vendredi 6 février 2015

S'allonger pour nourrir bébé



C'est l'anniversaire de ma nièce. Les enfants courent à travers les invités et expriment leur joie de vivre, les adultes s'échangent les dernières nouvelles, le four laisse s'échapper un appétissant parfum, mon bébé vient d'ouvrir les yeux et démontre des signes de faim. Je m'allonge pour lui offrir le sein. 

- Tu te reposes? observe ma tante M.
- J'allaite.
- Tu te repose.
- J'allaite.
- Tu allaites en te reposant, insiste-t-elle.

NON. Je m'allonge car c'est la position la plus confortable que mon bébé et moi avons trouvé pour les boires.
Je m'allonge car, ainsi, bébé régurgite moins et est plus calme.
Je m'allonge car...
Ai-je vraiment besoin de me justifier!?

INCOMPRISE. De l'extérieur, j'ai l'air de passer ma journée entre le canapé et mon lit. Entre deux boires, j'hésite entre déposer bébé (qui va pleurer), me reposer (car j'en ai vraiment besoin), manger (car, ça aussi, j'en aurais besoin), prendre un peu de temps pour moi (en lisant mes courriels ou en m'offrant un café chaud), préparer le souper dont l'heure approche...

RIEN N'EST PLUS INEFFICACE QUE D'ALLAITER. Pendant que je passe la journée à me "reposer", j'envie mon conjoint qui jouit encore de (presque) toute sa liberté. Il me semble que rien de son quotidien n'a changé. J'aimerais préparer le repas, faire la vaisselle, le lavage... échanger de place pour 24 heures et dormir une nuit complète, juste une.

PASSER SA VIE À ALLAITER. Bien que nécessaire à démarrer une bonne production, allaiter à la demande, (et à l'éveil les premiers temps), c'est exigeant, parfois. Merveilleux, souvent. C'est s'oublier... lorsqu'on souhaite aller dormir et que bébé décide de faire un marathon de boires jusqu'à minuit. 

UN CHOIX LOGIQUE. Parce que, si mon corps est parvenu a concevoir un enfant, à le faire grandir durant neuf mois, à l'expulser dans toute la grandeur de la nature, il fallait qu'il sache aussi produire le précieux lait maternel pour nourrir mon enfant. J'aime croire que la nature est bien faite, même si certaines journées sont plus grises, parsemées de vents violents ou même d'ouragans, parfois. 

MA TANTE M. Elle a eu ses enfants à une époque où les garde-malades s'occupaient d'offrir le biberon dès les premiers heures de bébé. Elle se levait la nuit pour stériliser ses contenants et devait faire chauffer ses préparations lactés qui coûtait une fortune. J'ai eu tord de m'offusquer de l'observation ma tante M... moi, j'allaite par choix.
     

La maman de "Ma mère, c'est la plus forte" allaite confortablement allongée (p.23).


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