mardi 1 mars 2016

Je suis féministe


Ces jours-ci, on parle beaucoup de « féminisme » dans les médias. Je crois qu'on est souvent peu informé sur la question. C'est pourquoi j'avais envie de partager avec vous quelques extraits d'un de mes récents travaux d'université : souhaiter l'égalité homme femme en matière d'emploi, est-ce utopique? (par Cynthia Durand, 2015)


Il est assez commun d'entendre :
« Pourquoi les organisations féministes revendiquent-elles encore par rapport à l'égalité des femmes? Les femmes peuvent choisir le métier qu'elles veulent, il me semble que l'équité est faite! »

Or, il s’agit de consulter quelques statistiques pour se rendre compte
que l'égalité homme femme est loin d'être atteinte :

Les femmes
  • ont de moins bons salaires (0,84$ pour 1$ gagné par un homme),
  • sont surreprésenté dans les travaux atypiques (ex : horaire rotatif dans les emplois de services),
  • sont plus touchées par la précarité d'emploi,
  • occupe plus souvent des postes à temps partiel involontaire et
  • sont généralement le parent le plus impliqué dans les responsabilités familiales. 
    (Tremblay, 2009)

Souhaiter l'égalité homme femme en matière d'emploi est-il utopique? Voici quelques politiques exemplaires mises en place dans certains pays afin de favoriser une certaine équité.


La Finlande
« En Finlande, un parent a droit de travailler à temps partiel pour s'occuper d'un enfant jusqu'à l'âge
scolaire. » (Math et Meilland, 2004 : 19) Contrairement à ici où le travail à temps partiel est souvent
involontaire et que les employeurs sont peu accommodants, en Finlande, une loi a été votée que tout
employé peut faire une demande à son employeur et a le droit de se prévaloir de ce type d'arrangement pour prendre soin de ses enfants.

La Norvège
En Norvège, un système de compte-épargne temps permet aux parents de travailler à temps partiel pour un temps donné tout en ayant leur plein salaire grâce à des heures mises en banque. (Math et Meilland, 2004)

Le Danemark
Au Danemark, le congé parental de 12 mois peut être pris jusqu’à la neuvième année de l’enfant, peut
être fractionné et est accessible à tous parents (les salariés, les indépendants, les épouses qui assistent
leurs partenaires indépendants, les personnes au chômage et les bénéficiaires de l’assistance sociale.
(Meilland, 2001 : 4)

La Suède 
Le mot « flexibilité » est une caractéristique importante de leurs mesures familiales. Puisque chaque famille est unique, le congé parental offre plusieurs possibilités : « les 480 jours du congé, dont 60 réservés à chacun des parents, peuvent se répartir entre les parents jusqu'aux huit ans de l'enfant, par fraction pouvant aller jusqu'au 8e par jour. » (Math et Meilland, 2004 : 16) Ce concept de « fraction pouvant aller jusqu'au 8e par jour » signifie que le parent peut prendre jusqu'à 1 heure par jour de son congé, c'est-à-dire que le parent peut travailler à temps partiel de manière volontaire tout en ayant le supplément de salaire offert par un congé parental selon le nombre d'heures.

Une lutte féministe
Ce sont les femmes qui ont contribué à l'égalité des sexes partout sur la planète, depuis de nombreuses années. Ces revendications, comme l'écrit Lysane Grégoire dans une revue féministe qui revendique le libre-choix des femmes quant à leur accouchement,

c'est une « lutte semblable à celles de l'obtention du droit de vote ou du droit à l'avortement. Une démarche féministe qui fait face à des résistances non seulement du pouvoir patriarcal, mais qui doit aussi cheminer à travers l'indifférence de bon nombre de femmes qui ne voient tout simplement pas l'utilité de remettre en cause la médicalisation de l'accouchement… comme ces femmes dans les années 40 qui ne savaient qui faire d'un droit de vote. » (Grégoire, 2015)

Le conflit de l'égalité des sexes est donc une cause féministe et les mentalités doivent
changer pour qu'un changement réel s'opère. Si nous revenons à l'emploi, les femmes doivent
pouvoir choisir, même avec de jeunes enfants à leur charge, si elles veulent travailler ou prendre soin
de ceux-ci ou trouver un juste milieu avec un aménagement de temps de travail qui fonctionne avec son plan de carrière et de famille. L’évolution des mentalités passe encore par une reconnaissance de la nécessité d’égalité au plan national et par des politiques anti-discriminations pour les femmes.



Bibliographie

GRÉGOIRE, Lysane (2015), MAMANzine Volume 19, Numéro 1, octobre 2015. Éditorial de Lysane
Grégoire. Laval : Groupe MAMAN. p.3.

MATH A. et MEILLAND C. (2004) Un état des lieux des congés destinés aux parents dans vingt pays
européens. Revue de l'IRES No. 46. p.113-136.

MEILLAND Christèle (2001) Danemark – L'égalité hommes-femmes sur le marché du travail mise à
mal par les congés parentaux. Chroniques internationales de l'IRES no.71 – juillet 2001. p. 3-10.

TREMBLAY, Diane-Gabrielle (2009). Développement économique et emploi – les enjeux et les
politiques. Québec : Presses de l’Université du Québec.

TREMBLAY, Diane-Gabrielle (2009a). L’éclatement de l’emploi. Québec : Presses de l’Université du
Québec.

WIERINK Marie. (2001) Pays Bas - Temps de travail : le droit de choisir. Chroniques internationales
de l'IRES no.63 – mars 2000. p.13-29.

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