mercredi 23 mars 2016

Jour de blizzard à Iqaluit


Un blizzard est souvent précédé de quelques jours de temps doux.


Après la grande noirceur, le froid irréel de l'hiver arctique et la douceur de ses aurores boréales, la nature – sila – a décidé d'exprimer une autre de ses forces : un mélange de vents déchainés et de neige qui ne trouve repos sur nulle surface. C'est un blizzard – Piqsiqtuq .


La Ville a un rôle central lors de ces tempêtes, elle prend la responsabilité de « fermer ».
Fermer quoi? Tout.

Les bureaux, les services, les routes… et les autres organisations, les écoles, les garderies, le gouvernement (et dans une capitale, la portion de citoyens qui y travaillent est quand même impressionnante!) suivent et renvoient leurs employés chez eux.

Avec la mer et la non-présence d'arbre, le vent a le beau jeu à Iqaluit.
Lorsque la mairesse publie son « PSA -Public Service Announcement », sur Facebook, pour annoncer que la ville est fermée, conduire sur la voie publique devient « à vos propres risques » et même les taxis rentrent à leur base. Toutes les maisons qui dépendent de la livraison d'eau potable des camions-citernes municipaux passent au mode « économie ». On se nourrit avec le contenu actuel du frigo, car épiceries, dépanneurs et restaurants ferment également.Tous hibernent, le temps d'un blizzard, une journée ou deux, pas plus, chacun espère.

Lors de ces vents fous – par exemple, 110 à 140 km/h que j'ai noté dans mon journal, relevé sur le site d'Environnement Canada le 7 janvier 2014 – mêlés à de la poudrerie offrant une visibilité nulle sur toute la capitale nunavummiute, les pannes d'électricité sont fréquentes et les dommages aux infrastructures aussi. Les poubelles volent, les gens s'enferment, les voitures téméraires s'entassent dans les fossés. Une merveille continue de me fasciner : lorsque le blizzard commence, les énormes corbeaux, heureux, planent et s'amusent dans le vent.



Début du dernier blizzard : un corbeau en vol plané.

2 commentaires:

  1. J'adore ces billets où le temps de quelques minutes nous sommes transportés dans un ailleurs qui me fait rêver, grâce à tes mots, histoires, infos et images. Merci Cynthia pour cette ballade sur les ailes du corbeau. Un jour, j'espère, je viendrai contempler tout ça de mes propres yeux !

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