samedi 28 mars 2015

Les grandes marées

Une nouvelle glace vive apparaît sur la plage un soir de grande marée.

Je vis à Iqaluit, 
cet endroit décrit comme "un désert de glace et de roches" 
par les premiers Blancs y ayant habité, les missionnaires.
Il y a quelques jours, c'était la pleine lune, ici comme ailleurs.

La pleine lune.
Ici, on dit plutôt: "Les jours de grandes marées"
Parce que, même avec une épaisse couche de glace recouvrant la mer,
celle-ci ne demeure pas insensible à l'attraction de la lune.
Particulièrement à l'attraction de la pleine lune.

Sur la plage, s'entasse d'énormes blocs de glaces

Entre la toundra et la mer,
sur la plage,
s'entasse d'énormes blocs de glaces forgés par la marée.
Et lors des grandes marées,
ce qui semble être complètement glacé 
- surtout avec la température extrême des deux premiers mois de l'année -
craque,
bouge,
se fissure.
On entend l'eau ruisseler: la marée est ascendante. 

À coups de hache, la piste redevient nôtre.

La marée, la vilaine, brise nos pistes.
À certains endroits, de nouveaux monticules apparaissent.
À d'autres, des failles nous impressionnent.
À coups de hache, la piste redevient nôtre. 

Le ciel est dégagé.
La météorologie populaire dit qu'il ne neige jamais un soir de pleine lune.
Vive la pleine lune.


La météorologie populaire dit qu'il ne neige jamais un soir de pleine lune.

lundi 23 mars 2015

Douze fleurs et une césarienne



Je reviens d'Apex, le faubourg reculé d'Iqaluit, là où les aurores boréales échappent quand même un peu à la pollution lumineuse de la capitale nunavummiut. Dans un étroit atelier dissimulé dans une maison du quartier, une douzaine de femmes sont réunies pour une soirée d'artisanat. Le projet: une fleur coud à la main aux pétales en peau de phoque avec des perles en son coeur.

Des quoi parle toutes ces femmes assises l'aiguille à la main? De leurs enfants, de la garderie idéale dont elles rêvent pour poursuivre leur carrière, de leurs rendez-vous prénatals soldés en déception par un praticien médico-centré et aussi d'une césarienne qui a sauvé un bébé qu'on croyait mort-né.

Puis, avec une mince lame bien tranchante, elles taillent d’autres pétales. Je connais très bien ces fleurs auxquelles une barrette couds au dos sert de coquetterie. J'en achète régulièrement au pub lorsque des artisanes passent de table en table pour vendre leurs créations. Elles sont magnifiques et fabriquées dans une matière noble : un animal qui a permis la survie du peuple inuit durant des millénaires. Si la critique est parfois sévère relativement à la chasse aux phoques, il faut savoir qu'ici, cette activité traditionnelle permet à un peuple de retrouver son identité, que le phoque est loin d'être en voie d'extinction, mais surtout, qu'il est chassé avec respect et qu'aucune partie de l'animal n'est gaspillée. Alors, aussi bien recycler les retailles de peaux en accessoires à cheveux.

Mais cette césarienne n'a rien d'une cicatrice anodine qui guérit lentement à travers un abdomen et un utérus. 

« J'ai tellement eu peur, je suis tellement reconnaissante que mon bébé aille bien.» Voilà la phrase rationnelle que tant de femmes se répètent pour se convaincre que leur opération d'urgence, celle qui a failli faire basculer la Vie, n'est pas si grave. Ce discours, bien que vrai en apparence, c'est de la foutaise! Parce que lorsqu'on s'y attarde, la césarienne d'Émilie a laissé une autre cicatrice, beaucoup plus importante… qui saigne encore. Parce que lorsqu'une femme se retrouve clouée à un lit, dépossédée de son corps, perdue dans un tourbillon fou d'une intervention qui en engendre une autre, elle se sent plus vulnérable qu'un papillon à l’aille brisée. Ce soir, Émilie se sent en confiance : « C’est certain que si je veux un autre enfant, je devrai d’abord guérir de ce traumatisme. » La dignité, l'intimité, l'intégrité, c'est fragile, c'est précieux.

