aurais jamais cru vivre un tel froid, surtout une telle « écœurantite ». C’est inhumain.
Comment ils faisaient pour survivre, les Inuits, avant l’eau courante et l’électricité? Plus je me gèle le bout des doigts et plus j’ai de respect pour ce peuple qui d’après les trouvailles archéologiques seraient dans les environs d’Iqaluit depuis 4 000 ans. Je ne comprends pas, comment ils faisaient pour survivre à l’hiver, dans le temps? Ils prenaient leur bain dans un igloo ou ne se lavaient pas de l’hiver? Et pour aller aux toilettes en plein blizzard, il y avait une bécosse en forme d’igloo en annexe à l’igloo principal? Et pour s’essuyer les fesses? Bon je sais, on fait partis de la minorité de l’humanité qui a accès à du papier de toilette, mais ici, on n’est pas en pays tropical! Et pour s’éclairer dans l’hiver presque sans soleil? Et se chauffer dans ce pays sans arbres? En tout cas, moi je leur lève ma tuque.

12 janvier 2012


Mais, aujourd’hui, non, ce n’est pas un blizzard, seulement un vent bien déterminé qui décoiffe les voitures. Un vent de 52 km/heures qui refroidit la température ressentie de 20 degrés. -52°C

La noirceur, additionnée au froid permanant, joue un vilain tour au moral. Ça prend un sacré détermination pour survivre à cet hiver. Je sais je devrais sortir, prendre de l’air, voir des gens. Ouf, avec les enfants, sortir me semble une montagne inaccessible. Passe-partout est maintenant autorisé à jouer à profusion dans ma maison. Je pourrais profiter de ce temps à la maison pour me lancer dans la grande gastronomie, j’ai plutôt envie d’une bonne pizza graisseuse avec frites salées. Peut-être est-ce mon corps qui sent ce besoin gras afin de se garder au chaud? Pour déjeuner, hum, rien de tel que du chocolat.

Je comprends la dépression plusieurs personnes d’ici. Il faut sans cesse être créatif pour passer au travers de l’hiver. Hier, on a sorti le maquillage et on s’est lancé dans le body painting. Quel barbeau!

Alors là, j’ai mis la musique à tue-tête. Les petits et moi, on s’est laissé entraîner. C’est ce que j’avais besoin, donner un rythme à chaque partie de mon corps et simplement perdre le rythme. On a bougé, dansé, sauté. On a chanté, crié. On a sorti les chaudrons, jouer de la musique à casser les oreilles. On n’entendait plus le téléphone, on n’entendait plus nos idées. Comme c’était libérateur. On a fait un tapage.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

SUIVEZ CE BLOGUE... Environ 1 fois par semaine, j'écris sur le Nord, ma maternité...

"Ma mère, c'est la plus forte", un livre pour déconstruire nos peurs face à l'accouchement

"Ma mère, c'est la plus forte", un livre pour déconstruire nos peurs face à l'accouchement
"C'est l'histoire de la naissance de ma petite soeur" Mat - fils de l'auteure

Nombre de visiteurs