lundi 28 novembre 2016

Danielle à Iqaluit

Une collaboration spéciale!
Texte de mon amie Danielle, citoyenne du monde...




Iqaluit Nunavut!

" Vivre en ce pays la nuit ".
C'est vivre au rythme de la lumière et du froid. -20 + le vent -30 en ce 27 nov.
Les jours moins froids nous donnent l'espérance que le long hiver a sa fin. Voir la carcasse du phoque sur la berge, veut dire que certains s'en sont nourris.
Le soleil frileux disparaît graduellement vers 14.00 heures .
Les gens saluent en levant les sourcils vers le haut en esquissant un sourire.
Les enfants portés dans l'amauti ont la vue à hauteur d'homme et s'y trouvent bien au chaud.
Les kamiks avec les beaux chaussons brodés attirent mes yeux constamment.

Ici, si tu veux vivre seul, tu peux mourir d'ennuis... Mais si tu tu veux vivre tu partages, ton caribou, ton saumon , ton phoque, tu vas vivre vieux.

Les sculptures parlent de la vie d'autrefois, dure et combative.
Aujourd'hui, que reste-t-il d'eux qui l'ont vécus?

Le cimetière au bout du chemin, du Finistère , regarde l'infini.
Ici aussi, les bébés ont parfois la vie courte.

Avoir des gens qui t'ouvrent leur coeur, t'accueillent
comme l'une des leurs, partagent tout ce qu'ils ont est un présent à la couleur des aurores qui dansent dans le ciel vers 18.00 heures.

NAKURMIK

Danielle Mercier




lundi 14 novembre 2016

Ces « Martin Luther King » de l'accouchement



Qu'ont en commun Martin Luther King, Gandhi et les accoucheuses traditionnelles qualifiées qui pratiquent au Canada?

Ils ont tous le même souci de l'égalité et de la dignité de tout être humain. Saviez-vous que, des accoucheuses traditionnelles qualifiées (1), partout au Canada, continuent d'exercer leur vocation malgré les menaces des Ordres Sages-femmes et Médecins, car, elles croient en la justice sociale. Voici trois exemples de situations similaires qui se sont révélés des exemples où l'histoire a donné raison aux droits de la personne : le libre choix d'un établissement d'enseignement, l'égalité et le respect des femmes dans les couples et l'accès à l'avortement légal et sécuritaire.

1. Le choix de scolariser nos enfants selon nos valeurs

Dans les années 1950, au Canada, ce sont des revendications qui ont mené à légaliser l'instruction privée et l'école à la maison, car chaque famille et chaque enfant sont uniques et la société a la responsabilité éthique de s'assurer que les valeurs individuelles sont respectées.
Pour quelles raisons les Canadiennes ont-elles recours aux accoucheuses traditionnelles qualifiées et choisissent-elles d'accoucher à domicile? Pour des valeurs et croyances profondes (ex. : les Mennonites, les autochtones, les croyances personnelles), à cause qu'elles n'ont pas accès à des services sages-femmes (dans les grands centres et en régions), pour une vision holistique de l'accouchement, etc. La légalisation de la pratique sage-femme (il y a environ vingt ans) est insuffisante pour répondre à la diversité des croyances des femmes et nous avons besoin de légaliser un véritable libre choix individuel en matière d'accouchement.

2. La criminalisation de la violence conjugale

Comme société, nous avons longtemps considéré que la violence conjugale n'était « pas une vraie forme de violence » et « pas de nos affaires ». Actuellement, lorsqu'une femme donne naissance et qu'elle relate être victime de violence obstétricale, nous avons la même rhétorique, considérant, qu'au nom du bébé, nous pouvons exiger la nudité de la femme et toute autre forme d'humiliation. Nous autorisons l’infantilisation de la patiente ou tout acte qu'un praticien juge bon sans nécessairement obtenir le consentement de celle-ci. Nous ne parlons pas du même type de violence, mais tous deux sont aussi pernicieux. Lors des accouchements, il faut arrêter de banaliser les interventions qui se font au détriment des femmes et faire place à un véritable choix d'accoucher avec qui l'on veut et où l'on veut. Il y a un danger lorsque l'on considère qu'il n'y a qu'une seule vérité et un seul mode d'appréhender le monde. Il est temps que les droits à l'égalité et à la dignité de la femme, tels que reconnus dans la cellule familiale, le soient dans toute chambre de naissance.

3. La légalisation de l'avortement

Il a fallu que le docteur Morgentaler se batte pour la dignité des femmes et le libre choix de celles-ci et qu'il fasse de la prison pour que le Canada légalise l'avortement. Tout comme celui-ci, au Canada, des accoucheuses traditionnelles qualifiées sont actuellement accusées injustement alors qu'elles agissent pour familles et les bébés, avec respect de leurs croyances profondes. (2)
D'un point de vue légal, la femme est un être humain et a tous les droits alors qu'un fœtus (être non né) n'en a encore aucun. Cela dit, les accoucheuses traditionnelles qualifiées ont le souci de la sécurité de l'accouchement tout en ayant une approche holistique et de l'empathie. Cela fait partie de la liberté individuelle de la femme, dans une démocratie, de choisir une accoucheuse qui répond à ses croyances.

