vendredi 3 mars 2017

Une missive d'Iqaluit, Nunavut

Chère Kunngat,

Comment vas-tu? Voici quelques nouvelles d'Iqaluit et la suite de notrecorrespondance d'avril dernier.

Il a fait moins cinquante toute semaine. Bon j'exagère encore : on a eu moins quarante-sept degrés Celsius, puis moins quarante-neuf. L'école, elle peut fermer à partir de moins cinquante. Sauf que le mot « peut » inscrit dans cette politique de la commission scolaire, combiné au choix aléatoire de la source météorologique, fait que l'école a été ouverte toute la semaine.

J'aimerais être cette bonne mère, celle qui valorise inconditionnellement l'école, ses professeurs, ses politiques. Mais, ce matin, quand j'ai fait deux pas pour mettre mon sac de vidanges dans ma boîte verte adjacente à nos marches extérieures, que le froid m'a transpercé les entrailles, je me suis dit que c'était inhumain d'exiger aux enfants de se rendre au coin de la rue, devant la bâtisse bleu terne abandonnée du Housing Corporation, exposé aux vents dominants, pour un autobus jaune qui n'est jamais à l'heure, mais qui n'attend jamais. C'est ridicule, voire dangereux, de sortir à cette température-là, quand tu as une petite peau délicate d'enfant.

Alors, mes enfants, ils se sont bâti un château fort dans le salon et puisque la ville a décidé que ce froid extrême compromettait la sécurité de ses employés – contrairement à la commission scolaire qui a ouvert ses écoles – donc, que les camions-citernes demeureraient au garage municipal aujourd'hui, il a fallu utiliser avec parcimonie notre consommation d'eau... Youpi, congé de popote et de lavage!

Malgré la (bonne) fatigue, cumulée avec Les Monologues du Vagin, j'avais promis aux enfants un spectacle pour enfants (sans histoires de vagins), après ma pièce. Alors, demain, pour l'ouverture des Rendez-Vous de la Francophonie, je serai au francocentre avec mon costume de Pommette la Clownette et, crois-le ou non, je tenterai de me délier les mains menottées, les yeux fermés et dix secondes. Puis, je ferai disparaître une balle imaginaire, et elle réapparaîtra, je ne sais pas, peut-être chez toi à Boucherville, ou même à Stoke, pour la petite Emma. Ou peut-être bien que la balle imaginaire réapparaîtra à Ste-Lucie-des-Laurentides, lors du lancement des Mémoires de mon grand-père abitibien en juin prochain. Qui sait?

Allez! Je t'embrasse!
Profite de chaque minute, parce qu'elles passent tellement vite. On se voit bientôt, presque!

Cynthia xx





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