mercredi 11 mai 2016

(Pré) léminaire

Cette photo est vraiment précieuse. Merci de respecter la Loi sur les droits d'auteur et de toujours citer la provenance d'une image ou d'un texte que vous partagez. 

Je suis retombée par hasard sur un grand moment de ma vie... il y a plus de quatre ans, déjà...

Une nouvelle vague. Une vague à laisser couler en moi, comme celle qui atteint doucement le rivage. Je fais de mon mieux pour rendre agréables toutes sensations physiques : je pense à l'eau.


Fin de la vague. Silence pur et simple. Seul l'éclat de la lune et quelques bougies illumine la pièce. Dans ma maison calme et vide, je me suis rendormie.


Une autre vague. Trop intense, celle-là. J’ai agrippé le lit, j’ai vocalisé une douce berceuse, je murmurais « sors bébé, sors. » J’ai compris à ce moment-là pourquoi on demande parfois des analgésiques pour soulager le travail, et j’ai pensé à mes deux amies qui ont récemment eu des bébés avec la confiance en leur force de femme plutôt qu’aux drogues. J’ai compris que cette intensité est dure à accepter, c’est pour ça qu’on veut la fuir. Mais, est-ce parce qu’on peut, qu’on doit? Cette intensité, c’est la vie qu’on tiendra dans nos bras dans quelques secondes. La vie, belle, forte et puissante. Ce que j'aurais aimé, à ce moment-là, c'est une personne à qui donner la main; mais j'étais seule. J’ai parlé à mon bébé. Il n’y avait que lui et moi pour faire ce travail.

Fin de la vague. Comme je me sens bien, belle, forte, puissante, je me rendors.

Vague. Respirer, m'ouvrir, respirer, m'ouvrir. Ce sont les seuls mots que j'avais en tête. Puis cette image de mon utérus, de ces millions de fibres musculaires qui se serrent de tous côtés. J'avais lu quelque part que cette phase d’intensité vient juste avant le grand moment, j'ai fermé les yeux.

Fin de la vague. J’ai mis mes doigts dans mon vagin, j’ai touché la tête de mon bébé, il était tout près, prêt à quitter son nid, exactement comme la nature l’avait prévue. Je lui répétais « sors bébé, sors. » Mon vagin s’ouvrait comme une fleur. Mon bébé était presque là, je suis retournée dans le bain.
Vague. J’ai poussé une première fois et senti un grand soulagement, le bébé était un peu plus bas. L’eau chaude était agréable. Plock, ma poche des eaux a cédé d’un coup dans le bain.
Fin de la vague.
Vague. Je me suis laissé aller complètement à ce moment, ce fut la douce sensation de détente complète lorsqu’il me fait l’amour, les hormones de l'orgasme, mon vagin qui est de la parfaite taille pour cette petite tête.
Fin de la vague.
Vague. Je n'avais qu'envie de pousser, de pousser plus fort. J'ai accoté mon pied sur le côté du bain pour avoir toute ma force, et doucement, la tête était là. Vague. Je me suis tournée à quatre pattes, et ce fut la poussée finale, une grande finale. J’ai serré mon bébé contre ma poitrine, il était tout rose, je l’ai massé vigoureusement pour entendre son premier cri.

« J’ai appris que les êtres humains sont des mammifères. Tous les mammifères se cachent, s’isolent pour mettre au monde leur progéniture. Ils ont besoin d’intimité. Il en est de même pour les êtres humains. Il faut constamment se référer à ce besoin d’intimité ». Michel Odent

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