mardi 10 janvier 2017

Réflexion sur les mères au foyer

 
En faisant mousser mon lait partiellement écrémé, ce matin, je suis heureuse, car le drapeau des voisins indique qu'aucune miette de vent ne vient perturber la journée. Enfin un brin de douceur! Et, à ce moment-là, Amoureux ouvre son téléphone « intelligent » et l'application météo scande « -37 ! »

La météo, et le maïs coincé entre mes dents: deux choses qui m'agacent terriblement. Mais ce qui m'agace davantage, ce sont les gens qui croient que, parce que je suis « mère au foyer », je suis multimillionnaire. Depuis huit ans, c'est le métier que j'ai choisi; comme certaines personnes font carrière en politique, aux Olympiques, en mission étrangère, en construction, dans une université, sur une chaîne de montage industrielle, dans un bureau, avec les malades ou comme artiste. Pourquoi faisons-nous carrière dans un domaine et non un autre? À cause de nos habiletés, de notre expérience, de nos valeurs, d'un concours de circonstances, d'une passion… et c'est la même chose pour les parents qui prennent cette voie, celle d'être « gestionnaire de leur maisonnée à temps plein »

Depuis huit ans que je côtoie d'autres parents à la maison, et je dois vous confirmer, hors de tout doute, que ce ne sont pas les multimillionnaires qui restent à la maison, mais vraiment des gens de toutes les classes sociales, des gens normaux, comme toi et moi. Voici un topo de mes observations :

  • La plupart de ces familles font des compromis et vivent de simplicité volontaire (par exemple, je ne conduis pas de minifourgonnette, possède beaucoup de vêtements usagés et préfère le plein air en famille aux vacances dispendieuses.). 

  • Souvent, le parent qui travaille a un horaire atypique, travaille plus de 80 heures par semaine et/ou est chef d'entreprise. La mère à la maison (sans vouloir faire de la discrimination, c'est majoritairement des femmes qui choisissent les métiers humains) fait beaucoup plus que prendre soin des enfants. Dans le monde féministe, on parle « du rôle invisible de la femme d’entrepreneur ». 

  • Également, tenir compte du salaire d'un ménage, ce n'est pas seulement tenir compte du revenu annuel, mais aussi des économies faites grâce à un mode de vie plus modeste (pas de femme de ménage, pas de garde scolaire, pas de garderie, peu de restaurant, un seul véhicule, etc.)

  • Beaucoup de ces femmes qui prennent soin de leur progéniture à temps plein jouent un rôle clé dans leur communauté: elles sont bénévoles dans les sports, les loisirs, sur les conseils d'administration… ou informellement, elles accueillent et encadrent les enfants des voisins après l'école, leur offrent une pomme et une oreille

  • Beaucoup de ces femmes étudient ou se bâtissent une expérience dans un domaine qui leur permet de travailler à partir de la maison, entre deux brassées de lavage et la sieste des petits. (Par exemple, dans la conception de Ma mère, c'est la plus forte – une histoiresur la naissance, c'est plusieurs mères à la maison qui ont collaboré. Quatre mamans, quatre talents: écriture, illustration, révision, marketing...)

  • Être à la maison n'est pas nécessairement un choix facile, mais c'est un CHOIX qu'on fait avec notre coeur et notre tête, pour mille-et-une raisons, selon notre propre réalité et nos priorités.

  • Comme dans tous les métiers, même si elles adorent leur travail et l'ont choisi en toute connaissance de cause, il y a des jours où les mères à la maison laisseraient volontiers leur place, des jours où elles se sentent dépassées, où elles trouvent certaines tâches redondantes ou préféreraient être absoutes de certaines corvées. Et même si, aux yeux du commun des mortels, elle est « chanceuse » d'avoir eu un temps libre ce matin pour écrire un petit billet sur son blogue personnel, elle aurait peut-être préféré ne pas avoir été disponible 24h/24, 7jours/7 au cours des dernières semaines, boire un café chaud sans se faire interrompe ou bien aller danser avec ses amis samedi dernier au lieu de veiller sur son phare pendant que son équipier suait à l'ouvrage.

Merci de me lire!
Prenez note que ce texte n'est pas une complainte, mais un hymne à ceux qui suivent leur voie, même s'ils doutent, même si ce chemin est différent du mien.
Je vous souhaite de faire vos propres CHOIX, ceux qui vous rendre heureux et fier d'être qui vous êtes!

Cynthia !

mardi 3 janvier 2017

Confidences d'aventuriers

En cette nouvelle année,
mes meilleurs vœux à vous tous,
amis, famille et lecteurs!!!
Voici 3 réflexions extraites de mes lectures des fêtes et de mon propre journal.
Cynthia xx


En traversant le désert du Gobi (Mongolie), Sarah Marquis raconte :

« La magie du désert n'est pas vraiment propre au désert, mais à l'espace qu'il contient. Ici, il n'y a rien, aucune protection possible, pas de dunes non plus, juste rien. Aucune des choses qui se trouvaient dans ma vie d'avant ne pourrait m'être utile ici. La sensation d'être seule au milieu de ce vide est surprenante au début. Puis après de longues journées, de long mois de marche sans attente d'aucune sorte, les choses se transforment d'elles-mêmes. Je m'adapte en permanence à mon environnement qui devient familier l'espace d'un instant. Est-ce pour cette raison que je me trouve ici précisément? » (1)


Dans un chalet au cœur de la toundra nunavummiut, Cynthia Durand écrit :

« Loin du Wi-Fi et de tout écran, je n'ai pas aussi bien dormi depuis des lunes. Le seul projet, la seule tâche, est celle de l'instant présent, combler nos besoins de base. Dehors, la nature est immense et folle; une seule pièce, un seul toit, suffit à notre bien-être. Les enfants participent aux corvées : ils fendent du bois, alimentent le feu, coupent les légumes... Ils développent leur complicité fraternelle et rafinent leurs stratégies essentielles pour nos batailles d'oreillers. Merci la Vie. » (2)


En escale en Polynésie française, Carl Mailhot réfléchit :
« Le tour du monde, ça ne veut rien dire. C'est tout au plus une figure de style pour dire qu'on part de chez soi, qu'on avance toujours, et qu'ainsi on finit par revenir au point de départ. Cela ne veut surtout pas dire qu'on aura tout vu, loin de là, ni que notre connaissance des gens et des pays sera grandement enrichie.
Il faut regarder le chemin parcouru, au sens personnel du terme, plutôt qu'en somme d'escales effectuées.
(…)
J'arrive mal à évaluer où se situe ma tranquillité d'esprit. D'un côté, je pense que nos sociétés modernes auraient intérêt à retrouver ces insulaires, les plaisirs élémentaires de l’existence. De l'autre, je regarde cette population et j'ai l'impression qu'il lui manque ce quelque chose que nous procure le froid. Ce qu'on ressent quand on a le corps gelé comme une barre et qu'on vient s'assoir près du feu en laissant la poudrerie se déchaîner dehors. » (3)


(1) MARQUIS, Sarah. 2014. Sauvage par nature – De Sibérie en Australie, 3 ans de marche extrême en solitaire, Édition Michel Lafon, Suisse, p.120
(2) DURAND, Cynthia. 2016. Journal personnel, Iqaluit, Nunavut.
(3) MAILHOT, Carl et MANNY, Dominique. 1995. La V'limeuse autour du monde – six ans de navigation en famille, p.220

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