La nécessité des accoucheuses traditionnelles qualifiées pour la démocratie

Tout comme Martin Luther King et Gandhi, les accoucheuses traditionnelles qualifiées agissent selon leurs consciences et de manière non-violente, pour permettre à chacun de vivre dans l'égalité et la dignité. Le respect des croyances de chacun est un important élément de notre Charte (article 3 : la liberté de conscience, la liberté de religion, la liberté d’opinion). Il faut reconnaître que « la désobéissance civile est conforme à la justice malgré son caractère illégal, elle a été bénéfique historiquement à l'évolution des mentalités et qu'elle est nécessaire en démocratie. » (Letiecq, 2014)


*****

(1) Le terme « accoucheuse traditionnelle qualifiée » (traditional birth attendant) est le terme proposé par l'ONU pour désigner les femmes expérimentées qui accompagnent les naissances et n'ont pas une formation reconnue ni de lien avec un ordre professionnel, par opposition aux sages-femmes.

(2) G. Lemay, 2002; D. Boutin, 2008; M. Jolar, 2012; et d'autres sont actuellement menacées.

LETIECQ, Louis. 2014. Les fondements de la désobéissance civile, mémoire sous la supervision de CHUNG Ryoa, Université de Montréal, https://papyrus.bib.umontreal.ca/xmlui/handle/1866/12026



dimanche 13 novembre 2016

Parhélie ou "trois soleils"

Parhélie ou "trois soleils"

J'ai pris cette photo de parhélie le samedi 12 novembre, vers l'heure du dîner. Une superbe parhélie ou "trois soleils", un phénomène optique rare, selon Canal D



12 novembre 2016. -19 C. Température ressentie -29.
Durée de notre randonnée de ski familiale: 9 minutes.


photo de CBC-Nunavut
La glace commence à prendre sur la mer et des phoques ont été observés à proximité de la ville (ils s'approchent rarement autant).

Je n'écris pas plus ce soir (ce n'est pas pour être cheap, mais La V'limeuse m'attend sur ma table de chevet). Voici plutôt un souvenir d'Iqaluit, il y a deux ans, précisément en ce même temps de l'année: une expédition en mer avec cueillette de palourdes et algues.


lundi 7 novembre 2016

Novembre sur la Terre de Baffin


En octobre, il a neigé d'une manière quasi quotidienne, enveloppant la toundra d'une délicate couverte blanche. Cet hiver (parce que la saison froide dure onze mois à Iqaluit), je me suis promis de passer plus de temps dehors, de prendre l'air, de bouger... parce que c'est excellent pour la santé, mais surtout, juste pour le plaisir, pour passer du bon temps avec ma famille, avec les amis, pour savourer la nature et l'air polaire, pour les paysages à couper le souffle de mon pays...
Anirajaqtit! Allons jouer dehors!

Sauf que... ça demande du courage d'habiller trois jeunes enfants en petits bonshommes Michelin, ça demande de la folie de sortir lorsque le thermomètre pointe sous la barre du zéro, ça demande du temps de préparer cette sortie, ça demande… En fait, faire du ski avec de jeunes enfants, c'est un peu utopique...

Je me suis trompée...
Aller faire du ski de fond avec trois enfants (dont un bébé), ce n'est pas demandant – enfin, seulement la première fois, dans sa tête cartésienne d'adulte – parce que, c'est plutôt comme une drogue, ça crée la dépendance. Iqaluit en ski, c'est prendre le temps d'observer autour de soi, de se trouver de nouveau parcours, de faire de nouvelles rencontres… et de célébrer notre petite sortie avec un chocolat chaud.

Victor Hugo avait raison : « L'utopie d'aujourd'hui, c'est la réalité de demain. »

*****


À peine deux minutes après avoir quitté la chaleur de notre maison, bébé ronflait déjà dans le confort de mon amauti


En ski de fond comme en motoneige, chacun connaît les raccourcis pour se faufiler sur le bord de la mer en croisant le moins de cailloux possible. Importante différence avec nos sorties en Bombardier : j'ai fait un pied de nez au poste d'essence!


Nikisuittuq : Type d'inukshuk qui pointe vers l'étoile Polaire, repère fondamental dans la toundra dénudée.

Point de départ pour la « Apex Trail » : Expédition d'environ une heure menant aux bâtiments de la Compagnie de la Baie d'Hudson, trace des premiers Qallunaat à Iqaluit.



 

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