mercredi 18 mai 2016

Mon fils aîné était présent à mon accouchement

Croquis ďAndréann Larouche pour le livre "Ma mère, c'est la plus forte".


Vos enfants dormaient-ils chez vous lorsque vous avez accouché?

Si cette idée peut paraître étrange, voire marginale, certaines cultures n'ont pas toujours eu ce tabou. « En effet, Mead (1928) a observé qu'aux îles Samoa, en Polynésie, les enfants avaient accès à la sexualité (…) par exemple, voir une naissance ». (Drapeau et Cloutier, 2008: 28)



Voir sa maman accoucher
Est-ce que, pour MA famille, un accouchement familial est une option?

Personnellement, avant d'être mère, je ne m'étais jamais vraiment positionnée sur la question. Je ne voyais pas le besoin d'avoir des enfants près de soi lorsqu'on crie notre vie, couchée sur le dos; ni d'opposition à celles qui s'y sentent à l'aise. Mais, accoucher, ce n'est pas « crier »! Encore moins s'aliter! Qui a dit que c'était ÇA, accoucher?! Pourquoi faudrait-il que maman « souffre » en accouchant?  C'est faux! Accoucher, c'est fort, INTENSE, grand et merveilleux, aussi. Il y a autant de façons d'accoucher que de femmes! Et comme faire l'amour, accoucher, ça peut être intime et merveilleux!



Mon fils aîné a été présent à mon accouchement
Enceinte de bébé numéro 2, ça m'est passé par la tête, une réflexion, une fois, que mon grand de 2 ans 1/2, s'il voyait le bébé sortir, comprendrait tout. Qu'accoucher calmement était à ma portée! J'avais l'impression que tout serait tellement plus simple si j'accouchais à domicile, avec mon enfant, parce que celui-ci n'avait jamais dormi ailleurs, dans cette nouvelle ville sans parenté à proximité et avec comme amitié des mamans déjà bien occupées par leurs propres enfants. Mais aussi, parce qu'on avait regardé « Orgasmic Birth » et que de voir des naissances dans l'eau, sur des ballons d'accouchement ou dans une cuisine, n'a rien de traumatisant – même si, en général, « comme tous des mammifères, la femme s'isole, se cache pour donner naissance. » (Odent, 1990)



Un livre pour expliquer et rassurer
La poupée accoucheuse que j'ai tricoté pour mes enfants.

J'ai illustré, très maladroitement, un petit livre pour expliquer tout cela à mon fils. Des mots simples, des exemples à sa portée et le principe de base de l'accouchement physiologique (Buckley, 2008) : « Ne dérange pas maman, il faut réduire l'adrénaline lors d'un accouchant. » – Heureusement, quelque temps plus tard, j'ai rencontré Andréann Larouche qui m'a proposé d'illustrer cet album jeunesse, mes croquis ont ainsi été rangés au placard afin de publier un "vrai" livre.


Prêt ou pas prêt?
Certaines familles, certains enfants, certains grands, sont prêts à vivre un accouchement familial, chaque famille est unique. Personnellement, j'ai ressenti que mon bambin avait tout compris lorsqu'on m'a prêté le film « Guerilla Midwife »: le film débute avec un éclairage tamisé, une femme dans son bain, des bougies, des fleurs qui flottent sur l'eau, la femme semble dormir, se reposer, se laisser bercer par son rêve... mon fils dit alors: « le bébé va naître. »


Et voilà, un bout de mon histoire…
La version finale du livre, publié de manière indépendante en 2014.

En cette semaine mondiale de l'accouchement respecté, je vous offre la version électronique de mon livre gratuitement, car j'aimerais que les enfants et les grands de partout sachent qu'accoucher, c'est important. Tant sur le plan physique, psychologique et émotionnel, ça nous marque, ça nous transforme, c'est fort, accoucher, et ça mérite le respect. Pour obtenir votre exemplaire électronique gratuit, inscrivez-vous mon blogue www.cynthiadurand.ca ou envoyez-moi un message cyn.durand@gmail.com.
Au plaisir!

Cynthia!



Cliquez ICI pour des idées familiales en attendant bébé.



Le saviez-vous? La plupart des accompagnantes à la naissance (doulas) offrent des services « d'accompagnement à la fratrie ». Elles sont spécialisées pour répondre à leurs questions, leur expliquer la naissance, les rassurer, être présentes pour les enfants lors de l'accouchement...