Une précieuse perle après l'autre, des doigts, parfois malhabiles par la nouveauté de l'exercice, enfilent ce qui sera le coeur de notre fleur artisanale.

En fait, chaque naissance, qu'importe l'issue de l'accouchement, touche le coeur, suscite des souvenirs, des sentiments et des images en boucles dans la tête d'une femme qui vient de vivre l'Intensité de la Vie. Derrière chaque césarienne, il y a un coeur brisé en mille miettes, un besoin de comprendre, de mettre des mots et la recherche d’un baume pour soigner sur ce traumatisme. Il y a un deuil, une situation à comprendre, un pardon à se faire, un pardon à faire la vie.

Les fleurs commenceront bientôt à pousser.
Aujourd'hui, 20 mars, nous sommes le printemps.
Le printemps d’une saison,
le printemps d’une étape,

le printemps d’une vie.

Photo de ma collection personnelle (comme toutes celles de ce blog)
Merci de respecter les droits d'auteur / copyrigth 


lundi 16 mars 2015

Un beau bec esquimau d'Iqaluit!



Un beau bec esquimau d'Iqaluit!

Il fait -20 et le printemps débutera dans quelques jours.
Vous ne pouvez imaginez l'émotion, -20 !!!!
Le soulagement, 
la joie de pouvoir jouer dehors,
la liberté de marcher jusqu'au dépanneur sans avoir le sang glacé.
Vive le printemps, 
vive le temps doux, 
vive les -20!!!!!


Voici un concours FB pour gagner un merveilleux grand prix (valeur de plus de 500$) dont un exemplaire de "Ma mère, c'est la plus forte".

https://www.facebook.com/daniellelalondeaccompagnante/photos/a.1407196962853372.1073741828.1403228083250260/1567197430186657/?type=1&theater


CHOUETTE !!! Ça fait toujours plaisir de lire des mamans blogueuses qui découvrent "Ma mère, c'est la plus forte" :)

Je vous invite à visiter le blog "Ma vie de Special Mother" :

https://maviedespecialmother.wordpress.com/2015/03/16/laccouchement-naturel-explique-aux-enfants-ma-mere-cest-la-plus-forte-livre-jeunesse/#respond

mercredi 11 mars 2015

L'accouchement de Cassiopée


Ce n’était plus seulement mon amie Cassiopée,
mais aussi une femme,
dans toute sa puissance, sa beauté, son instinct et sa confiance en elle-même.

(Image tirée de Ma mère, c'est la plus forte - une histoire sur la naissance)

Avec la permission de mon amie Cassiopée, voici le partage de son récit :

Mon amie Cassiopée a donné naissance en cette nuit étoilée de presque pleine lune. J’ai eu le privilège d’être invitée à cet événement comment intime et sacré.

Il était 22h30 quand j’ai discrètement ouvert la porte de sa demeure. Les rideaux clôts, la musique douce, la chaleur et la lumière du feu de foyer… la scène était d’une grandeur indescriptible. Cassiopée était à genoux dans sa piscine d’accouchement, la tête reposant sur la paroi gonflée, le corps dans l’angle idéal pour la descente de son bébé.

Du coup, ce n’était plus seulement mon amie Cassiopée, mais aussi une femme, dans toute sa puissance, sa beauté, son instinct et sa confiance en elle-même. C’était le moment présent. Une vague d’intensité, suivi d’une vague de bonté, prise une à une, en symbiose avec son bébé.

Elle n’était pas seule. Son amoureux à ses côtés veillait le feu, lui mouillait le front, lui donnait la main… lui offrait tendresse et amour, en confiance avec le processus prévu par la nature.
"Le lien entre faire l'amour et donner naissance est clair,
non seulement en terme de passion et d'amour,
mais aussi parce que nous avons besoin essentiellement
des même conditions pour ces deux expériences:
de l'intimité et un sentiment de sécurité."
- Dr. Sarah Buckley

Elle n’était pas seule. Ses enfants qui dormaient déjà depuis quelques heures ont senti l’Énergie et ont, chacun selon leur sensibilité, apporté du courage au duo maman-bébé.

