mercredi 5 octobre 2016

Notre école de quartier s’appelle Nakasuk





J'écris lentement, mes doigts sont encore glacés, je reviens de ma marche santé, Petit-Choux dort lové dans mon amautik, j'ai surestimé la température, le ciel clair me laissait entrevoir un espoir de chaleur, les fossés glacés ont trahi le soleil qui regarde la Terre d'un œil trop oblique pour réchauffer les pôles. Été comme hiver, ici au Nunavut, mes mitaines sont essentielles à ma survie!
Pour satisfaire la curiosité d'une amie fascinée par le Nord canadien, je suis allée photographier l'école des enfants. Il s'agit de l'hexagone blanc au toit rouge, sur cette photo, juste à côté de la cathédrale anglicane en forme d'igloo.


Notre école de quartier s’appelle Nakasuk. Voici quelques faits à propos de celle-ci :

1. Tous les mois de septembre, afin de satisfaire (et saturer) les parents bien intentionnés qui meurent d’envie de s’impliquer (moi), ceux-ci sont invités à quatre événements : la marche Terri Fox, la lecture d’un livre dans la classe de son enfant, le « Squich in de gym » où toute l’école s’entasse dans le gymnase pour lire en même temps et la soirée « Rencontrez votre enseignant » où chaque classe ouvre ses portes aux familles.

2. Parmi les nombreux enseignants de l'école Nakasuk, il y a des personnes âgées. « Ce ne sont pas tous les enseignants qui sont des aînés, mais tous les aînés sont des enseignants », explique une affiche dans l'école. Les valeurs traditionnelles inuites reconnaissent l'importance de « l'école de la vie » et le savoir des gens du troisième âge. Moi, je trouve cela beau! (clin d'oeil à mes grands-parents exceptionnels)


3. Cette école n'a rien de particulier... sauf sur la porte d'une classe de deuxième année, on peut y lire en grosses lettres : « Désolé pour le bruit et le désordre, mais nous sommes en train d'apprendre »; et au lieu d'enfants assis à des pupitres, en rang d'oignons, ils prennent place autour de petites tables rondes; et toute l'école participe au programme d'une demi-heure d'activité physique quotidienne (car, les études - et les mamans! -  sont unanimes sur les bienfaits de faire bouger les enfants); et chaque soir, chaque élève amène un livre à la maison; et mes enfants y apprennent deux langues étrangères (anglais et inuktitut); et la maternelle est à temps partiel; et ils y découvrent la culture locale avec émerveillement; et...

L'école Nakasuk n'est pas parfaite. Mais mes enfants y sont bien. Quand on me demande combien de temps nous comptons y rester, je me dis que la Terre est trop immense... pour ne voir que ça!


3 commentaires:

  1. Merci de ce partage. J'aime beaucoup la pensée sur les aînés.

    RépondreEffacer
    Réponses
    1. Merci Tiphanya de suivre notre aventure dans le Grand Nord. Au plaisir!

      Effacer
  2. Merci Cynthia! La curieuse du Sud est satisfaite! Donc, ils vont à l'école anglophone ? Il n'y a pas de classes francophones?

    RépondreEffacer

SUIVEZ CE BLOGUE... Environ 1 fois par semaine, j'écris sur le Nord, ma maternité...

"Ma mère, c'est la plus forte", un livre pour déconstruire nos peurs face à l'accouchement

"Ma mère, c'est la plus forte", un livre pour déconstruire nos peurs face à l'accouchement
"C'est l'histoire de la naissance de ma petite soeur" Mat - fils de l'auteure

Nombre de visiteurs