Références :



BUCLEY, Sarah J. 2008. Gentle Birth, Gentle Mothering, Celestial Arts.
DURAND, Cynthia. 2014. Ma mère, c'est la plus forte, indépendant cyn.durand@gmail.com, Iqaluit.
ODENT, Michel. 1990. Naître et renaître dans l'eau, Presse Pocket, Paris.
CLOUTIER, Richard et DRAPEAU Sylvie. 2008. Psychologie de l'adolescence, 3e édition, Gaëtan Morin Éditeur – Chenelière Éducation, Montréal.



DVD
Guerilla Midwife. 2004. un film de Déjà Bernhardt, Bali
Orgasmic Birth : The Best-Keep Secret. 2009. un film de Debra Pascali-Bonaro



mercredi 11 mai 2016

(Pré) léminaire

Cette photo est vraiment précieuse. Merci de respecter la Loi sur les droits d'auteur et de toujours citer la provenance d'une image ou d'un texte que vous partagez. 

Je suis retombée par hasard sur un grand moment de ma vie... il y a plus de quatre ans, déjà...

Une nouvelle vague. Une vague à laisser couler en moi, comme celle qui atteint doucement le rivage. Je fais de mon mieux pour rendre agréables toutes sensations physiques : je pense à l'eau.


Fin de la vague. Silence pur et simple. Seul l'éclat de la lune et quelques bougies illumine la pièce. Dans ma maison calme et vide, je me suis rendormie.


Une autre vague. Trop intense, celle-là. J’ai agrippé le lit, j’ai vocalisé une douce berceuse, je murmurais « sors bébé, sors. » J’ai compris à ce moment-là pourquoi on demande parfois des analgésiques pour soulager le travail, et j’ai pensé à mes deux amies qui ont récemment eu des bébés avec la confiance en leur force de femme plutôt qu’aux drogues. J’ai compris que cette intensité est dure à accepter, c’est pour ça qu’on veut la fuir. Mais, est-ce parce qu’on peut, qu’on doit? Cette intensité, c’est la vie qu’on tiendra dans nos bras dans quelques secondes. La vie, belle, forte et puissante. Ce que j'aurais aimé, à ce moment-là, c'est une personne à qui donner la main; mais j'étais seule. J’ai parlé à mon bébé. Il n’y avait que lui et moi pour faire ce travail.

Fin de la vague. Comme je me sens bien, belle, forte, puissante, je me rendors.

Vague. Respirer, m'ouvrir, respirer, m'ouvrir. Ce sont les seuls mots que j'avais en tête. Puis cette image de mon utérus, de ces millions de fibres musculaires qui se serrent de tous côtés. J'avais lu quelque part que cette phase d’intensité vient juste avant le grand moment, j'ai fermé les yeux.

Fin de la vague. J’ai mis mes doigts dans mon vagin, j’ai touché la tête de mon bébé, il était tout près, prêt à quitter son nid, exactement comme la nature l’avait prévue. Je lui répétais « sors bébé, sors. » Mon vagin s’ouvrait comme une fleur. Mon bébé était presque là, je suis retournée dans le bain.
Vague. J’ai poussé une première fois et senti un grand soulagement, le bébé était un peu plus bas. L’eau chaude était agréable. Plock, ma poche des eaux a cédé d’un coup dans le bain.
Fin de la vague.
Vague. Je me suis laissé aller complètement à ce moment, ce fut la douce sensation de détente complète lorsqu’il me fait l’amour, les hormones de l'orgasme, mon vagin qui est de la parfaite taille pour cette petite tête.
Fin de la vague.
Vague. Je n'avais qu'envie de pousser, de pousser plus fort. J'ai accoté mon pied sur le côté du bain pour avoir toute ma force, et doucement, la tête était là. Vague. Je me suis tournée à quatre pattes, et ce fut la poussée finale, une grande finale. J’ai serré mon bébé contre ma poitrine, il était tout rose, je l’ai massé vigoureusement pour entendre son premier cri.

« J’ai appris que les êtres humains sont des mammifères. Tous les mammifères se cachent, s’isolent pour mettre au monde leur progéniture. Ils ont besoin d’intimité. Il en est de même pour les êtres humains. Il faut constamment se référer à ce besoin d’intimité ». Michel Odent

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"Ma mère, c'est la plus forte", un livre pour déconstruire nos peurs face à l'accouchement

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"C'est l'histoire de la naissance de ma petite soeur" Mat - fils de l'auteure

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