Elle n’était pas seule. Il y avait l’invisible. La puissance et l’ambiance. Ce que les livres d’obstétriques omettent. Ce qui se respire jusqu’au fond du cœur. L’invisible. La force, la grandeur du moment, l’impalpable. Les mots insuffisants.

Puis il y a eu la naissance de cette minuscule tête, puis du bébé tout entier, puis les mains paternelles qui l’ont accueilli, puis les yeux de Cassiopée qui ont croisés ceux du bébé, puis les yeux de cette famille toute entière qui s’illuminaient, accueillant, cette nuit-là, la Vie dans toute sa force et sa dignité. 23h44.

Merci Cassiopée, à toi et ta famille, pour ta confiance.

Cynthia.


mardi 10 mars 2015

Pièges à farfadets

Dans une semaine, 
ça sera... le jour de la St-Patrick !!!


C'est le temps de lire des livres sur les trèfles et les légendes irlandaises.


De manger des légumes verts,
du smootie vert, des oeufs verts et des patates pillées vertes.

De s'habiller tout en vert.



De fabriquer des pièges à farfadets.




Car la légende dit... 
que si nous attrapons un farfadet le jour de la St-Patrick, 
il nous dira où son trésor est enterré.

(lire le livre de Natasha Wing ci-haut pour l'histoire complète)


Photo: Un labyrinthe de blocs pour déjouer les petits êtres irlandais.

dimanche 8 mars 2015

La journée de la femme: égalité et différence

Égalité et différence, voilà le thème de mon petit article publié sur le blog de Mamans zen.



LA JOURNÉE DE LA FEMME SOUS MON TOIT


Sur le plancher du salon, ma fille joue avec ses pouliches, son écurie rose et ses cavalières.

Elle explique à grand-maman:
– C’est un jeu juste pour les filles.
– Voyons donc, il n’y a pas de jeu juste pour les filles.
– Oui oui, c’est rose.
– Ce n’est pas grave ça, les gars aussi peuvent jouer avec.

C’est ainsi que, mine de rien, ma grande qui ne sait encore ni lire, ni écrire, reçut sa première leçon de féminisme.


ÉGALITÉ
J’ai grandi ainsi, avec une mère croyant à l’égalité filles-garçons. J’avais le droit de revendiquer de joindre les parties de soccer masculin sur la cour de récréation, de participer à la politique scolaire ou de grimper aux arbres comme eux. Je pouvais choisir le métier qui me plaisait et gagner ma vie. Tous comme mes amis gars, je prenais le métro et rentrais à minuit, tout en ayant conscience de veiller à ma sécurité.

DIFFÉRENCE
C’est enceinte de mon premier enfant que j’ai compris que je suis différente. D’un point de vue anatomique, biologique, physiologique, tout au moins. Ma mère s’était trompée… Nous sommes loin d’être égaux, hommes et femmes! Par exemple, bien que mon conjoint peut prendre soin de notre bébé, il ne sera jamais enceinte à ma place. À défaut d’être identiques, comment pouvons-nous être complémentaires?

ÉGALITÉ
J’aimerais que mes enfants grandissent égaux. Que les jeux dans la maison, comme les privilèges, appartiennent à tous, sans restrictions dues à leurs sexes. J’aime préparer le souper en observant discrètement ma fille jouer aux salons avec ses frères… et partager les pouliches et l’écurie rose.

DIFFÉRENCE
Et j’espère que le jour où ma fille se rendra compte que sa mère s’est trompée… elle saura qu’elle a autant de valeur qu’un garçon et que, contre et malgré tout, « c’est elle, la plus forte. »

Publié une première fois en mars 2015, à http://mamanszen.com/la-journee-de-la-femme-sous-mon-toit/

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"Ma mère, c'est la plus forte", un livre pour déconstruire nos peurs face à l'accouchement

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"C'est l'histoire de la naissance de ma petite soeur" Mat - fils de l'auteure

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