samedi 23 avril 2016

Je pense à vous



Mes chers amis et familles du Sud…

Depuis mercredi dernier, je suis quelque peu nostalgique. Je vous explique : j'avais une soirée entre amies, ici à Iqaluit. Avant de m'y rendre, j'ai contacté ma sœur jumelle dans le Sud, et ses amies étaient rassemblées chez elle, pour une soirée de filles similaires. Le problème, c'est que, ses amies, au fil du temps et des partages, sont devenues les miennes, aussi. Et j'ai eu le coeur gros de ne pas être avec vous, ce soir-là, dans le Bas-du-Fleuve, pour échanger, rire, pleurer, chanter, et rire encore.

Le problème, c'est que, le Nord, même si aucun arbre n'y pousse, s'enracine au fond de notre coeur. J'aime les gens avec qui je parle de couture et de chasse. J'aime la richesse du partage des cultures, les concours de construction d'igloo et de dépeçage de phoques. J'aime aller vendre les bouteilles vides en motoneige. J'aime vivre dans cette ville sans centre d'achat ni McDonald. Ni autoroute ni train. Ni stress ni presse.

Et dans cette capitale nordique où tout est à proximité, je suis tellement heureuse, car il va de soi que mes enfants et mon conjoint viennent dîner à la maison en semaine et qu'un deuxième véhicule serait superflu. Et on invite nos amis dans notre salon au lieu de sortir. Et on colle notre famille autour d'un bon film au lieu de sortir. Et on coud un manteau neuf au plus grand qui ne cesse de pousser au lieu de sortir. Et simplement, on devient ami avec le silence.

J'aime les enfants du voisin qui vide mon sac de pommes après l'école. J'aime les enfants au château de neige qui donne la main de ma fille lorsqu'elle tombe. J'aime les enfants qui sont au chaud dans l'amauti de leur maman et sourient. J'aime les enfants qui viennent me chercher pour que je danse avec eux au spectacle d'Élisapie Isaac. J'aime les enfants qui sont partout. Partout les bienvenus.

Et j'aime la neige d'avril. Celle qui entraîne une fermeture d'école toutes les semaines et la fermeture de la ville, aussi. Cette neige qui nous donne accès au territoire entier, aux lacs, à la mer, à la toundra, durant la longue saison de froid. Celle qui permet aux enfants de jouer à la guerre des tuques et de faire des buts de hockey dans la ruelle.

Malgré tout, même si j'adore ses aurores boréales et son froid rafraîchissant, quand vous me dites comme c'est doux, la verdure de Boucherville ou de Rimouski, mon coeur craque, car « chez moi », c'est encore mon Québec natal, et il me vient des moments où j'aimerais être près de vous et que j'aimerais entendre mes enfants rire dans les bras de leurs grands-parents près de la Métropole québécoise. Sachez que je pense à vous, amis et famille. Que j'y pense tout le temps. Même avec les 2000 km de vol d'oiseau qui nous séparent, je pense à vous. Pardonnez-moi de ne pas écrire plus souvent, d'être avare de mes belles photos, de ne pas passer plus de temps au Sud. Pardonnez-moi.

Il parait qu'on donne des racines et des ailles, à nos enfants. Et, ce sont des racines fortes, qui nous amènent à nous envoler, plus haut, plus loin.

On se voit bientôt. Je pense à vous.
Love.
Cynthia xx

2 commentaires:

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